La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


dimanche 26 décembre 2010

Premières impressions

L'homme au sac de hockey, c'est le mien ;)
Après 4 jours d'Afrique, je pose cette question à ma descendance :
Est-ce que vous reviendrez une fois au Tchad ?
Nathan : ben, j'sais pas, peut-être, ou bien un autre pays d'Afrique…
Simon : ah, oui, sûr !
Ema : ouiii !
Salomé : NON !
Voilà voilà… il ne me reste plus qu'à développer tout ça… mais nous
vivons tellement de choses en très peu de temps, que ça sera bien
difficile de vous expliquer le pourquoi du comment… je vais tenter,
tout d'même !!
Salomé, c'est clair, n'a pas envie de revenir… elle n'avait pas envie de venir non plus. Le manque de confort, la poussière qui colle à la transpiration, les douches froides, la nourriture, toutes les mains que l'on doit serrer et qui n'ont pas une propreté helvétique (elle en utilise du désinfectant !), les odeurs pas formidables de toutes
sortes… Et les Mc Drive qui manquent sur les routes. Sans parler des petites bêtes : en arrivant de l'aéroport à 2h du matin, la première chose qu'elle s'est tout d'abord assurée, c'est qu'il n'y ait aucune araignée… et ce qui n'arrive JAMAIS arriva : une araignée de 1,5 cm de diamètre est tombée des cheveux de Simon… elle a fait une crise de nerf… (avec tout ce qu'elle imaginait de l'Afrique plus les deux nuits précédentes sans dormir, ça n'a pas aidé !)… L'araignée, on l'a tuée, mais dormir sans moustiquaire n'a pas rassuré ma fille. C'est la plus grande araignée qu'on a vu… Par contre, elle fond devant les canetons,ânons, chiens, poussins, chevreaux (pas ceux qui sont dans les assiettes !) et tous les animaux qu'on peut apercevoir en brousse.
Notre fille va au-delà de ses possibilités, elle est admirable, vraiment. D'être ici lui demande énormément ! Après visite de l'hôpital de la mission dans un village (un hôpital reconnu dans ce pays) et particulièrement de la salle d'hop et du service de chirurgie, elle est heu-reu-se d'avoir été opérée en Suisse…impressionnée de voir dans quels conditions ils sont hospitalisés. Le premier jour, le fait d'être regardée, appelée, embêtée dans les rues vu sa couleur de peau la dérangeait beaucoup… puis, elle s'est dit qu'en fait, on vivait un peu ce que vivent les stars !
Je suppose que Nathan ne sais pas trop parce… ben… il a manqué Noël avec sa famille… c'est lui qui en parle le plus. Il a un peu l'ennui.Mais autrement, le match de foot avec des enfants de ce village où nous étions 2 jours, les animaux, son p'tit copain "Avocat" de 10 ans qui l'a invité chez lui un moment, et qui a un… crocodile domestique d'un mètre, dans un bassin d'1,10 mètre de long… tout ça lui a plu. Ce même copain lui a offert quelques taros de son jardin (racines qui se mangent comme des pommes de terre). Avocat était aussi très content de jouer avec l'appareil photo de Nathan. A la capitale, mon fils trouve les ronds-points très "bourges". C'est vrai que ces ronds-points apparus il y a 2-3 ans et qui sillonnent la ville un peu partout, sont
de vrais jardins, avec bancs, fontaines, jolies petits lampadaires comme dans le premier film de Narnia. La ville se transforme, c'est effarant ! Nathan ne comprend non plus pas pourquoi on ne peut pas donner à tous ces gens par exemple souffrant de polio, qui viennent demander des sous, pour réparer par exemple leur "vélo", leur chaise roulante qu'ils déplacent en "pédalant" avec leurs mains… Il a aussi vu que nos restes de limonades que nous n'avons pas pu finir, on été distribué par le monsieur a qui appartient le "resto" où nous nous sommes arrêté sur la route du sud, à de pauvres enfants avec leurs gamelles.
Pour Ema, ce pays, c'est son pays d'origine. Donc, son cœur lui appartient. Un peu. Mais le premier jour, de voir cette ville, toutes ces choses (pauvreté, saleté, animation, circulation…) qui nous frappent, nous, venant de l'Europe, l'a fait éclater en sanglot. Elle n'a pas pu expliquer le pourquoi. Le lendemain, la rencontre avec sa famille d'origine, lui a fait un bien fou, elle a vu d'où elle venait…beaucoup d'émotion… même si ici les gestes d'affection sont quasi inexistants à nos yeux d'européen. Ce fut quelques heures merveilleuses. Nous avons été reçus comme des rois, avons eu l'honneur de manger une chèvre tuée exprès pour nous. Nous avons même pu manger à table, avec fourchettes et cuillères, dans des assiettes… et eu des bananes et du café pour le dessert. Même Salomé a mangé. C'est dire. Ema depuis, me semble plus apaisée. Contente.
Mais le fait d'être la seule noire de la famille, n'est pas trop facile. Au village, un africain m'a interpellé à sa manière en medemandant "Celle-là, elle vient aussi de Suisse ?" J'ai répondu oui, que c'était ma fille ! Il a répondu "Ah, c'est bien c'est bien". Mais Ema n'a pas apprécié ça. De se faire remarquer ainsi. Pas évident pourelle. Qu'elle aille n'importe où, ça sera comme ça.
Pour Simon, l'Afrique l'attirait déjà. Je sens bien que ce sera un voyageur plus tard… j'en suis contente pour lui… mais là, au fond de moi, je sens déjà une petite crainte. Moui, mon cœur de mère. J'ai
quand même quelques années devant moi jusque là. En brousse, dans ce village à 5-6 heures de route de la capitale, Simon a beaucoup joué au foot… d'abord avec la balle en plastique un peu dégonflée de ses nouveaux amis d'ici. Difficile de savoir qui joue avec qui… mais bien vite, ce sport international les a liés…. le
problème, c'est qu'eux, ils jouent toujours au foot. Pas comme mes fistons, qui jouent sûrement plus au foot sur la Play-station que pour de vrai, à part en été. Donc, il a fallu bien lutter pour avoir de temps en temps la balle. A pieds nus dans la poussière… et parfois dans les ronces (aïe ! on n'a pas des plantes de pieds à la peau dure et tannée, nous !). Les enfants parlaient français, mais un français presque incompréhensible pour nous. Mon fils, il disait souvent "désolé" en jouant. Du coup, tous les enfants ont commencé à dire désolé pour un oui ou pour un non… c'était marrant. Là, au but, se tenait un gars de 14 ans, avec un bandeau IKEA autour de la tête (maintenant vous savez à quoi peuvent servir les poignées des gros sacs bleus ikea)… il était grâce à cela facilement reconnaissable (pas évident de différencier tous ces noirs aux cheveux frisés !) ! Le
lendemain, mes gars ont amené une bonne balle de foot ramenée de Suisse. A la fin, comme c'était le 25, et la dernière journée pour nous dans ce village, mon fils a dit que c'était KDO de Noël pour eux ! Cela a beaucoup palabré, presqu'une guerre, jusqu'à ce qu'ils reviennent vers lui et lui demande si c'était juste à celui à qui il l'avait donné ou pour tout le monde : Simon a dit que c'était pour tous et qu'il fallait qu'ils la prennent chacun leur tour chez eux ! Ils lui ont tous fait un signe d'appréciation, ils étaient contents ! Je n'étais pas là, à ce moment là, c'est mon fiston qui m'a raconté ! Très difficile de faire plaisir, sans faire de jaloux !
Voilà, nous sommes à présent de retour sur la capitale pour 3 jours avant un autre voyge. Simon trouvait que c'était un super KDO de Noël de revenir ici le 25. Oui, quand même, la maison est plus confortable ici, par contre plus difficile d'avoir des contacts avec les gens du pays, contrairement à nos 2 jours en brousse. En même temps, c'est bien de vivre à nouveau plus à l'européenne, pour digérer tout le vécu…
Ah ! Et c'est vrai, c'était Noël l'autre jour ! Il faut quand même que
je vous souhaite de bonnes fêtes ! J'ai un p'tit peu réalisé que cela,
lorsqu'un homme tenant un sapin artificiel d'un mètre décoré TRES kitchement de boules et de guirlandes de toutes les couleurs et bien brillantes, et le visage presque caché par les multiples guirlandes colorées et brillantes autour de son cou, s'est approché de notre voiture pour nous vendre son produit !
Alors voilà, je vous souhaite encore de bonnes fêtes ! Ici, les nuits
sont fraîches (autour des 20°C, un peu moins le matin), les journées
environ 35°C. Et c'est la saison froide. Heureusement qu'on est venu à
cette période !
Pas d'électricité toute la journée ! Enfin, après avoir enclenché le groupe électrogène, je peux vous poster ça !

mercredi 22 décembre 2010

Comme prévu

 
Comme prévu, dimanche, au petit matin dans la nuit, nous sommes partis sur les routes enneigées en direction de l'aéroport, pour y arriver à l'heure... prévue.
Et notre programme rôdé... a commencé à "foirer". Plutôt bien même.

Petit extrait de notre voyage :
1er jour :
12h d'attente dans l'aéroport helvétique, 3 enregistrements de nos plus de 130 kg de bagages, pour 3 vols différents... dont 2 annulés, et 1 où nous étions en liste d'attente. Pas trop d'espoir qu'on nous avait donné, la liste était longue. On se voyait déjà rentrer à la maison ce soir-là. On en avait pas envie. Puis enfin, place dans un vol à 21h30, mais sur Orly, et non sur Charles de Gaule (ne faisons pas les difficiles !). Vieux, l'avion. Bruit, tremble de partout. Première fois que j'étais aussi peu rassurée. Arrivés à Paris, nous avons cherché la neige... ça aussi c'était pas prévu.Il y avait bien quelques petits tas par ci par là d'une dizaine de cm. Mais à part ça...?!!
Vers minuit, après une course effrénée dans une navette folle (nous nous attendions presque à décoller !) sur les routes givrées(on a attaché notre ceinture, sans qu'on nous le dise !)  dont le "pilote", givré (!) lui aussi, freinait juste avant les radars , chargés de plus de 200 kg de bagages, nous sommes arrivés dans l'aéroport prévu à la base. Soulagement.
Puis, nous avons cherché un endroit, dans ce lieu plein de courants d'air, pour reposer nos corps fatigués d'avoir attendu et espéré toute la journée, car bien sûr, notre correspondance pour l'Afrique, partie 3h après l'heure prévue, était déjà bien loin de ces soucis glacés. Mais toutes les places intéressantes(bancs et coins abrités), étaient déjà squattées.
Là, un ange (!), s'est approché de nous, et nous a dit discrètement de le suivre... car les familles, paumées comme nous, avaient droit à un super endroit pour dormir. Nous nous sommes attendus pendant quelques minutes à aller à l'hôtel(que nous savions pourtant pleins à ras bord) ... Je m'imaginais déjà une bonne douche, un bon lit et du chaud.  Jusqu'à ce que nous nous retrouvions au bout de l'aéroport dans une salle sans courants d'air, tapissée où nous avons reçu couverture, matelas de sol, une bouteille d'eau et 2 biscuits chacun. Presque sous l'oeil d'une caméra de la TV. Reconnaissants que nous étions (qu'ils nous avaient pas filmé entre autre). 15 minutes avant nous n'arrivions pas à nous imaginer dormir sur le sol glacé et pas vraiment propre de l'aéroport. Et c'est entourés d'une bonne centaine de personnes, de toutes couleurs, de toute cultures, ronfleurs ou non, bébés perturbés et l'exprimant très fort, que nous nous sommes mis en position horizontale, barricadés derrière nos bagages. Ema s'est très vite endormie. Nathan a difficilement trouvé le sommeil, Simon a dormi à même le tapis (son matelas n'était plus là au matin), Salomé a fait nuit blanche, ma moitié et moi avons dormi 3h à peine... et pas d'une traite.
2e jour : réveillés vers 6h,courbaturés et pas reposés, nous avons pu admirer la tempête de neige se déroulant là, sous nos yeux, à travers les fenêtres. Moui. Au lieu de nous retrouver les pieds dans le sable chaud. Difficile de se trouver à manger. Les fils y sont longues. Mais on a le temps. C'est le 2e jour que nous mangeons petits pains en chocolat, chips ou autre. Nous qui n'avions RIEN mais vraiment RIEN pris à grignoter. Croyant être nourris dans l'avion. Encore faut-il y être  ! Mon homme était sur la liste d'attente pour le vol vers l'autre continent. Juste pour lui, il n'y avait pas de place. Il fallait confirmer encore nos billets pour ce changement. il a réussi à confirmer notre vol en "zappant" la fil d'attente de plusieurs heures devant Air France (certains avaient attendu plus de 6h la veille !!!). Il a juste posé la question à un autre ange, n'étant pas sûr s'il devait vraiment confirmer. Et il a dû le suivre directement pour le faire. Et ouf, il y avait assez de place pour lui sur ce vol. C'est vers 13h seulement, que nous avons eu confirmation que l'avion partirait vraiment ce jour-là (mais jusqu'à la dernière minute, nous en avons douté !). Après une quinzaine d'heures à tirer nos 200 kg de bagages, nous avons pu enfin les enregistrer. Et être allégé de 130 kg. J'vous promets que cette cure d'amaigrissement expresse nous a fait du bien.
Vol prévu à 16h15. Repoussé à 18h15. Dégivrage de l'avion (pas du pilote, c'était celui de la navette qui était givré, pas celui de l'avion). Décollage 18h45. Difficile décollage, sur ces pistes enneigées, d'après les pilotes qui en ont parlé à mes 3 plus jeunes veinards qui ont été invités dans le cockpit.
Après un bon repas chaud que j'ai dévoré, le film que j'aurais voulu voir, nous sommes tombés... au pays des rêves. Mon homme a enfin senti la fatigue... jusque là, l'adrénaline le maintenait.
Et nos enfants ont été FORMIDABLES !!!! IMPRESSIONNANTS de patience ! Comme je ne l'aurais jamais prévu ! Le plus dur a été les dernières heures avant l'enregistrement de nos bagages... C'est moi qui n'en pouvait plus. Une deuxième nuit comme ça, non. Une 3e journée d'attente ? Non merci. Démoralisée que j'étais. Ema aussi, peur de ne pouvoir voir son pays d'origine.
Et MOI, qui avait tellement soucis des aléas de la vie en terre africaine ! L'aventure a commencé bien avant ! Comme quoi, la vie ne se déroule jamais comme prévu ! Et que nos soucis ne servent à rien (bon, je le savais déjà bien avant !). Super expérience que ça a été, et je suis super fière de ma progéniture.
Et je ne suis pas triste d'avoir quitté la neige, tiens !

mercredi 15 décembre 2010

Voyage rime avec... bagages.


Et cela à mon GRAND désespoir. Pfffff. Et je dirais même plus : GRAND voyage rime avec GRANDS bagages ! Et j'en suis accablée. Je suis stressée, je me réveille la nuit en pensant à l'une ou l'autre chose à ne pas oublier depuis 1 semaine. Me voici donc le matin, avec des valises sous les yeux... j'ai beau faire rouler mon roll-on à la caféine dessus, elles prennent racine. Suspendues. Là. Une de chaque côté de mon appareil olfactif. 
Bon, elles pourront toujours servir, on en manque.

Plus de 200 kg qu'on peut prendre. En tout. Pour toute la famille. 6 x 35 kg. Et plus de la moitié n'est pas pour nous. Nous voyagerons donc (très) léger au retour, car nous aurons laissé plus de la moitié du chargement là-bas... et nous aurons perdus du poids, moins de la moitié j'espère.
Et cela grâce à la tourista. Entre autre. 90% de malchance qu'on la chope j'ai lu. Et franchement, je n'ose pas trop m'attarder à l'idée. Car... supposons que nous ne l'ayons pas en même temps. Cela dure en moyenne 3 jours. Symptômes : fièvre parfois, vomissement, bien sûr diarrhée où et quand on veut pas (les toilettes publiques c'est pas l'top là-bas, disons que c'est au bord la route. Voilà.), et faiblesse à garder le lit. Nous sommes 6. 3x6 = 18. En général, ça commence le 3e jour. Nous restons 20 jours là-bas. Vous comprenez mon angoisse ?(du coup, je prends une cargaison de Carbo-Levure en prévention avec nous en espérant que ça marche... le pharmacien a dit que ça peut. Pas trop convaincu le pharmacien). Mais je sais aussi que j'ai tendance à penser que le pire va arriver, alors j'ai décidé de m'imaginer que le meilleur pourrait se réaliser (je sais que Georges Clooney est déjà allé dans ce pays, peut-être vais-je le croiser... et je profiterai de lui demander un rabais sur les capsules, dont je suis un peu accro).
BREF ! Tout ça, on verra dans les prochaines semaines ! De toute façon, c'est jamais comme on l'imagine. (Adieu Georges ! Et voilà que mon pessimisme reprend le d'ssus...Je VAIS le voir, Georges ! Oui ! A la TV au moins... et voilà, ça recommence).

Une partie de ce qui est pour nous

Ah ! Oui ! Les bagages. Les listes, j'aime. Mais celle qui date de 10 ans et remise à jour chaque année ne suffit pas (je me souviens du soulagement, à chaque fois que j'enlevais biberon, p'tit lit bébé, couche, doudou, puis petit à petit remplacés par lunettes, un enfant en plus, MP3, maquillage, tous les habits de l'armoire de mon aînée, euh on gagne pas vraiment au change...). Bon, au premier coup d'oeil, j'étais contente. Ski : pas besoin, bob pas besoin, pantoufles, non. Grill : non. Bonnet, gants et bateau-gonflable-avec-les-rames : chouette, j'peux tracer. Oui, plus des 2/3 de ma liste a été éliminée allégrement. Il faut juste 2 paires de chaussettes, un pull au cas où, une brosse à dents, quelques t-shirts... et quelques pagnes. Et des tongs. Fastoche et vite fait !
Puis, après "cumulation" de la liste familiale avec la liste "voyage en Afrique noire"... uhm. Que dire. Mon soulagement a fondu comme neige au soleil d'Afrique à midi.
Une partie de ce qui est pour eux

Se sont rajoutés : quelques réserves alimentaires (barres de céréales, condiments, chocolat), des médicaments (toute la pharmacie au cas où), nos produits de douche (on risque de les utiliser 1-2 fois là-bas), crème solaire (mais oui ! J'vous fait envie ? 37°C qu'il fait aujourd'hui !), maillots de bain (peut-être les utiliserons-nous mais même pas sûr et je suis sérieuse pour une fois), quelques trucs pour aromatiser l'eau pour cacher le goût de Javel, ou autre..., quelques petits cadeaux de Noël pour mes schtroumpfs (et mon homme mais chuuut, il ne le sait pas encore !)... Des ordinateurs portables, des vêtements, mes bouquins, des cadeaux à distribuer là-bas à nos connaissances africaines et européennes (fondues, chocolat, agendas, casquettes, vernis à ongles...) du courrier... Sans parler des occupations pour les enfants : DS, livres, livres, livres, crayons et papiers, balles de foot. Car là-bas, peu d'écrans. Adieu PS2, DVD, TV. Et si écran il y a, il faut de l'électricité. On pourra parfois avoir cette chance. J'espère.
Alors voilà que maintenant, dans quelques coins de l'appartement, s'entasse un bric-à-brac de toutes sortes. Et c'est que moi qui sait OÙ est QUOI. Gare à celui ou celle qui va y mettre le nez ou pire... les mains !
Et dans moins d'une heure, mon mari arrivera avec le sien (filtres à eau, ordinateurs...) et il va essayer de caser tout ça dans les sacs & valises que nous avons ! Je veillerai au grain, que je retrouve nos multiples affaires à notre arrivée (il est trop fort pour ranger le maximum de choses dans le minimum d'espace, mais moi ce que j'aime pas, c'est que ben... tout sera déplié, mélangé, arrangé de manière à remplir chaque recoin de vide. J'ai décidé de ne pas dire trop mon avis, ce soir. On verra si je tiens. Car c'est pas parce que je décide, que j'y arrive. Sinon je serais quasi parfaite. J'vous dis.)
Il reste 4 nuits. Et nous partons. A l'aventure. A 4000 km. Au Sud. Un pays qui vit de SI. On est un peu fou. Tant pis. On ne peut plus reculer. Et c'est bien de foncer malgré les craintes. Sinon on ne ferait rien. Et c'est un rêve qui va se réaliser. Mais ça ne sera pas toujours le rêve. J'espère que ça ne sera pas le cauchemar. Je sais aussi que Dieu est là. Que tout est dans Sa main. Qu'Il nous aidera dans les moments pas évidents, comme Il l'a toujours fait.
Alors mon désir est que  SI tout fonctionne comme JE l'ai prévu (uhm uhm) je continuerai mon blog pour vous envoyer un peu de chaleur. J'ai bidouillé un ordinateur Second Hand qui profite de notre voyage pour finir sa vie outre-mer, afin que j'ai la possibilité d'écrire sans être toujours connectée. Il y a déjà un problème. La batterie tient 15 min. 
Là, maintenant, je ne désire qu'une chose, avoir TERMINE cet empaquetage. Etre dimanche matin à 7h30, et partir.... LOIN ! Loin du froid, de la grisaille, du stress... 
Nous voici, AFRIQUE !
A bientôt de là-bas et SI jusque là, je n'ai pas la possibilité de le faire,
 je vous souhaite de bonnes fêtes !

mercredi 8 décembre 2010

Nous ? Une famille parfaite ?

Je suis un peu gênée ces derniers temps pour une raison bien précise. Ben oui. Nous avons envoyé une lettre de nouvelle familiale à des connaissances proches ou perdues de vue depuis longtemps, avec les plus belles photos prises durant l'année (j'vais pas mettre des moches quand même, n'est-ce pas) et un résumé de notre vécu annuel. Nous avons eu quelques réactions sympas en retour. Mais celles qui me rendent bien songeuse, c'est celles du style dites avec emphase et sourire extasié : "Quelle belle famille !!". Moui, je ne sais pas s'ils le pensent vraiment. Si oui, c'est que nos news n'étaient pas représentatives de la réalité...
Alors voici, ci-dessous, quelques petites anecdotes pour remettre les choses à leur juste place. Car loin de moi l'idée de faire croire que notre vie est irréprochable.
Tout d'abord, mmhhh, mon mari... et moi. Non, nous ne sommes pas un couple de contes de fées se souriant sans arrêt avec les yeux brillants d'amour malgré nos avis, caractères, goûts divergents. Parfois, il m'irrite. Si si ! (et j'ai cru comprendre que moi aussi, je peux l'exaspérer aussi, sans grands efforts... j'ai toujours pas compris pourquoi. Ah ! ben c'est p't'être parce que... ?). Par exemple, la semaine passée, mon mari, ayant oublié quelque chose sur la terrasse a osé sortir, sous mon regard choqué en... chaussettes. Vous vous souvenez ? Ca n'était déjà plus l'été, le froid, de la neige partout. Même sur notre terrasse couverte. Le voyant ouvrir la porte, puis s'engager sur les pavés enneigés, ma réaction ne s'est pas faite attendre (je suis plutôt du genre à parler puis à réfléchir après) : "Mais !?! Pas en chaussettes !!! Il y a de la neige ! Elles seront trempées, tu vas mouiller partout dedans !". Et non, je ne me suis pas exprimée avec un coeur rempli d'amour (juste pour mon sol). Du coup mon mari m'a répondu sur le même ton (genre GRRRRRR) qu'il n'était pas bête et qu'il a visé (il était fort en tir quand il faisait l'armée) les pavés secs et sans neige (en regardant bien, uhm, j'ai vu qu'il n'y avait pas tant de neige que ça). Bref, je me suis tue... moui, il ne va quand même pas aller en chaussettes dans la neige, quelle idée !
Pour continuer  sur le thème "chaussettes" : parfois, j'en laisse traîner.... oui ! Il est vrai que la légende vieille de l'Age de la chaussette (après l'âge de la pierre quand même) veut que ça soit l'Homme, le Mâle, le Vrai, qui laisse exprès n'importe où ses effets pour que sa (toujours) tendre et douce épouse ait l'extrême privilège d'en prendre grand soin avec grâce et joie infinie. Ben le mien, il ne les laisse pas traîner. Snif ! C'est plutôt moi qui, chaque soir, enfile des chaussettes (il faut dire que mon mari n'aime pas que je mette mes pieds glacés vers lui pour me réchauffer, donc je n'ai pas le choix) pour avoir assez chaud aux pieds pour m'endormir... et la nuit je me réveille tellement j'ai chaud aux pieds, et du coup je les enlève et les jette dans le noir... parfois, le lendemain, je dois faire des recherches dignes de Columbo pour remettre la main dessus. Je pourrais continuer sur le sujet... vous pouvez toujours voir mon autre post sur ce thème ici .
Mes enfants aussi ne sont pas toujours sages et plein d'amour entre eux. Ben oui. Les chats font... les chats (parole pleine de sagesse qui sort souvent de la bouche de ma maman, allez savoir pourquoi !).Voilà que l'autre soir, nous étions à la fin d'un spectacle et j'étais en pleine discussion avec quelqu'un. Quand, tout à coup, je vois Ema et Nathan courir. Puis Ema tape plusieurs fois son frère sur la tête, sous nos yeux. Donc, je lui dis d'arrêter, en merveilleuse maman que je suis. Et vous savez ce qu'elle me répond ? "Mais c'est Nathan !". Ben oui. Évident.  Là, j'ai quand même dû rire. Mais je sais aussi que mes garçons ont la fâcheuse tendance d'enquiquiner leurs soeurs, tout en discrétion... et que souvent ce que je vois ou/et j'entends, c'est la pointe de l'iceberg !
Non, c'est pas toujours le paradis chez nous !
Autre chose, que je dois vous avouer. La pire je suppose. Tous les dimanches ou presque, nous allons à l'église. Et c'est mieux d'arriver à l'heure. On est en Suisse. Et le dimanche, personne n'aime trop se lever tôt. Notre cerveau est réglé sur "weekend". Le culte est à 10h. Malgré cela, c'est bien fini de déjeuner tous ensemble ce jour-là (c'était pas prévu dans mes rêves de jeune maman ça). On est 6, on a 2 salles de bain. Certains dimanches, ça va. Tout roule à peu près et nous arrivons à l'heure sans trop d'accrocs. C'est tout juste si on ne chante pas dans la voiture (ça n'est pas arrivé souvent en fait). Mais en général, c'est le stress. Et on ne peut pas dire que nous nous préparons dans une bonne et sainte (!) humeur.  La maman que je suis fait une remarque aux enfants qui  ont renfilé leurs vêtements qu'ils ont mis plusieurs jours, alors je vais farfouiller dans leurs armoires pour trouver quelque chose à leur et à mon goût. Ou à l'aîné qui a les cheveux crades je lui dis de filer illico presto à la douche. Il a l'âge où plus personne n'a le droit d'aller en même temps que lui dans la salle de bain, donc la grande soeur (par exemple, selon les dimanches) est en train de l'enjoindre de se dépêcher en tapant sur la porte. Certains doivent se laver les dents mais refusent d'entrer dans l'autre salle de bain où règnent des odeurs de centrale nucléaire prête à exploser. Enfin, vous voyez un peu non ? En même temps que je donne mes ordres, je suis devant mon armoire à me rechanger pour la 5e fois et à hésiter : "Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir me mettre ?"(va faire un tour chez C&A comme disait la pub, mais 1. j'aime pas ce magasin, 2. c'est dimanche 3. euh pas l'temps), mais comme l'heure file, je ne me casse pas la tête, et je m'habille comme chaque jour, ou presque (viiite un collier pour faire un peu plus "dimanche"). Quand je vois mon fils sortir de sa douche, les cheveux longs dégoulinants (sur mon fameux sol !) je lui demande de les sécher avec le sèche-cheveux (par -10°C, vaut mieux). Et non, au risque de vous décevoir, il ne me répond pas en souriant : "Oui, ma maman chérie !" en se précipitant sur l'objet en question.
Quand, enfin, comme d'hab, la dernière arrivée (moi ! car jusque là, je n'ai pas réussi à me préparer !) est dans la voiture (customisée par moi, mais ça c'est une autre histoire ici ), nous essayons de nous décontracter durant les 5 minutes de trajet (parfois j'aimerais franchement avoir une église plus éloignée). De changer d'état d'esprit. De calmer celle qui n'est pas motivée du tout mais alors pas du tout à aller au culte (ma grande n'y a plus d'amies, et c'est le désespoir). Moi (je n'y arrive pas toujours !) de me retenir de faire une remarque à mon fils aux cheveux toujours trempés, et à mon autre fils qui a mis ses vieilles chaussures, et à mon mari qui, franchement aurait pu mettre une autre chemise... Nous essayons d'arriver calmes et sereins à l'église de mettre un sourire sur nos visages stressés et énervés, et SURTOUT dans notre coeur, le plus VERY important. Moi qui déteste l'hypocrisie...
Ouf. Et c'est assise au culte, que parfois je sens une main venant du banc derrière moi  (enfin... d'une humaine assise à l'arrière pour être plus précise) qui remet en place une ou plusieurs étiquettes qui dépassent du col de mon pull ou de mon t-shirt ! Hihihi !
 Alors voilà. Maintenant, vous savez que nous ne sommes pas une famille parfaite, c'est dit.
En plus, ça n'existe pas. J'espère au moins. Sinon, je serai découragée, à tout jamais.
Mais ma famille, je l'aime, j'en suis fière, c'est la mienne. Et bizarrement, toujours encore et malgré tout, j'ai ce rêve que les relations y deviennent presque idéales. C'est avec nos tout proches qu'on apprend le plus. C'est parfois dur, parfois génial. Désespérant ou passionnant.
Je ne m'en passerais pas.
Merci Seigneur, pour ma/la famille !

mercredi 1 décembre 2010

Mon fils se sent viril !

Mais pourquoi ça ? A peine 13 ans ou presque, et il se sent déjà un Homme, avec un grand H. Un vrai aventurier ayant traversé des moments d'intenses difficultés et en partie grâce à moi quand même. Comme vous le verrez ci-dessous. Oui, il a des stigmates de durs combats vécus. Il en est fier, un vrai mec. Même que c'est pas vrai.
Oui, mon fiston a des cicatrices. Un peu partout. Les urgences, il connaît. Plus que ses frère et soeurs il est vrai, mais pas tant que ça non plus. Bon mais... qu'a-t-il subi comme "épreuves" pour en arriver là ?
Mmmmh, parlons de la première. Celle-là, il faut que je l'avoue une fois quand même par écrit. J'espère que vous ne serez pas choqués ! Alors mon fils a environ 3 ans quand... ben, étant assis tous les 3 par terre (donc avec Salomé, 5 ans), je leur raconte une histoire, avec force gestes dans tous les sens (je devais être particulièrement en forme cette fois-là). Mes ongles ne devaient pas être très courts. Pas très longs non plus. Mais suffisamment pour faire, sur la douce joue de peau de bébé intacte de mon futur ado (j'imaginais pas à cette période qu'il y arriverait si vite !), une belle griffure assez profonde ! Je précise tout de suite aux personnes outrées que je n'ai quand même pas dû aller aux urgences pour ça. Mais ça a eu de la peine à cicatriser. Des semaines, des mois et.... des années, puisqu'encore maintenant, on la voit (mais il faut le savoir quand même). Bref, je me souviens de ce matin à la Migros, où la caissière, voyant cette balafre bien rouge digne d'un pirate, a demandé avec intense compassion à mon bout d'chou assis dans le caddie :"Mais dis donc, qu'est-ce que t'as fait à la joue ?" Et lui, de répondre trop clairement à mon goût  : " C'est ma maman !". J'ai bafouillé quelque chose, je ne sais pas si elle m'a cru. Mais bon, ils m'acceptent toujours à la Migros (faut dire que j'y dépense beaucoup).
Et de une !
Il devait avoir 5 ans quand, en faisant le "fou" avec un copain, il heurte un radiateur avec sa tête. Directement aux urgences que nous sommes allés. Mais la colle a suffit  (mais oui, je ne savais pas que ça existait) !
Je me souviens aussi, comme le copain s'est reproché la blessure de mon fiston, et il n'y était pour rien ! Je sais que sa maman lit mes posts... alors voilà ! J'espère qu'il s'en est remit depuis ?
Et de deux !
Ouh, là. L'histoire du couteau suisse. Celle-là, je ne l'aime pas. Mais alors pas du tout. Rien qu'en y repensant j'en ai la chair de poule. Voilà que vers 7 ans je pense, son rêve était de non seulement avoir un couteau suisse, mais en plus de le manipuler !!! Non, mais ?!!  J'ai beau être une mère géniale et pleine de confiance en tout temps (non ?), mais là, franchement, moi je ne le sentais pas. J'ai déjà la trouille de tout ce qui coupe un peu trop. Alors, à force de l'entendre insister, on a décidé avec mon mari qu'on devait d'abord lui apprendre (quelle sagesse n'est-ce pas ?), et qu'il devait l'utiliser seulement en présence d'un adulte, tout tout proche l'adulte...(moi j'aurais même dit que c'est l'adulte qui devait tout faire). Je ne devais donc pas être la formatrice en question, car je déteste ces trucs et ça me stresse. Il devait le ranger à la cuisine, et le demander quand il le voulait (et pas à la mère que je suis, car je lui aurais répondu non de toute façon, hein). Bon, un jour il va chez son grand-père avec son papa, et je ne sais plus comment ça se fait, mais il était avec ce couteau tentant dans sa poche. Puis, assis dans le jardin, il a commencé à le manipuler, à l'ouvrir. Puis l'a fermé.Trop vite. Sur sa main.... ARGGGGGGGGHHHHHHH  !
Il n'a pas osé le dire tout de suite, car il a réalisé à ce moment-là qu'il n'avait pas suivi les règles !!! Mais bon, le sang coulant  euh... voilà quoi... Son grand-père lui a mit comme à la vieille époque sa main dans une bassine d'eau (!!). Rouge est devenue l'eau (après coup, on m'a raconté que la génération encore en-dessus, aurait fait pipi sur la blessure, donc que dire à part...ouf ?).Ayant reçu un téléphone de ces hommes un peu affolés, j'ai pris mon fils et sa main en main (sans la bassine !!!) et nous avons filés aux urgences. Il a eu plusieurs points, en était quitte pour aller à la piscine un bon bout de temps, et... un tendon n'a tout juste pas été sectionné. Du coup, je peux vous dire que c'est seulement l'année passée, qu'il a recommencé à manipuler un couteau suisse. Et maintenant, j'ai  confiance, il a le bon âge. Et l'expérience lui a servi !
Et de trois !
Voilà... d'autres petites cicatrices (qui n'en a pas ?) aux genoux et ailleurs, suite à ses exploits sportifs, à sa glissade sur les pavés autour de la piscine communale (là, en fait, son genou aurait mérité un point ou l'autre, mais on n'est même pas allé aux urgences).
4-5-6-7... lui seule en connaît le nombre, et encore !
Et la dernière, la dernière il y a moins d'un mois. La plus belle. La plus fun. Et qui lui met assurément une énorme touche "virile" pour le restant de ses jours. Il a subi une ablation d'un os, qui ne poussait pas du tout où il devait (franchement, il a osé !), sur le fémur, près du genou. De la grandeur d'un pouce, l'os. Le bistouri du chirurgien a dû couper en deux un tendon pour enlever cet intrus inutile et gênant. Puis, 6 points pour fermer la plaie ! Il a dû passer une nuit à l'hôpital pour ça.

Deux cicatrices : à la main et au genou !


Et voilà le résultat, il en est fier !
A l'heure où les dames (et les hommes !) essaient d'effacer les signes du temps par des produits miracles ou de la chirurgie, mon fiston, lui, est tout fier d'être balafré, rayé et abîmé de partout !