La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


mercredi 31 juillet 2013

Camping

Notre monde n'est-il pas un vaste camping ?


Je suis en vacances. Me sentant démunie après avoir lu avec avidité 7 merveilleux livres, j'ai commencé à observer où j'étais. C'était le moment. J'étais donc dans un camping. J'avais réservé moi-même, donc c'est sans surprise que j'ai réalisé que nous logions dans un bungalow. 33 m2. Pour 7 personnes (on est complètement fou en vacances, pensais-je... quitter notre confort pour ça). J'ai réalisé aussi que le ciel était bleu, que le soleil était là. Et qu'il faisait chaud. Très chaud. Voilà pourquoi j'étais collante. Ok. Et j'ai commencé à regarder autour de moi.

Tentes. Mobylhomes. Bungalows. Tous logés différemment nous nous côtoyons. Quelques jours. Dans les petites ruelles ça circule. Départ à la plage. Retour de la plage.  Là, je vois des jeunes fraîchement arrivés qui ont beaucoup de peine à monter leur tente. Sans aucune compassion, je ris. Là, de ma chaise longue. Eux n'ont pas l'air de trouver ça marrant. Il y a des mots plus hauts que d'autres. Hum. J'entends la grand-maman d'à côté sermonner sa petite-fille qui est insupportable apparemment, et qu'elle menace de ne plus reprendre l'année suivante. Là passe le jeune aux cheveux longs qui ressemble à une star (selon les dires de fiston 1er) anciennement révérée par mon aînée. Entre mes lectures, je me rends à la mer, au tir à l'arc, ou au petit marché (tout ça à pieds pour que je me fatigue un peu quand même), nous croisons du monde. Tiens là, un a-dul-te avec une coupe-bol (!)... j'avais jamais vu. Je le repérerai facilement celui là. Comme ce gars qui a l'air de passer ses vacances torse nu à pédaler nonchalamment sur son vélo : son coup de soleil devient d'un rouge plus intense au fil des jours. Effroyable. J'attends de voir les cloques. Mon mari me rapporte la discussion de gars se plaignant de leurs femmes, pénibles en vacances. Pas possible. Les femmes sont toujours faciles à vivre. Je regarde les plaques des voitures : tiens des belges. Là des suisses allemands. Là des vô-dois. Ohhh, des bernois. On croise le club des enfants, à pédaler à 7 sur leur rosalie à toute vitesse : on ne risque pas d'être écrasé, ils circulent avec la musique à fond et ça crie, ça rit, y a de l'ambiance. Bref. On voit de tout. Des jeunes familles, des couples âgés, des gros, des minces, des sportifs, des allemands, des gens venus en avion, des blancs (qui viennent d'arriver), des bronzés (qui partiront sûrement bientôt-faut-pas-abuser-quand-même-hein-déjà-qu'ils-sont-déjà-trop-bruns-bref), des rouges (qui se sont mal tartinés à la crème solaire ou qui n'avaient pas de femmes pénibles pour le leur rappeler), d'autres avec leur caravane, ou avec leurs chiens, ceux qui font des connaissances et viennent dans ce but (y qu'à regarder les  ados !), des lectrices-dont-je-suis, des cyclistes qui rougissent, ceux qui adoooooorent passer leurs vacances comme ci. D'autres plutôt comme ça. Ben ouais, y a pas à aller bien loin pour vérifier : mon mari avec mes p'tits gars courent de la piscine à la plage, du court de tennis à la table de ping-pong et du gril au marché. Moi je lis. Fais trempette. Et je lis encore après avoir fait trempette. Avec mes filles.

Chaque jour il y a des arrivées. Mais aussi des départs. Parfois, d'un moment à l'autre la place de camping est vide. On y a rien vu. D'autres fois on observe la veille que ça bouge sur une parcelle, surtout ceux qui ont des caravanes. Quel boulot ! C'est le branle-bas-de-combat (ça s'écrit comme ça ?). Ça balaye, ça plie, ça remet le frigo (!), le micro-onde (!) dans la caravane (ils étaient dehors durant toutes leurs vacances. Fou). Puis c'est le départ. Pas simple de sortir une caravane ou un mobile home de certains endroits exigus ! Mais quand c'est fait, c'est comme si les habitants du lieu se seraient volatilisés. D'un coup.
Un bungalow qui attend ses prochains vacanciers.

La tranquillité est revenue. La place de camping est inhabitée. Ou le bungalow est en stand by. Là où il y avait tant de vie...c'est mort. C'est étrange ce moment là. C'est caaaalme. Etrangement caaaaaalme. Beaucoup trop caaaaalme.

Rapidement, les employés du camping viennent effacer toutes traces des précédents locataires. Peut-être resteront-ils encore un peu dans nos mémoires. Un tout petit peu. Surtout les adultes à la coupe-bol. Et pourtant, ce sont des vacances qui auront marqué leurs vies. Qui auront compté pour eux.

L'après-midi même, d'autres prennent leur place. C'était qui déjà avant ???

Et ça recommence. Inlassablement. Des arrivées. Des départs.

Puis c'est notre tour. Tiens, déjà ? Les vacances tant attendues sont déjà terminées. Et oui, on y passe tous. Tôt ou tard. Snif.

Notre monde n'est-il pas un vaste camping ? On est de passage sur terre. On vit, on rit, on pleure. Puis c'est fini. Sans crier gare parfois (comme les 9 noyés du weekend passé au Sud de la France). Ou on a parfois le temps de plier bagages, de se préparer, de dire adieu. Mais vite, on est oublié. Les gens vivant autour de nous reprennent leur vie où ils l'ont laissée. La plupart du temps. 100 ans après, à moins d'avoir découvert l'Amérique (pis-c'est-d'jà-fait- donc-c'est-râpé), personne sur cette terre ne se souviendra même seulement de notre nom. Déprimant.

Profitons-en donc de cette vie. C'est pas si long. Utilisons ce temps de la meilleure manière possible. Selon nos possibilités. Qu'on soit en bungalow. Sous tente. Ou en luxueux mobile home. Pas pour qu'on se souvienne de nous dans 100 ans. Ça, il faut l'oublier. Mais  pour réfléchir où on ira après, hein, ça pourrait être utile. Parce qu'après, c'est plus long. Même plus long qu'être au boulot quand on attend les vacances. Vous voyez, quoi.


C'est dans la Bible (je suis pas d'une humeur "ecclésiastique" et loin de moi l'idée de vous donner le cafard dans ces beaux jours d'été, mais lisez toujours car c'est bien vrai et ça a le mérite de nous faire réfléchir, même pendant les vacances) :
"En effet, le souvenir que l'on garde du sage n'est pas plus durable que celui que l'on garde de l'homme stupide, puisque, dès les jours suivants, tout est oublié. Comment se fait-il que le sage meure tout comme l'homme stupide ?" Ecclésiaste 2 : 16
"J'ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, même si l'homme ne peut pas comprendre l'œuvre que Dieu accomplit du début à la fin. J'ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie, et que, si un homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c'est un cadeau de Dieu. J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, sans qu’on puisse ajouter ou enlever quoi que ce soit, et que Dieu agit de cette manière afin qu'on éprouve de la crainte devant lui." Ecclésiaste 3 : 12-14
"Une bonne réputation vaut mieux qu’un bon parfum, et le jour de la mort que le jour de la naissance. Mieux vaut se rendre dans une maison de deuil que dans une maison de festin, car telle est la fin de tout homme, et celui qui est en vie peut ainsi se mettre à réfléchir." Ecclésiaste 7 :1

vendredi 12 juillet 2013

Les 14 commandements de mon été à moi

 (un pour chaque jour de mes vacances)
Petit exercice pratique de 2 minutes avant de le faire en vrai !


1. La plage, les vagues et le sable j'apprécierai 

Ah ben oui... en pensant 1/4 de seconde à ceux qui continuent de bosser

2. Dans la mer m'y baignerai 

Entièrement même si c'est en-dessous de 25°C

3. Chaque poil traquerai 

Je parle des miens seulement... bien sûr

4. Ma Bible je méditerai 

Même si c'est bizarrement plus difficile de prendre le temps en vacances...

5. Aux écrans me désintoxiquerai 

I-Phone éteint. Point. Aïe. Challenge.

6. L'heure qui tourne oublierai 

Petit truc, ne pas mettre ma montre. Na.

7. Grasse matinée je ferai
Jusqu'à 9h = grass mat !

8. Le temps pour ma famille je prendrai

Pour jouer à des jeux de société, rigoler, faire la folle et glander

9. Sur le ménage mes yeux fermerai

Ou je mettrai les enfants sur le coup

10. Photos de famille je ferai 

Matin-soir à la plage, en gérant les récalcitrants-râleurs-pas-motivés-qui-seront-obligés-de -faire-un-sourire-de-toute-façon-même-s'ils-sont-pas-contents...

11. Mes orteils en éventail mettrai 

Dès que possible 

12. A chaque moment mon 
mari admirerai
Quand il achètera la viande, déballera la viande, grillera la viande, mangera le viande. Voir ici

13. Mes 5 livres sur ma chaise-longue lirai
Ca, c'est la Décontraction avec un grand D

14. Au soleil même absent je croirai
Il est là, toujours, même derrière les nuages.

Et pour tout ça, reconnaissante envers Dieu je serai


dimanche 7 juillet 2013

Moi : boulot. Eux : vacances. Ou : une histoire de mammouths.

Me voilà tiraillée. Ecartelée. Dans les tripes. Là. Bien au fond. Dans le tréfonds de moi. 
C'est les vacances. Tant attendues. Mais pas les miennes. Juste celles de mes enfants. De mes trois petiots. Mon aînée, pas de vacances. Mon mari, pas de vacances. Moi, pas de vacances. Bien au contraire. Déjà que ça m'était dur de laisser mes petiots seuls 1 heure ou 2 à la maison quand je travaille et quand ils ont l'école (mais je m'y suis fait voyant leur joie d'être... sans moi), là je les laisserai seuls, quand moi je remplacerai en partie une collègue qui a bien besoin de ses vacances (après, c'est moi. Na). Ce qui augmentera mon taux d'absence de la maison de 2 à 3 jours par semaine. Eh oui, dans un hôpital, y a toujours du boulot. C'est comme ça.

Me voilà donc écartelée. Tiraillée. Pas bien dans moi. Et j'analyse. J'analyse ce fait. Pourquoi, moi, je le suis ? Et pas mon homme, laissant seuls lui aussi ses, tout-autant-les-siens-que-les-miens-je-peux-vous-l'assurer, petiots ?

Il m'arrive de réfléchir. Parfois. Et mon esprit s'en va dans des temps éloignés. Anciens. Très. Au tant des... Cro-Magnons. Là est peut-être l'explication. Ben ouais. Il fallait tout de même y penser. Hein ? Oui. Il m'arrive de réfléchir.

Pour Môsieur Cro-Magnon (est-ce qu'ils s'appelaient Môsieur entre eux, j'en doute), sa vie se limite à la chasse. A préparer ses outils. Pour la chasse. A se lever à l'aurore. Pour la chasse. Du mammouth. Tout ça pour nourrir sa famille. Sans oublier de remplir son estomac à lui. Bien sûr. Voilà son but, sa raison de vivre : maintenir les siens dans le meilleur état possible. Donc aussi à défendre son clan. Contre des autres chasseurs qui se permettent de chasser eux aussi des mammouths (et oui, pour le mâle, depuis la nuit des temps-la preuve- plus grand est le steak, mieux c'est. Ben ouais.). Il doit se concentrer, chasser la bête. Bête animale ou humaine. Perfectionner ses outils. Ramener à l'aide de ses collègues-chasseurs des mammouths, et encore des mammouths (on se demande du coup plus pourquoi y en a plus). Et  ses journées se passent ainsi, restant concentré sur une chose à la fois soit : 1. Trouver la bête 2. Tuer la bête 3. Ramener la bête (il peut marcher des heures avec son mammouth sur le dos en ne pensant qu'à ça)  4. En arrivant, il s'attend, parfois en vain malheureusement, aux exclamations d'admiration de sa moitié devant le plus beau gros obèse de mammouth qu'il lui apporte. 5. Puis très rapidement, point 4 ou non s'étant réalisé  : à quelle sauce va être mangée la bête (LA chose la plus importante pour LE mâle. LE vrai)... Oui, tout ça grâce à Madame Cro-Magnon, car Il le sait au tréfonds de lui dans ses tripes, qu'elle s'occupe parfaitement bien de la caverne et de ce qu'elle contient (enfants, peaux de mammouths, outre en peaux de mammouths, vêtements en peaux de mammouths, etc. Pas d'angoisse pour lui à l'époque car la carte Visa n'existait tout simplement pas...). Lui, il se concentre donc, au-risque-de-me-répéter-mais-comme-ça-je-suis-sûre-que-vous-avez-compris, sur la chasse. C'est son job. Point.

Pour Madame Cro-Magnon... comme vous l'avez deviné sûrement, ses journées se passent à la caverne attendant son fier mâle-chasseur de mammouth (le meilleur et le plus beau du clan bien sûr, c'est-à-dire le plus poilu). Elle cherche du bois pour le feu. A la source, elle remplit d'eau ses outres de cuir de mammouth. Tout ça enceinte jusqu'aux yeux. Surveillant de ses 5 sens ses marmots : les p'tits mâles jouant à... vous l'aurez deviné, chasser le mammouth, les p'tites filles (non non, je n'écrirai pas femelles) s'amusant gaiement avec des restes de peaux de mammouths faisant office de poupées. Bref, Madame CM, attend son chasseur de mari tout en balayant sa caverne (rêvant déjà à un Dyson, je puis vous l'assurer), accouchant dans la douleur (tout en imaginant déjà la péridurale), et se demandant QUAND son CM d'homme reviendra enfin (les enfants crèvent de faim, là, ils pleurent, et moi j'suis en train d'accoucher et l'eau bout sur le feu). Et oui... c'est en ce temps-là, qui l'aurait cru, que dans l'esprit de ces illustres femmes,  germait déjà l'idée qu'un morceau d'écorce contenant quelques infos serait pratique : et oui, les prémices de l'Iphone et de son appli Mes Amis (déjà mentionnée dans le post précédent) étaient nés. Madame donc, fourmille d'idées de toutes sortes, pense à tout ce qu'elle dira à son CM-chéri dès qu'il rentrera fatigué-épuisé-plein de sang de mammouth sur la figure-pensant qu'à manger et pas à se doucher.  Elle lui expliquera ce qu'il pourrait faire pour améliorer leur caverne genre : pourquoi ne pas avoir deux peaux de mammouth pour dormir, au lieu d'une, ce serait pas mieux, dit, pour moins s'énerver tous les deux la nuit ? (et pressée de lui partager toutes ses idées en oubliera d'être émerveillée face au super mammouth ramené à la caverne... bon du coup, il faut dire que c'est serré-serré là-dedans)

Retour en 2013. Me voilà rassurée. Depuis la nuit des temps donc, nous, femmes, sommes formatées pour nous occuper de notre foyer en attendant notre moitié. C'est pourquoi, nous, on cul-pa-bi-li-se si on y est pas. On se sent supra responsables de nos petiots. On pense à tout ce qui pourrait leur arriver genre se brûler dans le feu (voir n'importe quoi sur internet), se blesser avec le silex (le couteau de la cuisine quand ils rangent le lave-vaisselle), être attaqué par une bande de mammouths (des voleurs dans notre maison), ou de chasseurs de l'autre clan (des enfants pas très sympas, etc). Nos hommes, eux, sont satisfaits s'ils peuvent amener à leur famille ce qu'il leur faut pour vivre. Pour vivre le mieux possible. Tout en sachant bien sûr, que leur épouse si parfaite s'occupe de toute façon de tout dans son foyer. Même si elle y est absente (!?!). Tout en nous assurant dans nos moments de culpabilite aiguë que... ben, on a pas de souci à nous faire. Ils sont déjà grands nos petiots. Voyons. Grands et forts. Bien sûr. Comme leur géniteur (mais ils ont besoin de moââââ qu'on pense dans nos tripes, même si personne ne le réalise !).

Eh oui. Je ne suis pas une féministe.  Je suis juste convaincue de nos rôles respectifs. Complémentaires. Notre culture européenne actuelle prône l'interchangeabilité des rôles masculin-féminin. Nous, femmes, baignant dans tout ça, devenons plus exigeantes face à nos mâles qui sont pourtant hommes. Non, nous ne serons jamais tout à fait comme eux. Ni eux tout à fait comme nous. On voudrait même pas. Les voir nous piquer notre mascara. Beurk. Voilà.



PS : comme vous l'aurez probablement remarqué, j'y connais pas grand chose aux Cro-Magnons. J'ai même pas contrôlé la véracité de mes propos. Je suis tout de même quasi sûre que leur vie était un chouia moins confortable que pour nous et qu'ils n'avaient pas d'Iphone. Ni le Dyson. En fait.