Accéder au contenu principal

Protection

 « Seigneur, protège mes enfants des éléphants ! » Voilà la prière que j'ai faite il y a quelques jours… Vous en faites souvent, une prière comme ça vous ? Pour moi en tout cas, c'était une première ! Sur le coup, ça m'a fait rire… aurais-je pensé la faire un jour ? Les chrétiens de ce pays prient avant de se mettre en route, pour un voyage de 1h ou plus, avec les personnes présentes, gardiens, missionnaires ou autre... On se met en rond et quelqu'un prie pour ceux qui partent… pour qu'ils soient gardés sur les routes, pistes africaines, ou les voitures roulent autant à gauche qu'à droite. Et combien de fois ai-je prié pour que Dieu nous protège de la turista, des rebelles, des scorpions, serpents, accidents de la route… Mon imagination allait bon train avant ce grand voyage, puis avant chaque déplacement de 6h de route que nous faisions (6 journées ont été ponctuées par des heures de voyage pour arriver à destination, au fin fond de l'Afrique profonde). Imaginez, c'est un peu comme un jeu de Playstation où, avec le volant au lieu des mannettes, nous faisons du slalom entre trous, bœufs, âne, motos, vélo, dromadaires, chèvres, camion… Mais c'est en vrai, et nous n'avons qu'une vie. Inutile de vous dire que j'ai laissé conduire mon aventurier de mari… Quelle chance il a eu, d'être abreuvé des conseils avisés de moi-même… une co-pilote hors-paire… gratos en plus !
Bref, donc, à l'arrivée de notre 2e grand voyage, tout poussiéreux (nous), transpirants, les cheveux cartonnés par la poussière… nous avons pris nos « appartements » dans une petite maison inhabitée depuis plusieurs mois, car la missionnaire qui y vit est en congé. La maison a été dépoussiérée, nettoyée avant notre arrivée. Bien en plus. Nous préparons les lits de camp, avec les draps amenés avec nous. Ecoutons sagement la leçon concernant la marche des WC : à nous d'en « doucher » l'intérieur et à en ouvrir le clapet pour en évacuer le contenu avec l'eau de la citerne, amenée là quotidiennement par un âne chargé de grosses outres, conduit par un jeune qui est allé les remplir au puits (c'est-à-dire qu'il a suffit de creuser dans le lit de la rivière asséchée pour y trouver un peu d'eau). Ouf. Vous avez suivi ? Oui, précieuse eau. Même si elle est brunâtre et imbuvable sans être filtrée ou cuite, pour nous, être fragiles des intestins…
Donc, à notre arrivée, ma grande fille Salomé, si courageuse dans ce pays où elle ne voulait pas mettre les pieds, se précipite la première dans la douche. Elle en sort. Puis, m'apprêtant à y aller, je laisse pour finir la place à mon homme… qui m'appelle discrètement quelques secondes plus tard : «  Sara, viens voir vite s'il te plaît ! ». Ouh la la… c'est louche. J'y vais, curieuse. Et là, mon homme me montre du doigt le fond de la douche : là, vers le mur, se tient un scorpion. Bien vivant. 5 cm le scorpion. Jamais vu un si grand au Tchad. ARGHHH !
Un cheveu de ma fille est accroché à son dard !
 Ma première réaction a été «  MERCI SEIGNEUR ! » Merci merci ! Ma fille a été gardée ! Si ça ne devait pas tomber sur quelqu'un, c'était bien sur elle ! Ses piqûres peuvent faire souffrir énormément pendant plusieurs jours, certaines personnes piquées ne peuvent plus marcher. Les habitants du pays disent aussi qu'elles peuvent tuer un bébé. Je dis à mon homme d'attendre et file chercher en douce mon appareil-photos. (car qu'est-ce qu'on peu bien prendre en photo dans une salle de bain, j'vous demande ?). J'immortalise l'intrus, avant que mon homme l'écrase férocement à armes pas tout à fait égales. Waouh. Quel combattant !
Sur le coup, nous réalisons VRAIMENT que le Seigneur est LÀ. Ce scorpion était tout près des pieds de ma fille. Si j'étais allée à la douche après elle, j'aurais enlevé mes lunettes… et ne l'aurais pas vu (je suis pas mal myope). En général, j'y vais toujours avant mon homme, si galant (oui, c'est des habitudes qu'on a comme ça).
Bref, cette histoire me touche… me fait vraiment réaliser Sa présence à nos côtés. Et je me dis que la plupart du temps nous ne réalisons rien, nous croyons que quand tout roule", c'est normal, et pourtant le Seigneur est là, à nos côtés nous protégeant sans relâche, guidant toutes choses !
Avec ma moitié, nous décidons de raconter cet épisode lorsque nous quitterons cette ville. Nous taisons aussi le fait, qu'une heure après, mon protecteur de mari a été appelé par moi-même pour y tuer à cet endroit-là encore 2 belles grandes araignées. MAIS, nous recommandons expressément et le plus discrètement possible à nos descendants tant aimés, de rester chaussés de leurs tongs dans la douche et on insiste souvent les jours suivants (bon, c'était peut-être un peu gros… mais on est en Afrique, tout y est étrange pour eux alors…un peu plus un peu d'moins) avec l'argument suivant : comme on est en brousse, vaut mieux faire attention.
Voilà, nous devions y dormir encore 2 nuits 1 semaine plus tard… mais la veille de la dernière nuit, je n'y ai plus trop pensé pendant qu'on regardait les photos de notre voyage sur l'ordi avec nos enfants. Et tout à coup, ce scorpion est là, sous leurs yeux, énorme, sur cet écran d'ordinateur. « C'était où ça ? C'était ici ? » s'exclament les gosses. «  Mais c'est un scorpion ! Hein, maman c'était ici ? ». « Ouais ouais, c'était par ici ». Bref, les questions vont bon train, je suis évasive, ma grande dégoûtée… Je leur dis que je leur raconterai le lendemain en détail. «  Ah ! c'était pour ça hein, qu'on devait garder nos tongs ? C'est dans la salle de bain, non ? ». Je reste énigmatique, une tombe… Arghhhh. Inutile de vous dire que Salomé ne s'est pas douchée ce jour-là.
Et le lendemain, nous lui avons raconté. Elle a réalisé la chose. Effarée. Je lui ai parlé des araignées, elle a dit, horrifiée, que pour elle c'était encore pire.
Voilà, ce fut notre dernier jour en brousse.



Sur la route du retour, jonchée d'êtres vivants (ou morts !) en tout genre, mon chauffeur préféré concentré au volant et les heures rythmées par l'ouverture et la fermeture des vitres du véhicule au grès des croisements de camion lançant des volutes de fumées noires épaisses ou/et de poussière, j'étais vraiment émue. Oui, le Seigneur nous a protégé. Des éléphants (!) mais aussi d'un scorpion, de tout ce qui me faisait peur. Certains diraient que c'est le hasard. Mais le hasard n'a-t-il pas un D à la fin (ça vient pas de moi mais c'est pas mal, hein ?)? Ce voyage est une réussite, sur toute la ligne. Mes enfants en seront marqués à jamais. Positivement. Je crois. J'espère.
En terre helvète, avant notre départ, écrasée par mon imagination débordante et tout ce qui pourrait arriver à mes schtroumpfs, et feuilletant ma Bible, je tombe sur ce verset du Psaume 121 : L'Eternel gardera ton départ et ton arrivée… Ce fut comme une promesse, qui m'a aidée quand revenaient m'assaillir ses pensées.


Alors que dire à part : MERCI SEIGNEUR ? Et que faire à part continuer de faire confiance à ce Dieu Créateur dont nous avons vu tant de merveilles ici ?

Commentaires

evalor a dit…
Oh merci pour ce beau descriptif de ce que vous avez vécu, mais surtout de la puissance de Dieu et de Sa protection! Quel Dieu GRAND nous avons! J'en suis toute émue! Merci merci, à Dieu va toute ma reconnaissance! Je vous embrasse tout fort et me réjouis de dimanche, de vous revoir tous, entier!!! Bisous
Evi a dit…
Excellent rapport! Tu n'as pas perdu ton style d'écriture en Afrique! :) Bienvenue de retour en Suisse. Oui Dieu est grand et bien plus grand que nous ne pouvons l'imaginer. Disons-LUI MERCI!
Allison a dit…
Bienvenue à la maison ! J'était contente d'apprendre que vous etes bien rentrés.... et que Léa ne s'est pas fait bouffé par une araignée ! :D

Posts les plus consultés de ce blog

Adultes que nous sommes...

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je me souviens qu'étant enfant, j'étais impatiente de devenir adulte. Je les admirais, ces grandes personnes qui me semblaient parfaites, fortes, biens dans leurs baskets.  Voilà, maintenant ça fait un bout de temps que je le suis. Pas parfaite, forte et toujours bien dans mes baskets, mais adulte.  Le Larousse m'explique le mot "adulte" : 1. Qui est parvenu au terme de sa croissance, à son plein développement.   2. Qui fait preuve d'équilibre, de maturité (par opposition à infantile) : Un comportement adulte. Bon, le point 1, c'est fastoche, pas trop d'efforts à faire. Concernant le point 2...  Bref. Je garde régulièrement mes 3 Petitesnanas adorées de 1 an et demi, presque 3 ans et 5 ans. Et je peux vous dire que c'est fantastique de voir la vie à travers leurs yeux ! Et non via le regard d'adulte blasée que je suis, qui manque beaucoup des petites choses jolies de la vie, mais n'oublie pas de r...

Rendez-vous honoré

Souvenez-vous de mon post dont le titre était "Rendez-vous manqué" ! Après avoir écrit cette chronique, qui en plus, a été publiée dans un journal, chronique que je voulais déculpabilisante, la question me revenait souvent : mais comment peux-tu manquer un rendez-vous pareil ? C'est un rendez-vous avec Dieu quand même ! N'y-a-t-il pas une meilleur solution pour l'honorer plus souvent ? Et la discipline, elle est où ?  Il m'a fallu quelques semaines pour prendre la décision de changer ma façon de faire (ou de ne pas faire) . Car ce précieux, ce smartphone-bouffeur-de-temps, perturbateur-de-programme, dès que je le prenais en main le matin, c'est lui qui décidait de ma journée. Cela fait quelques années que je ne dors plus avec mon smartphone à côté de moi. Mon réveil est ma montre connectée (si si, c'est quand même bien mieux !). Mon précieux, je l'abandonne souvent vers 20h à sa recharge un étage en-dessus. Avec ma Bible.  Eloigner ma Bible de mo...

Nouvelle saison

Voilà hyper longtemps que je n'avais plus été sur ce blog. Mais l'envie est toujours là. C'est fou comme j'ai moins le temps qu'à l'époque. Je vais essayer d'écrire à nouveau plus souvent. Essayer. Peut-être que la saison y sera propice. Nous avons eu 30 ans de mariage début juillet 2024. J'avais encore presque l'impression de vivre la  saison estivale de ma vie à cette époque. Et nous voilà 6 mois plus tard... Oui, nous avions encore un oisillon dans le nid, mon rôle de maman était encore opérationnel. Pas vraiment apprécié par l'oisillon devenu grand, mais bon. On est maman. On le reste. Et tant que nos petiots vivent sous notre toit, ben, on a bien de la peine à le lâcher, ce rôle-là : tu pourrais nettoyer ta chambre une fois ? - attention quand tu transportes ta tasse, des gouttes tombent par terre - tu as mangé assez au moins ? - c'est pas à toi cette chaussette ? - tu pourrais dire quand tu rentres plus tard que prévu quand même, j'...