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Je suis la méchante.

Voilà une période particulière où je suis la méchante de service. 

Mes deux petiots sont électriques. Ils vont finir leur école obligatoire dans une semaine et je pense que quelque part il y a des sentiments de toutes sortes qui s'entremêlent en eux. Joie, peur, tristesse, excitation, impression que la liberté approche (!)...
Je suis électrique. Moi aussi. C'est la fin de l'année scolaire et comme d'hab ce n'est pas une période monotone, changements de programme de toutes sortes qui entraînent des choses à penser, des trucs à préparer, à ne pas oublier, à vite finir avant la pause estivale. Enfin voilà. 
Donc l'ambiance est électrique.  Dans notre si sweet home,  ça tonne, ça grêle, la foudre peut même tomber. Puis ça s'enflamme. Ça fait du bruit. 

Oui, je suis la méchante quand :
  • je veux m'assurer qu'ils ont pensé à tout pour partir à leur camp en montagne et que je le leur demande quand ils sont en plein lézardage... (difficile de trouver un autre moment, à vrai dire)
  • j'aimerais savoir ce qu'ils regardent comme série et au lieu de la réponse espérée c'est : Mais pourquoi tu veux toujours tout savoir roooooonnnnn !! Et ça part en vrille, ou en foudre dirais-je.
  • j'essaie de limiter le temps passé à jouer à l'ordinateur 
  • j'exprime mon désaccord concernant le jeu de +18 ans avec lequel il joue
  • je demande s'il peut faire le gazon, rôle de Fiston 2e pour arrondir ses fins de mois
  • je propose, vu son temps à disposition, de repasser, vu que le linge s'amasse, rôle de Manana 2e, ce qui l'aide à arrondir ses fins de mois 
  • je dis que ce serait peut-être bien de passer sous la douche une fois, à l'occasion... mmmmhhhh ?
  • papa-maman leur interdit une sortie qui ne nous semble pas très sage...
  • je leur demande expressément d'arrêter de mettre du linge mouillé dans le panier à linge sale, qui commence à sentir le moisi après quelques jours...
  • je m'énerve que la corbeille à linge propre est depuis plus de 12h au milieu de la première marche des escaliers (ils doivent donc l'enjamber pour monter dans leurs chambres) pour que mes gars en range le contenu soigneusement dans leur armoire...
Ça ne peut être plus clair, non, que c'est du linge à monter ?!?!

Bref. Je suis la méchante. L'arriérée de service. Celle qui ne comprend rien. 

Comme une petite vieille qui ne sait plus ce qu'elle dit, je me répète sans arrêt, je suis proche de yoyoter*. A force de réaliser que rien ne bouge, j'ai à chaque fois l'impression que : soit ils n'ont pas entendus, soit je ne leur ai probablement rien demandé, malgré ma mémoire qui m'assure du contraire. 
Mais chaque fois que je leur demande à nouveau quelque chose ils me répondent 
- Roooooon mais j'avais compriiiiiiiiis, j'vais le faire rooooonnnn ! Ça sert à rien de le répéter, rooonnnn !!!!

Quand cela va-t-il être fait ? Mmmmmmhhhh, that's the question, vu que RIEN ne bouge. Rien de rien.
J'ai l'impression de pédaler dans la gadoue. Que tout mes efforts sont vains. Je m'épuise. Marre.
Oui, l'ambiance est électrique. 

A force, je deviens réellement méchante. 
Je les découvre avec surprise étalés de tout leur long, telle une flaque, amorphes, le regard vide, sur leur lit ou devant l'ordi, et ne pas avoir le peu d'aide que je demande... 
Je sors de mes gonds. M'énerve...je crie !!
Mince, vite fermer les fenêtres, sinon les voisins vont appeler la SPA,  euuuuhhhh non, la protection de l'enfance, et on va m'enlever mes Zados (j'veux quand même pas ça, même si ça règlerait quelques problèmes).

Ou mieux, si j'ai encore quelques petites réserves de patience et un éclair de lucidité  : je me répète comme un mantra :
- Tu te retiens, maintenant tu la boucles, tu lâches-prise, laisse-les se débrouiller, laiiiiiiisssssse... zeeennn.... arrête de te démener, il n'y a pas mort d'homme, ça va aller, ça va aller... 

Mes Zados sont fâchés contre moi. Je les énervvve. J'ai même tenté une petite exepilication
- Je vous aime tellement que je préfère faire le max pour votre bien et que vous ne me supportiez plus un moment, un jour, des mois, plutôt que tout vous permettre et m'en ficher de votre vie. 

Dur parfois d'être maman d'ados. Passionnant mais dur. J'apprends la patience. Mais l'apprentissage est long et ardu. 

Mais fière. Fière d'eux. Je les Zaimes tellement. 
- Ne me les enlevez pas. Please !

Et les quelques jours de camp vont nous faire à tous les trois une pause bienvenue.
Ils me manquent presque déjà. J'ai bien dit presque. Donc pas encore. 
Haha. 



*Yoyoter est un verbe qui désigne le fait de perdre un peu la tête, de tenir des propos irrationnels. 

Le p'tit mot spi 
Oui, bien souvent je me démène. Beaucoup trop. Et ça ne sert à rien. A RIEN DU TOUT. Mais quand j'en suis en plein dedans, parfois je ne le réalise même plus. A part faire une ambiance électrique, cela ne sert à rien. Bien au contraire. J'essaie de me faire obéir, j'essaie de les faire bouger. Mais mes réactions et mon trop-plein de recommandations diverses font l'effet contraire.
Dans ces cas-là, je dois tout laisser tomber. Un moment. 
Prendre du temps pour moi. Prendre du recul. Réfléchir à ce qui est essentiel pour nous, parents. 
Tant pis pour la corbeille pas montée. Pas grave. Tant pis si le gazon doit attendre 1-2 jours de plus. Pas grave. Tant pis si le repassage ne se fait pas dans l'heure. On a encore 2-3 trucs à se mettre jusque là. Tant pis si encore une fois il y a des choses mouillées dans le linge sale. Je n'ai qu'à me boucher le nez.
Mais les choses importantes, les mauvaises influences, ce qui pollue leur esprit. Non. Je refuse et là, c'est important pour nous. Mais ils deviennent grands,  responsables de leurs choix, surtout ceux faits en cachette, ils savent ce qu'on en pense.
Plus ils grandissent, moins nous pouvons choisir à leur place. Plus je dois lâcher. 
Il nous reste la plus grande, la plus importante chose à faire : prier pour chacun d'eux. Prier encore et toujours. Qu'ils puissent faire le choix de vivre pour Dieu, qu'ils puissent fuir le mal, aimer le bien, autant dans leurs actes que dans leurs pensées. 
Puis, bien souvent, je dois aller leur demander pardon, pour mon manque de patience, mes cris, mes mots inutiles. Même si eux ont aussi des tords, c'est à nous parents de faire le premier pas, de montrer l'exemple. C'est notre job. 
Voici ce que je demande à Dieu dans ma prière pour eux, pour moi : 
Que votre amour grandisse de plus en plus, qu’il soit enrichi de vraie connaissance et de compréhension parfaite, pour que vous soyez capables de discerner ce qui est bien. Ainsi, vous serez purs et irréprochables au jour de la venue du Christ. Vous serez riches des actions justes produites en vous par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu. Philippiens 1 : 9-11

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