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J'aime pas les armes...

C'est quelque chose que je ne supporte pas. J'ai grandi avec cette certitude : les armes, c'est beurk. Je n'ai jamais eu de pistolet, ni pistolet à eau dans mon enfance... bon, ça ne m'attirait pas. Je n'ai donc pas souffert de ce manque.
Mon homme a fait des pieds et des mains à l'armée, pour être quitte d'avoir une arme de service, bien qu'il soit un excellent tireur. Il a dû convaincre ses supérieurs, qui analysaient le pourquoi de ce choix, qu'il ne regretterait pas de ne pas avoir d'arme, si un jour il devait défendre sa femme contre un vrai méchant (genre méchant dans les films). Quelque part je ne l'ai pas vraiment avalé, le fait que ça ne lui fasse "rien" de ne pouvoir me sauver (mon côté "conte de fée" est ressorti : beau prince valeureux qui délivre sa princesse tant aimée et si parfaite d'une mort certaine), mais mon homme a eu sa dispense d'arme, il les a convaincus. 
Nos enfants sont nés. L'un après l'autre. Ben oui. Normal quoi.
La première ? Jamais, elle n'a réclamé ne serait-ce qu'un menu pistolet à eau. 
Le deuxième ? Euhhh, oui, il en a eu, à eau... je n'étais pas fort à l'aise au début vu que j'avais été éduquée d'une certaine façon, mais voilà... j'ai bien vu qu'il n'y avait pas mort d'homme, quand il s'amusait gaiement avec ses amis du quartier à se gicler par temps chaud. 
La troisième, bof... oui, pourquoi pas mouiller quelqu'un avec ? Mais se faire gicler ? Horreur. Donc, elle évite ce genre de guéguerre sympathique. Si une guéguerre peut être sympathique. Bon. 

Franchement, en tant que mère, c'est le bonheur...
 de voir nos enfants adhérer à nos choix. J'ai réussi ! Le top !

MAIS... le p'tit troisième est né, qui est en fait le 4e, mais comme chez nous c'est compliqué vu l'arrivée de notre 4e qui est en faite la 3e... bon, vous n'y comprenez rien ? Tant pis, ce sera pour une prochaine fois. Enfin, bref. Il est né, il a grandit et TRÈS vite, il a réclamé à haute et intellllllligible voix... des armes de tous genres, noirs, grands, presque vrais. Les pistolets à eau ne suffisaient plus. Ma réponse ? NON. Et j'ai répété cela de nombreuses fois. Lutte, guéguerre aussi. D'une autre façon.
Je vois encore mon p'tit bout d'homme de 3 ans, en visite chez un copain, tout sourire, rayonnant, armé jusqu'au dent de... kalachnikof, pistolets, couteaux etc. En plastique. On ne le voyait presque plus là d'sous. 
Cela m'a fait réfléchir. Du coup, quelques temps plus tard, j'ai permis à mon fiston de s'acheter, à la foire, un pistolet. Noir. Un vrai faux. Et, croyez-moi ou non, sa folie s'est calmée. Le fait d'en avoir un, a petit à petit désintéressé mon gars. S'il jouait, papa-maman lui interdisaient de viser quelqu'un avec. C'était la condition. Et un pistolet, c'est fait pour viser non ? Pour faire semblant de faire le policier ? Ou de faire le méchant qui tue ? Beurk, j'aime pas ça du tout. Du coup, il était frustré mon p'tit.
Mes enfants ont grandi, les pistolets ont vieilli (les, parce qu'il y en a eu d'autres). Petit à petit, Ohhh, joie incommensurable !!,  j'ai pu les jeter à la poubelle. En toute discrétion. Génial. C'est gagné. Top. Je peux ajouter à ma liste de choses à apprendre à ma descendance avant 20 ans après la propreté, le repassage, merci, bonjour, etc... un p'tit vu à "savoir que les armes c'est moche". Chouette.
Une image du film ;-)
De temps en temps, ça leur reprend.
Dernièrement, munis de "nerfes" (ne me demandez ni comment ça s'écrit, ni d'où vient ce nom d'outre-tombe bizarroïde),  ils ont tournés un film d'amour à la James Bond mais sans la belle (oh quelle honte ça aurait été pour des gars comme les miens et personne n'aurait voulu être James dans ce cas-là !). Avec leurs cousins du coin, avec montage à l'ordi comprenant divers bruits de fond comme musique, bruits de mitraillettes, et tout et tout. Même mon p'tit gars est passé de vie à trépas dans ce mini-métrage que je regardais cachée derrière mon coussin. Pensez donc, c'y sont mes enfants les acteurs... qui meurent.
Tout ça pour en venir à ce qui nous est arrivé dernièrement. Ce qu'on a vécu il y a quelques semaines mon homme et moi. On nous l'aurait dit, on ne l'aurait pas cru. Un truc qui va contre toutes nos convictions. Qui en choquera certains. Je sais. Qui vient d'une envie à moi. En plus. J'aime bien les trucs un peu fou fou. Et nos deux aînés l'avaient vécus et étaient enchantés. Un truc qui nous a mis super mal à l'aise mon homme et moi. Au début. Avant de commencer. Quand on se préparait. Avec ce qu'il faut. Gilet aux  p'tites lumières, et... uhm. Sous le regard d'un Stormtroopers (star wars) de 2 mètres, je rigolais jaune. Mon mari était blanc. Quand on va contre nos certitudes, cela fait assez bizarre. Mais pas à la fin. Ni pendant, quand on visait jouait avec les êtres les plus chers à nos yeux. Un moment qui a été plein de rires, de sueurs, quelques minutes qui ont été positives de vivre en famille, un truc de "ouf", de quoi on reparle en s'marrant.
Gustave de mon surnom pendant 20 minutes. Visée 73 fois par mes 3 gars, il n'y a même pas eu mort de femme. Ouf.
Oui, on est allé faire un Laser Game. Oui. Nous. Et ça fait longtemps qu'on avait pas autant rigolé ensemble.
Comme quoi, les enfants, ça peut bousculer nos idées préconçues. Fortement.
Grande perdante, j'ai appris une chose certaine sur moi-même : même armée, je ne risque pas de survivre longtemps à une vraie guerre. A moins que mes gars me défendent.
Et je répète avec conviction mon titre du début : je n'aime PAS les armes. Et ça c'est sûr. 

Commentaires

Evalor a dit…
Bravo! Bel écrit comme d'habitude!

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