La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


jeudi 22 août 2013

Il s'en est fallu de peu...

Je ne sais pas si vous avez eu le courage de lire tout mon post précédent... pas très positif au premier abord disons... Pour ceux qui ne l'ont pas lu, je parlais de la vie qui est si courte. Trop courte. Et qui peut s'arrêter brutalement, ou non. Tout ça je vous le racontais sur un petit air de vacances. Je me souviens que tout en écrivant ces mots, je pensais que ça pourrait aussi nous arriver à nous. Bientôt. Qu'est-ce qu'on en sait. Personne ne sait de quoi son avenir sera fait.

Je ne pensais pas si bien penser. Oui. Il s'en est fallu de peu que, pour nous aussi, notre vie s'abrège cet été. Ou qu'au moins nous vivions un gros drame.

Le retour de camping s'est très bien passé. Le temps de rester 3 jours à la maison,avec au programme de la lessive et les bagages... pour partir à 5 cette fois, et pas à 6 (nous laissions Manana 1ère s'occuper de la maison, des plantes et des chats), à une Convention à 3h de route d'ici, dans le pays d'à côté. Voiture pas trop chargée, peu de bagages pour juste 4 jours, mais quand même les deux guitares de fiston 1er et son ampli. Y faut c'qui faut.

15h. Pile à mi-chemin. Sur l'autoroute. A 3 voies. Sans voie d'arrêt d'urgence. Circulation moyenne avec beaucoup de camions. Nous sommes sur la voie "lente", à 130 km/h, tout à droite. D'un instant à l'autre, sans avertissement, mon homme à beau mettre les gaz, le moteur ne réagit plus. Tout en roulant de plus en plus lentement,  il réessaie plusieurs fois de remettre le moteur en marche. Rien. A part un bruit de moteur qui se met en marche sans se mettre en marche. 
On continue de rouler sur notre élan. L'autoroute est en pente, ça monte. Nous sommes dans un contour. On ne dit rien dans la voiture. Mon mari pense à tous les camions qui nous arrivent derrière. Nous ralentissons de plus en plus en haut de la pente, à la fin du contour. Les secondes sont longues.
Comme un mirage,  un "refuge" d'arrêt d'urgence apparait sous nos yeux :
- "Va-z-y, ne freine pas, là, tu peux t'arrêter !!!" que j'dis en sage que je suis.
On y arrive juste, avec les derniers sursauts de vie de notre véhicule. OUF.
Repérage de la borne pour savoir où on est.

Pendant que mon homme fait 1000 téléphones pour organiser notre dépannage, tout ça dans le silence (après coup j'ai su que ça turbinait à mort dans sa tête, si j'avais été plus attentive j'aurais vu la fumée sortir de ces oreilles), moi j'agis en mère-et-épouse-poule, me rappelant toutes les histoires de personnes fauchées sur l'autoroute. Les camions, les voitures, roulent à toute vitesse tout près de nous à notre gauche, à en donner le vertige. Je dis aux gosses de ne pas sortir, de ne pas ouvrir leurs portes, ni leurs fenêtres... Les minutes sont longues. D'autant plus que la chaleur tape sur la voiture avec passé 30°C dehors. On n'enlève la clim car on pense que c'est la batterie qui est au bout. J'ouvre les fenêtres. A ma droite (on sais jamais si une voiture rentre par la fenêtre de gauche...). On a presque plus d'eau.  Bon. Les enfants sont de mauvais poil en s'imaginant retourner à la maison. Moi, je suis à cran en imaginant tout ce qui peut arriver et en l'exprimant à haute voix, et mon mari que je crois à ce moment-là relativement zen, stresse à fond. En silence. Bon.

15h25. C'est fait. Les secours sont avertis. 45 minutes d'attente. Nous avons reçu l'ordre de sortir de la voiture où nous ne sommes pas tant en sécurité que ça en fait (même si les fenêtres sont fermées côté circulation), de sauter par-dessus la barrière de sécurité, après avoir enfilé nos gilets orange ou jaune vif et pris quelques affaires perso. Arrivés vivant dans les champs,  (à 2 mètres de la voiture, il a fallu tout de même les franchir, hein !)... nous buvons nos dernières gouttes d'eau, les gars profitent de faire un p'tit tour au p'tit coin bio du coin, arrosant des herbes assoiffées comme nous. Je stresse. Continue mon rôle de mère poule voulant réunir ses petiots sous ses ailes. Maintenant que tout est organisé. On se relâche. La tension monte.  Mes poussins s'énervent, me disent d'arrêter avec mes directives. Mon coq aussi. Les enfants ont peur de ne pouvoir aller à la Convention, ils en rêvaient tellement. Mon mari stresse à fond, vu que c'est le chef es family et qu'il sait qu'il aura pas mal de décisions à prendre dans les prochaines heures. Et moi je crains pour la vie de mon coq et de mes poussins et continue mes recommandations : 
- N'allez pas si près de la barrière, rester vers moi, non, pas besoin d'aller mettre le triangle sur l'autouroute, c'est trop dangereux... ohhhhhh ?!!!.... 
- Grrrrrr... fzrueidffffff
- Mais j'vous aime, je préfère vous donner trop de recommandations que pas assez et que notre famille soit amputée d'un membre ou plus !!!"
Joie, joie, mon coeur est plein de joie !

Il fait chaud. On transpire, on sue. J'en profite pour parfaire mon bronzage beige foncé. Chaque camion qui passe nous klaxonne un petit "pouet" d'encouragement. Ça fait du bien. Ça nous redonne le moral.  Le sourire revient sur nos visages. Ou presque. On leur fait des signes. Il fait chaud. Encore. Les minutes s'écoulent. Lentement.  Là, je me sens déjà plus en sécurité. Pas possible de nous faire écraser par un camion. Peut-être de mourir desséchés. C'est tout. 
Notre sauveteur !

15h45 : ohhhhhhh, notre sauveteur arrive déjà ! Tout sérieux. Concentré.  J'ai pas pu me retenir je me suis exclamé : 
- "Ohhhhhhh ! Merci merci notre sauveteur !!! "
Il m'a regardé un peu bizarrement (il a encore eu de la chance que je ne lui saute pas dans les bras). Mais bon. 
Presque en sécurité

Nous montons au milieu du camion, puisqu'à l'arrière c'est la place de notre voiture. Je suis heureuse. Supra soulagée. On est en vie. Tant pis pour la voiture. Mon coq, mes poussins. Tous sont en vie. Même s'ils ont la bouche à l'envers. Je fais un reportage photo de notre sauvetage. Ca énerve mes poussins. Je remercie Dieu pour cette place d'arrêt d'urgence juste au bon endroit. 

La fin de l'histoire, qui serait tout de même un peu longue à raconter dans les détails, c'est que c'est en train sans clim que nous avons fait le reste du voyage. Avec tous nos bagages. Heureusement, nos poussins, tels leur maman-poule adorée, sont musclés, ils ont bien pu aider.  Nous n'avons eu que 3-4 heures de retard. Puis nous avons eu une voiture de remplacement, puis une autre. En ce moment, notre voiture est encore hospitalisée. Arrivée en Suisse 1 semaine après nous. C'est la courroie du moteur qui a cassé. Et qui aurait dû être changée au dernier service. Mais le garagiste a reconnu ses tords.  Et l'erreur est humaine. Qui n'en fait jamais ? Mais ça n'empêche que je m'en serais bien passée !!! Reste que maintenant je suis impatiente de retrouver ma voiture. Ca j'vous dis. Car celle qu'on a en remplacement gratuitement, à part qu'elle roule (contrairement à la nôtre), n'est pas le modèle idéal pour notre famille (et pour un voyage chez Ikea).

Bref. Après coup, on a réalisé qu'on a eu vraiment chaud. Très CHAUD. Enfin. Chaud au propre on l'avait déjà remarqué. Au figuré j'entends. N'est-ce pas. Juste après un contour. A l'arrêt. Sur l'autoroute. Une collision en chaîne aurait bien pu se produire.

Cette expérience m'a permis de réaliser clairement que TOUTE notre vie est entre les mains du Seigneur. Que rien ne nous arrive qu'Il ne l'ait décidé. Que nous sommes gardés, incroyablement protégés. Là, pour nous, c'était net mais combien de fois nous le sommes et nous ne le réalisons pas ? Si c'est pas notre moment de quitter cette terre, ben, on ne la quittera pas. Là, je sais que Dieu veut encore nous laisser ici pour une raison... nous avons un rôle à jouer. Il veut probablement nous laisser encore un petit moment pour apprendre à le connaître et/ou le servir avec de petites comme de grandes choses. 

A présent, je peux faire mien ce verset de l'apôtre Paul, et chacun de nous peuvent le dire, j'en suis convaincue  : "Mais, grâce au secours de Dieu, j’ai subsisté jusqu’à ce jour,..." Actes 26 : 22