La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


lundi 24 janvier 2011

Quand il fait froid... on s'habille !

Enfin, uhm, c'est ce que je croyais ! Mais apparemment la génération qui suit la mienne ne l'a pas encore compris ! Je ne sais pas si vous avez vu votre thermomètre ce matin. En tout cas, chez moi, quand je me suis levée, il faisait... euh... -8,9°C ! Heureusement qu'on nous promet le soleil, sinon, je serais restée sous les plumes !
Salomé se lève et c'est elle qui m'annonce "froidement" le degré de "froidure" extérieur. OK.
Puis, c'est l'heure de partir. Elle "s'habille". Elle met son manteau mini-couche.... et un p'tit foulard, tout d'même. "Eh, il fait hyper froid, tiens, je te passe mon manteau bien chaud !" que je lui dis pas très convaincue de son approbation future. "Ça ? Quelle horreur ! Et en plus j'ai seulement froid aux mains et aux pieds moi, c'est tout !". Bon, elle a quand même mis des p'tits gants en laine.... "Ben tu vas geler ma fille !" Et c'est toute mal pour elle que je la laisse partir (je ne sais toujours pas si elle est arrivée à l'école où si cette nouvelle statue de glace là-bas sur le chemin, c'est elle).
Mais, ma culpabilité de mère agit. Je me rue donc sur un catalogue d'hiver, et cherche quelque chose de CHAUD qui pourrait peut-être lui plaire (300 frs ? euh non... pas ça, à celui-là est pas mal... hein ? 450 frs ! Bon). Pour finir je trouve quelques modèles à prix plus ou moins acceptables, que je lui montrerai à midi. En espérant que le seul truc qui lui plaira ne sera pas en rupture de stock. Classique. Et tant pis, je mettrai le prix, je veux lui montrer la différence que ça fait quand on s'habille ! Je la vois déjà, rentrer à midi, la bouche à l'envers, en s'exclamant  "Je déteste ce froid...! Qu'est-ce que c'est qu'ce pays !".
Bon, au tour des 3 veinards qui peuvent dormir 45 minutes de plus... recommandations de la mère que je suis.... contrôle de mon fils, pour m'assurer qu'il a bien mit quelque chose sous son pull ultra-léger (si ça rappelle l'armée à certains, ben... c'est tout faux. Moi, j'le fais pour leur bien). Je lui dis qu'aujourd'hui, il doit mettre sa grosse veste " Bien sûr !" qu'il me répond. J'en suis baba car tout l'hiver il s'est promené avec sa jaquette "sweat" à peine doublée... et a refusé de mettre cette veste chaude qui fait "fille"(je n'ai vu que des gars avec). Il partira quand même avec ses p'tites baskets... dans la neige et sur la glace. Moui.
 Nathan et Ema se préparent à partir : "Mettez une écharpe, des gants et bonnets !" Nathan : "Oh, non, une écharpe ???"... Bon, il l'a met. A Ema : "N'oublie pas des gants !". Ema de râler : "Mais non, j'ai froid de toute façon dans ses gants" " Bon, ben" que j'réponds, "si tu as plus froid avec tes gants que sans, mets-les pas car mon but à moi, c'est que vous ayez chaud" (là, je commence un peu d'en avoir marre. Allez, basta, débrouillez-vous que j'pense !) Ema : "Bon, ben, hooooonnnnn, j'les mets alooooorrrsss", hooooooonnnnn" 
J'essaie même plus d'comprendre.
J'ai même pas essayé de leur faire mettre leurs bottes chaudes d'hiver (c'est une lutte encore plus atroce... expérience faite, j'vous assure).
PFFFFFF ! Vous comprenez pourquoi certaines mamans sont déjà crevées à 8h du matin bien qu'elles se soient levées en pleine forme ? Lutter, pour le bien de nos enfants ! Quand eux sont convaincus qu'on fait ça seulement pour les ennuyer !??
Les mamans, "j'nous" admire, soyez fières de faire le métier le plus difficile du monde... et le moins reconnu, mais celui qui en vaut le plus la peine !
Bon, la prochaine fois je ne leur dirait RIEN. Si j'y arrive ! Je crois que ce sera une bonne leçon pour eux ! Mais, j'y pense, si certaines personnes les voient ainsi,  à peine habillés, elles risquent bien d'avoir pitié d'eux en pensant à leur affreuse mère. Assurément.
ALORS, s'il vous plaît, si vous voyez des (pré)-ados un jour, geler en p'tites baskets en toile (très jolies les baskets), avec leur p'tit pull préféré, sachez que la maman a lâché pour leur bien. Que c'est une maman exemplaire.  Tout ça pour qu'ils réalisent enfin ce que c'est que de "souffrir pour être beaux". Théoriquement, si ça marche, le jour suivant ces mêmes ados auront compris et devraient être habillés comme il faut. 
J'ai bien dit " Si ça marche".

jeudi 13 janvier 2011

Expérience inédite

Quelques jours avant de m'envoler pour notre pays d'Afrique, je voulais tenter une petite expérience inédite ! C'est fort rare que j'en ai l'occasion, alors, yehhh ! Allons-y ! Je voulais enfin, oui enfin savoir, si c'était plus agréable de marcher pieds nus dans la neige.... ou dans le sable. Et comme il n'y avait que quelques jours d'intervalles entre les 2, c'était l'occasion rêvée... d'avoir enfin la réponse à cette question existentielle que toute la terre (au moins !) se pose.

Donc, me voilà un matin, libérant mes orteils, et faisant quelques pas dans la neige... et oui, j'ai même pris le temps d'immortaliser ce moment ! Je pouvais à présent faire cette constatation : c'est confortable, doux, ça prend la forme du pieds.... le top ! Si ce n'est la sensation de froid intense que j'ai ressentie assez rapidement il faut le souligner. Du coup, je suis assez vite rentrée chez moi, et j'ai remis mes chaussettes avec délectation. A ce moment là, ce fut particulièrement agréable. Waouh ! Sensation de bien-être garantie !
1 point négatif : le froid (mais pour ceux qui aiment particulièrement l'hiver, je pense qu'il n'y a pas de problème. Essayez pour le savoir...)
1 point particulièrement positif pour l'APRES : la sensation de bien-être  

Moins d'une semaine plus tard, je retente l'expérience à 4000 km au sud de notre chère Helvétie froide et glacée. Cette fois dans le sable.
Là, le climat est pas mal : plus de 30°C et ensoleillé TOUT LE TEMPS !!! Vous imaginez ? Quasi impossible pour nous européens, non ? Eh ben, c'est vrai. Je vous l'assure. Je l'ai vécu.
Alors voilà, je pars à l'extérieur de notre logement, vais dans la cour pleine de sable, enlève mes tongs avec précaution, et me retrouve pieds nus... avec d'autres pieds ! Ben ouais ! Et là, j'ai compris le pourquoi : même sensation que dans la neige : confortable, doux, prend la forme du pieds mais température idéale, à cette heure-là du moins.
Mais salissant, tout de même. Je trouvais la neige plus propre (en Suisse, tout est plus propre que là-bas en fait).
2 points négatifs : si vos pieds aiment la solitude, c'est raté. Si vous aimez la propreté, raté aussi.
1 point négatif pour l'après : il faut se laver les pieds

DONC, suite à cette petite expérience dont le résultat est clair (à pieds nus dans la neige, c'est mieux, pour ceux qui n'ont pas compris), je me sens plus libre de vous raconter une tradition familiale vieille de 3 générations. Moui. C'est mon grand oncle qui l'avait mise sur pied, c'est le cas de le dire.
Lorsque nous fêtons Noël avec ma famille (mes parents, mes frères & belles-soeurs et leurs enfants), et s'il y a de la neige, NOUS enlevons nos chaussettes et essayons d'y courir dedans le plus longtemps possible  !
Ce sont mes frères et mon père qui battent chaque fois les records. Et figurez-vous qu'en rentrant en courant dans le salon de mes parents, nos pieds se réchauffent très vite ! Je trouve chaque fois ça surprenant tellement c'est agréable.
 Je voulais spécifier le NOUS ci-dessus : ça doit être quand même un truc génétique. Car seules les personnes ayant les gènes de mon père le font.
Merci papa ! 
Mes belles-soeurs ont réussi à garder leurs petits près d'elles quelques années. Mais maintenant ter-mi-né. Les petits-enfants y courent aussi ! Et ils en sont fiers ! 
Mais tout ça amène chaque fois l'incompréhension chez mes belles-soeurs & mon mari.
Ma maman, elle, depuis l'temps, est vaccinée.
Oui. Bon.Voilà.
(ah, oui, je dois quand même vous avouez un truc... personnellement, bizarrement je préfère le sable chaud. Chuut. )

jeudi 6 janvier 2011

Protection

 « Seigneur, protège mes enfants des éléphants ! » Voilà la prière que j'ai faite il y a quelques jours… Vous en faites souvent, une prière comme ça vous ? Pour moi en tout cas, c'était une première ! Sur le coup, ça m'a fait rire… aurais-je pensé la faire un jour ? Les chrétiens de ce pays prient avant de se mettre en route, pour un voyage de 1h ou plus, avec les personnes présentes, gardiens, missionnaires ou autre... On se met en rond et quelqu'un prie pour ceux qui partent… pour qu'ils soient gardés sur les routes, pistes africaines, ou les voitures roulent autant à gauche qu'à droite. Et combien de fois ai-je prié pour que Dieu nous protège de la turista, des rebelles, des scorpions, serpents, accidents de la route… Mon imagination allait bon train avant ce grand voyage, puis avant chaque déplacement de 6h de route que nous faisions (6 journées ont été ponctuées par des heures de voyage pour arriver à destination, au fin fond de l'Afrique profonde). Imaginez, c'est un peu comme un jeu de Playstation où, avec le volant au lieu des mannettes, nous faisons du slalom entre trous, bœufs, âne, motos, vélo, dromadaires, chèvres, camion… Mais c'est en vrai, et nous n'avons qu'une vie. Inutile de vous dire que j'ai laissé conduire mon aventurier de mari… Quelle chance il a eu, d'être abreuvé des conseils avisés de moi-même… une co-pilote hors-paire… gratos en plus !
Bref, donc, à l'arrivée de notre 2e grand voyage, tout poussiéreux (nous), transpirants, les cheveux cartonnés par la poussière… nous avons pris nos « appartements » dans une petite maison inhabitée depuis plusieurs mois, car la missionnaire qui y vit est en congé. La maison a été dépoussiérée, nettoyée avant notre arrivée. Bien en plus. Nous préparons les lits de camp, avec les draps amenés avec nous. Ecoutons sagement la leçon concernant la marche des WC : à nous d'en « doucher » l'intérieur et à en ouvrir le clapet pour en évacuer le contenu avec l'eau de la citerne, amenée là quotidiennement par un âne chargé de grosses outres, conduit par un jeune qui est allé les remplir au puits (c'est-à-dire qu'il a suffit de creuser dans le lit de la rivière asséchée pour y trouver un peu d'eau). Ouf. Vous avez suivi ? Oui, précieuse eau. Même si elle est brunâtre et imbuvable sans être filtrée ou cuite, pour nous, être fragiles des intestins…
Donc, à notre arrivée, ma grande fille Salomé, si courageuse dans ce pays où elle ne voulait pas mettre les pieds, se précipite la première dans la douche. Elle en sort. Puis, m'apprêtant à y aller, je laisse pour finir la place à mon homme… qui m'appelle discrètement quelques secondes plus tard : «  Sara, viens voir vite s'il te plaît ! ». Ouh la la… c'est louche. J'y vais, curieuse. Et là, mon homme me montre du doigt le fond de la douche : là, vers le mur, se tient un scorpion. Bien vivant. 5 cm le scorpion. Jamais vu un si grand au Tchad. ARGHHH !
Un cheveu de ma fille est accroché à son dard !
 Ma première réaction a été «  MERCI SEIGNEUR ! » Merci merci ! Ma fille a été gardée ! Si ça ne devait pas tomber sur quelqu'un, c'était bien sur elle ! Ses piqûres peuvent faire souffrir énormément pendant plusieurs jours, certaines personnes piquées ne peuvent plus marcher. Les habitants du pays disent aussi qu'elles peuvent tuer un bébé. Je dis à mon homme d'attendre et file chercher en douce mon appareil-photos. (car qu'est-ce qu'on peu bien prendre en photo dans une salle de bain, j'vous demande ?). J'immortalise l'intrus, avant que mon homme l'écrase férocement à armes pas tout à fait égales. Waouh. Quel combattant !
Sur le coup, nous réalisons VRAIMENT que le Seigneur est LÀ. Ce scorpion était tout près des pieds de ma fille. Si j'étais allée à la douche après elle, j'aurais enlevé mes lunettes… et ne l'aurais pas vu (je suis pas mal myope). En général, j'y vais toujours avant mon homme, si galant (oui, c'est des habitudes qu'on a comme ça).
Bref, cette histoire me touche… me fait vraiment réaliser Sa présence à nos côtés. Et je me dis que la plupart du temps nous ne réalisons rien, nous croyons que quand tout roule", c'est normal, et pourtant le Seigneur est là, à nos côtés nous protégeant sans relâche, guidant toutes choses !
Avec ma moitié, nous décidons de raconter cet épisode lorsque nous quitterons cette ville. Nous taisons aussi le fait, qu'une heure après, mon protecteur de mari a été appelé par moi-même pour y tuer à cet endroit-là encore 2 belles grandes araignées. MAIS, nous recommandons expressément et le plus discrètement possible à nos descendants tant aimés, de rester chaussés de leurs tongs dans la douche et on insiste souvent les jours suivants (bon, c'était peut-être un peu gros… mais on est en Afrique, tout y est étrange pour eux alors…un peu plus un peu d'moins) avec l'argument suivant : comme on est en brousse, vaut mieux faire attention.
Voilà, nous devions y dormir encore 2 nuits 1 semaine plus tard… mais la veille de la dernière nuit, je n'y ai plus trop pensé pendant qu'on regardait les photos de notre voyage sur l'ordi avec nos enfants. Et tout à coup, ce scorpion est là, sous leurs yeux, énorme, sur cet écran d'ordinateur. « C'était où ça ? C'était ici ? » s'exclament les gosses. «  Mais c'est un scorpion ! Hein, maman c'était ici ? ». « Ouais ouais, c'était par ici ». Bref, les questions vont bon train, je suis évasive, ma grande dégoûtée… Je leur dis que je leur raconterai le lendemain en détail. «  Ah ! c'était pour ça hein, qu'on devait garder nos tongs ? C'est dans la salle de bain, non ? ». Je reste énigmatique, une tombe… Arghhhh. Inutile de vous dire que Salomé ne s'est pas douchée ce jour-là.
Et le lendemain, nous lui avons raconté. Elle a réalisé la chose. Effarée. Je lui ai parlé des araignées, elle a dit, horrifiée, que pour elle c'était encore pire.
Voilà, ce fut notre dernier jour en brousse.



Sur la route du retour, jonchée d'êtres vivants (ou morts !) en tout genre, mon chauffeur préféré concentré au volant et les heures rythmées par l'ouverture et la fermeture des vitres du véhicule au grès des croisements de camion lançant des volutes de fumées noires épaisses ou/et de poussière, j'étais vraiment émue. Oui, le Seigneur nous a protégé. Des éléphants (!) mais aussi d'un scorpion, de tout ce qui me faisait peur. Certains diraient que c'est le hasard. Mais le hasard n'a-t-il pas un D à la fin (ça vient pas de moi mais c'est pas mal, hein ?)? Ce voyage est une réussite, sur toute la ligne. Mes enfants en seront marqués à jamais. Positivement. Je crois. J'espère.
En terre helvète, avant notre départ, écrasée par mon imagination débordante et tout ce qui pourrait arriver à mes schtroumpfs, et feuilletant ma Bible, je tombe sur ce verset du Psaume 121 : L'Eternel gardera ton départ et ton arrivée… Ce fut comme une promesse, qui m'a aidée quand revenaient m'assaillir ses pensées.


Alors que dire à part : MERCI SEIGNEUR ? Et que faire à part continuer de faire confiance à ce Dieu Créateur dont nous avons vu tant de merveilles ici ?