La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...



MON NOUVEAU SITE : WWW.SARAHSIMONIN.COM

mercredi 15 mai 2019

40 ans plus tard.

Nous voilà tous dans la maison de mes parents. 
Il y a 41 ans, lorsqu'ils y ont emménagés, nous étions 5. Mais il y a eu multiplication : nous voilà 21. 
Arrière-grands-parents/grands-parents/parents/enfants/petits-enfants/belles-filles/beau-fils/arrière-petite-fille...

Mes parents sont riches d'une grande famille qui se multipliera encore. Probablement. Non non, ça ne viendra pas de moi. 

Nous aimons être ensemble. Les cousins sont super heureux de se retrouver. Les frangins-frangine aussi. Ça blablate, ça discute, ça se chamaille, ça pleurniche, ça rigole, ça mange l'apéro. Mamanamoi et Papaamoi regardent d'un oeil fier toute cette panoplie d'êtres différents plus ou moins avancés en âge qui ont envahi leur maison pour y mettre quelque animation. 
Pour la dernière fois. 
Oui, ceci est une rencontre d'adieu à la maison de notre enfance. Mamanamoi et Papaamoi vont déménager dans plus petit.

La star du jour est la maison. Bien sûr. Mais la dernière arrivée dans la famille lui vole un peu la vedette. 2 mois et demi. Et craquante. Tout le monde veut porter Ptitenana. La soupeser. Montrer leur super technique pour la consoler. Chacun veut lui arracher un sourire. Le plus beau. Gouzi-gouzi !

On se bat un peu :
- Hey, je peux la porter ? Tu l'as eu déjà longtemps! 
- Donne-la moi,  je l'ai portée qu'une fois depuis sa naissance! 
- Regarde comme j'arrive bien à la consoler en la portant comme ça. 
- Ohh, elle pleure, elle doit avoir faim. 
- Elle bave, elle commence déjà à faire ses dents ? 
- Beuuuuuurk, elle a fait un gros caca jusque dans le dos... ça pue !
- Mais non, sens, ça pue pas c'est du lait maternel transformé.
- Qui veut la changer ? 
Tout à coup, personne. Le vide autour d'elle. Il ne faut pas abuser de l'amour familial quand même. 

Bon, la raison maison reprend le dessus. Avec mes frangins nous déambulons dans chaque pièce et nous nous souvenons. Dans la chambre de nos parents nous ne manquons pas de laisser des traces : cadres à l'envers, tiroirs échangés, articles mis sous le duvet, TV écran contre le mur... Sales gosses. Puis, nous nous retrouvons face à LA photo de notre enfance prise dans cette maison il y a presque 40 ans, derrière les balustrades de l'escalier... juste notre visage se voyait entre deux montants.... Chiche on la refait, avant qu'on ne puisse plus !

Motivés, on s'installe derrière la balustrade, difficilement, il faut le dire :  on doit se plier ! On est plus larges, plus grands, moins souples. Monpapa nous reprend en photo. On essaie de faire la même bouille. Le même sourire. Petitfrère a de la peine, il n'aurait pas dû bouger il y a 40 ans, il le paie aujourd'hui ! Haha ! On patiente, on se relève et on se réinstalle plusieurs fois. Toujours plus difficilement. 
- Ah mais laisse-moi de la place, 
- Je mets mon bras sur toi, pousse-toi un peu !
- Attends, on voit tes bras !
- Non non, ta tête était plus penchée ! 

40 prises de vue plus tard on se relève avec grincements et des aïe-ouïes sonores. On se déplie gentiment. Ça craque. Je sue. Quels efforts surhumains ! Pffff. 
Pour la première photo, ça avait été plus facile ;-) !

Nous aurions voulu refaire plusieurs photos pareillement, malheureusement les albums sont déjà empaquetés. Dommage. Mais au moins on en tient une. 

La vie passe. Nous ne mettrons plus les pieds dans cette maison. Une nouvelle génération arrive. 
C'est beau. Et en même temps... Nostalgie.

Le p'tit mot spi
Ces moments nous montrent encore une fois que la vie est en perpétuel mouvement. Que l'on nait, que l'on vit, puis que l'on meurt. Nous ne sommes pas grand chose. Pas plus importants qu'une autre personne. Pas plus importants que la génération précédente. 

Mais la famille, quel cadeau ! Merci !

'Une génération s'en va, une autre arrive et la terre est toujours là. Ce qui a existé, c'est ce qui existera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. ' 
Ecclésiaste 1:4,9

Plus je vais, plus Dieu me fait la grâce de comprendre que je n'ai qu'une vie à vivre sur la terre et que pour semer, cette vie est bien courte en comparaison de l'éternité où nous moissonnerons. 
George Müller


PS : c'est pas que je ne veux plus vous partager ce que Cunégonde m'écrit, c'est juste qu'elle ne m'écrit plus ! J'espère recevoir bientôt un de ses courriers. Je vous tiens au courant.

mercredi 1 mai 2019

Un cadeau pour les mamans

C'est bientôt la fête des mamans ! 

Et pourquoi ne pas offrir un de mes livres 
(ou les deux, oui j'exagère je sais) 
à une maman qui est vous est chère ?

Un peu d'humour, d'encouragement, de foi, de "ah chez elle aussi", un peu de préados, d'ados, un peu de jeunes adultes, un peu beaucoup de chaussettes, un peu de prises de tête, de vie de famille normale, quoi.

Toutes les infos sur mes livres et où et comment 
vous pouvez vous les procurer sont sur mon site !


Alors j'espère à bientôt !

Sarah


PS : et si vous l'avez déjà lu et qu'il vous a plu (ou pas), 
vos commentaires sont bienvenus !


dimanche 21 avril 2019

Premières fois

Chère Cunégonde,

Je t'écris déjà à nouveau car je veux t'annoncer des trucs de "ouf" que j'ai vécu cette semaine : quelques premières fois.

Cette semaine, je suis allée à l'université, pour la première fois. Manana 1ère m'a invitée à venir à un cours pour "voir comment c'est". Trop reconnaissante envers Manana 1ère d'avoir pu l'accompagner dans cette classe de plus de 150 élèves où j'étais clairement la maman de chacun, et la soeur très aînée de la maîtresse professeure. Le cours, qui traitait de la dépression, du suicide et des phobies étaient fort intéressant et j'y retournerais bien pour la suite. Mais bon. Oui, j'ai eu la chance de pouvoir accompagner Manana 1ère, mais avec deux restrictions de taille :
1. Interdit de prendre des notes sur son smartphone :
- Ahhhh, non, non, non, et si la prof croit que tu joues à Hay Day pour t'occuper ? La honte !
2. Au moment où, assise dans l'auditoire, je sors mon ordi portable, et quelque chose tombe par terre, Manana 1ère, sous le choc :
- Non !?!, tu n'as pas pris ta souris ??? Non, non, tu peux pas !!!
Je l'ai vite rangée. 
Bon. Le poids des générations s'est fait sentir. Heureusement que j'avais mon ordi pour me cacher derrière. 

Hier, j'ai tondu le gazon pour la première fois de l'année de ma vie. Oui ! Cela me choque moi-même ! Mais j'ai toujours eu quelques esclaves autour de moi pour le faire à ma place. Ou des jeunes avides de petits sous. Mon Nommamoi, occupé ailleurs dans le jardin, m'a enseigné la théorie, mais difficile pour moi d'enclencher le moteur. Pas de force dans le bras.  Il a dû venir quelques fois à ma rescousse.  Tenir la barre avec les doigts pour que le moteur ne s'arrête pas, tourner la tondeuse à la force de mes bras et de mon dos, tirer avec force et rapidement du bras droit  le "trucmuch" pour enclencher le moteur, soulever le sac plein de gazon pour le vider dans la poubelle verte... Tourner autour des petits pâquerettes et des primevères pour ne pas les tondre (oui, mon coeur ne pouvait pas)... Par chance,  nous avons un petit terrain, sans talus, ça limitait les efforts. Mais, ce matin, mes doigts, mes bras et mon dos sont en compote. Et même mes mollets. Mais pourquoi mes mollets ?
Bon. La vieillesse de mon corps se fait sentir. 

Avant-hier, nous étions au culte de Vendredi Saint. L'orateur a parlé de tout son coeur et avec verve des 7 paroles de Jésus sur La Croix. Quelles sont-elles ?

1. Père pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. (Luc 23.34)
2. Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis. (Luc 23.43)
3. Jésus voyant sa mère, et auprès d'elle le disciple qu'il aimait, il dit à sa mère : "Femme, voici ton fils". Puis il dit au disciple: "Voici ta mère". (Jean 19.26-27)
4. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? (Matthieu 27 : 46)
5. J'ai soif (Jean 19:28)
6. Tout est accompli (Jean 19:30)
7. Père, je remets mon esprit entre tes mains (Luc 23 :46)
Un petit développement de ces 7 paroles ici.

A la fin, mon Nommamoi et moi-même ne pouvions retenir nos larmes. C'est la première fois qu'à un culte, tous les deux en même temps nous étions en pleurs !!! Chercher un mouchoir, se moucher, essuyer nos larmes (par chance, mon Nommamoi n'avait pas mis de mascara, le veinard).  Wouahhh, ce que le Seigneur a fait pour moi ! J'avais honte de tous mes agacements bien humains, de mon moi qui pleurniche pour rien. Pardon, Seigneur !

Voilà. Aujourd'hui, c'est Pâques. Nous nous souvenons que Jésus est ressuscité !!! C'est le temps du renouveau, des premières fois peut-être ! Chère Cunégonde, et si tu te posais sérieusement la question de la véracité de ce que ce Dieu d'amour à fait pour toi à la Croix ?

En attendant un petit mot de ta part, je te souhaite une jolie journée pascale ! Tu as déjà pensé organiser une chasse aux oeufs dans le train ? Oui ? Non ? Je sais, ça roule les oeufs, ce serait peut-être pas top, mais ils seraient cuits quand même...

A la revoyure, chère Cunégonde !

Sarah la mémé.

jeudi 18 avril 2019

Devenir grand-mère... et juste après !

Chère Cunégonde !

J'ai même pas honte de ne pas t'avoir répondu avant. Déjà, j'ai été submergée d'activités, mais aussi d'inactivité puisque durant plus de deux semaines j'ai été grippée, donc état second et impossibilité de faire un gros bisous à ma petite-fille. C'était dur. Mon deuxième livre est également sorti, les envois, la communication avec mes lectrices, la publicité et les contacts avec les librairies m'ont pris pas mal de temps. Mais là, je prends le temps au tout de début de mes vacances pour enfin te répondre, surtout sur le sujet que je t'avais promis  : que vit-on quand on devient grand-mère. Surprenant.

Déjà merci pour tes félicitations, reçues il y a bien longtemps et cela me touche que tu prennes le temps pour moi. Franchement, sérieusement, je n'y suis pour RIEN dans cette naissance, même que tout le monde essaie de me faire croire le contraire. 
Tu ne m'as toujours pas raconté comment ton courrier arrive chez moi, sans adresse et sans timbre ? J'ai beau me creuser la cervelle... en même temps j'ai d'autres choses à penser.

Bon, venons-en au sujet promis...
Ce qui est intéressant c'est que, quand on devient grand-mère, on ne s'attend à rien, à part devenir grand-mère, bien sûr. On n'a pas besoin de penser aux faites-parts, aux prochaines nuits sans sommeil, aux douleurs de l'accouchement, et tous les tracas petits et grands qui surviennent à la venue d'un bébé. On ne s'attend surtout pas à recevoir des... félicitations, justement.

Dès le matin de la naissance, les messages ont envahis ma page Facebook, les notifications WhatsApp se sont enchaînées et déchaînées sur mon smartphone. Des messages venus de loin, des messages venus de personnes avec lesquelles je n'avais plus eu aucun contact depuis des années  ! 
Bien sûr, les grands-parents que nous sommes en étaient responsables, car nous avons partagé sans restrictions la nouvelle sur les réseaux sociaux (avec l'approbation des heureux parents) à l'aide de quelques photos de Ptitenana et nos mines d'adoration joyeuse devant ce miracle. 
Bref, pendant les jours qui ont suivis, on a passé énormément de temps à répondre aux messages, à embrasser des gens qui ne nous embrassent jamais en temps normal (même ma Mamanamoi, devenue arrière-grand-mère, a vécu cela),... nous ne croisions plus que des gens qui devenaient joyeux instantanément dès qu'ils nous voyaient ! Mon Nommamoi, fier comme un coq, a payé les croissants à ses collègues, il a également reçu une carte de félicitations d'un autre bureau (oui, d'autres hommes !) ! Pour ma part, on m'a offert un cadeau : un tablier et des gants de cuisine pour enfant, à garder chez moi pour cuisiner avec Ptitenana dans quelques années ! (du coup, il faudra quand même que je me mette à aimer faire la popote)

Mais la question qui est revenue le plus souvent, et toi, chère Cunégonde, tu as aussi osé la poser  (!), c'est : 
- Alooooooors, tu t'es mise au tricot ??? 
Non mais. C'est quoi cette croyance qu'on ne peut être grand-mère sans savoir tricoter !
Deux jours après la naissance, on sonne chez nous. C'est une dame qui passe chaque semaine chez nous pour nous amener des produits frais.
Je ne m'attends pas à ça :
- Vous êtes grand-mère alors ? Pour faire partie du club des grands-mères il faut savoir tricoter ! Vous savez tricoter ? Non ? Mais ça se fait pas si vous voulez faire partie du club ! Voilà, je vais vous montrer !
Elle me tend un tricot... A ce moment-là, je rigole moyen, car elle a l'air vraiment très motivée à m'apprendre à tricoter, en plus c'est une façon de tricoter espagnole avec une seule aiguille. Je l'invite donc à rentrer. Elle me montre comment ça se fait. Manana 2e s'approche, très intéressée.
- Regardez, c'est tout simple ! Il suffit de faire comme ça, puis de passer la laine par là-dessus, puis après de la passer par là-dessous, et après il faut faire comme ça, puis ci puis ça, puis blablabla- et blablabli...
Mes yeux virevoltent, je n'arrive juste pas à suivre, je trouve pas ça simple du tout. Je transpire, j'ai des sueurs froides. Manana 2e elle, ne loupe rien.
Puis elle conclut, passionnée : 
- Et après il suffit de couper là pour les franges. Vous voyez, c'est tout simple, hein ?
Je réponds timidement :
- Je n'ai absolument rien suivi, et vous savez c'est pas mon truc. Mais la laine est jolie et très douce.
- Vous voulez que je vous apprenne ? Parce que sinon vous ne pouvez pas faire partie du club des grands-mères...
Manana 2e à côté de moi est rayonnante, toute ouïe, elle ne manque aucun de ses gestes :
- Euhhh, moi non, mais je crois que ma fille est intéressée, elle est douée de ses mains, elle. 
- OK, bon, ben d'accord (elle est tout de même déçue), alors achète des pelotes et je te montrerai comment on fait ça. 
Elle me montre encore un catalogue de modèles faits avec cette technique, essayant de me faire changer d'avis, j'imagine. Mais ça ne marche pas non plus.
Je ne serai donc jamais une vraie grand-mère... aux yeux de certaines personnes.

J'apprécie beaucoup madame-aux-produits-frais, elle est très sympa et c'est mon amie FB (c'est comme ça qu'elle a appris mon nouveau statut). 
Je rigole en pensant à cette épisode. Cela me touche qu'elle ai pensé me coacher pour que je mérite mon nouveau statut. Si je savais tricoter, alors là, je mériterais les félicitations du monde entier !

Oui, être grand-mère implique beaucoup de choses. C'est pas tout simple. Cela demande plus de temps qu'on ne le croit dès le départ. Et non, je ne tricoterai pas. Si tu veux aller voir, j'avais fait un post à l'époque sur le sujet, déjà : ici.

Alors, concernant la pelote que tu m'as envoyée, c'est tout de même sympa d'avoir pensé à moi, mais c'est Manana 2e qui l'utilisera. 

Voilà. 
J'ai bien aimé ton passage où tu m'écris que tu as de la peine à voir la beauté autour de toi. Comme nous tous en fait. Comme moi en tout cas. Je vois trop souvent le verre à moitié vide plutôt qu'à moitié plein. Oui, je suis d'accord avec toi, on ne mérite pas toute cette beauté. Et oui, je la vois aussi comme un cadeau. Mais as-tu déjà réfléchi de qui cela pouvait venir ? Car un cadeau, ça ne tombe pas du ciel ! Ou au contraire, justement, un cadeau vient forcément du ciel !
Il y a un verset de la Bible qui parle de ça :
'Tout ce qui nous arrive de bon, tous les plus beaux cadeaux viennent d’en haut. Ils viennent de Dieu, le créateur du soleil et des étoiles. Chez lui, il n’y a pas de changement, pas de mouvement, pas d’ombre. ' Jacques 1:17 (PDV 2017)

Mais je sais, comme on essaie en vain de me convaincre de faire du tricot, c'est pas évident parfois de convaincre  qu'un tel Dieu d'amour existe. Il faut déjà se donner les moyens d'y croire. Il est clair que pour le tricot, perso, je n'essaie même pas de faire le moindre effort. Je zappe directement. Mais la comparaison s'arrête là. Car en même temps, le tricot ne change rien à ma vie... mais la relation avec Dieu, oui. 

Voilà, chère Cunégonde. J'espère que tu vas bien. L'autre jour j'étais dans le train, je ne t'ai même pas croisée. Dommage. J'aurais comme ça été quitte de t'écrire ce courrier. 
Prends soin de toi ! Et si tu as besoin de quelqu'un pour épancher tes états d'âme, je suis là !  Quand as-tu pour la dernière fois pris du temps pour te coudre une nouvelle robe moyenâgeuse ? 

A la revoyure & joyeuses fêtes de Pâques !

Sarah

PS : et arrête de faire lire mes courriers à tout le monde ! J'ai plein de retour de gens qui auraient lu mes courriers qui te sont adressés personnellement.

Mon 2e livre est en vente dans une dizaine d'endroits en Suisse romande. Voir la liste sur mon blog, colonne à gauche ou sous "contact" sur mon site ci-dessous. 
Toujours dispo via mon site : www.sarahsimonin.com 
Suisse : 25.- & 7.- de port. 
Pour l'Europe 20€ et 9€ de port. 

vendredi 22 mars 2019

Mon 2e livre sort le 1er avril !

Ma tribu, les chaussettes, moi 
   et Dieu dans tout ça ?

Voilà le titre de mon deuxième livre, qui regroupe 50 chroniques issues de mon blog (03.2015 à 09.2017), remaniées, corrigées, complétées donc, j'espère, améliorées... et illustrées par des photos en couleur.

Il a failli ne pas sortir... deux maisons d'édition m'ayant essuyé un refus.

J'ai failli tout laisser tomber.

Mais s'il est là, maintenant, prêt à venir chez vous, c'est grâce à vous :
Oui, grâce à vos encouragements, vos retours positifs, vos petits mots jolis, vos rires aussi, et votre question récurrente : alors, quand sort-il, ton 2e livre ???

Ben voilà. Prise d'une énergie subite venue forcément d'En-Haut, et d'une imprimerie qui m'a tout de suite prise dans ses filets douillets (si si) et m'a mise à l'aise face à ce nouveau défi, bref, dès le tout début du mois de janvier je me suis lancée dans la mise en page de mon 2e livre, mise en page qui a duré plusieurs semaines d'intense travail fait et re-fait ! 
Oufff. Quelle looooongue phrase.

Je suis trop heureuse du résultat. Il n'est pas parfait, mais il me ressemble (donc il n'est vraiment pas parfait). 
370 grammes & 344 pages, 14,8x14,8 cm
J'aime son petit format carré, sa prise en main, et même sa douceur au toucher. Pour ce qui est de l'intérieur, ce sera à vous de me donner votre avis !

Alors, comment l'obtenir ?
Les précommandes sont ouvertes !

Vous pouvez m'écrire ici sarahsimonin@bluemail.ch et me donner vos coordonnées. Si vous me le demandez, je vous ferai une petite dédicace ! (j'ai pas une écriture fabuleuse mais je me donnerai de la peine, promis)

Pour la Suisse, j'enverrai les commandes pour que vous le receviez tout début avril.

Possible de le commander depuis la France : je le posterai depuis votre pays durant la première moitié d'avril dès que j'ai assez de commandes, cela limitera vos frais de port. Dites-moi juste quelles sont vos possibilités pour payer : PayPal (le plus pratique, via mon adresse mail ci-dessus), par compte bancaire, ou... par courrier postal (mais là il faudra être discret)...

MAIS J'OUBLIE LE PRIX ! 
25 frs + 7 frs de port pour les Helvètes, 20€ + 6€ pour la France  ! 
Pour les autres pays, me contacter.


Voilà !

Je me réjouis que ce livre parte à votre rencontre !

A bientôt ! 

Sarah


jeudi 21 mars 2019

Félicitations grand-mère !

Oye Gente dame  !

Mais alors, toutes mes félicitations moyenâgeuses de moi-même pour la nouvelle grand-mère !
Alooooooors, tu t'es mise au tricot ?

Merci pour le compte-rendu de ce weekend si épuisant pour toi.... franchement, ce n'est que le début ! J'en entends des coeurs de grand-mères qui s'épanchent lors de mes voyages ferroviaires ! Celles qui ne voient pas assez leurs petits-enfants, celles qui sont épuisées de les garder tout le temps, celles qui sont désespérées de les voir toujours derrière les écrans, celles qui sont en souci car ils ne sont pas assez sainement nourris, mais celles aussi, toutes fières, de leur avoir tricoté un beau pull avec de jolis dessins de tresses, puis tellement frustrées qu'ils ne les mettent jamais... ou se doutant qu'ils les mettent juste quand elle les rencontre (et forcés par leur maman) !

Excuse-moi, gente dame, je m'emporte... à force de rencontrer des gens pas très heureux, j'en oublie que la vie n'est pas faite que de malheurs. J'en oublie de voir la beauté des nombreux paysages que je traverse, la beauté d'un sourire qui m'est adressé, la beauté d'une naissance, la beauté d'une larme de joie, la beauté d'un rire, la beauté de l'amour et de l'amitié... je sais que j'en oublie de m'en réjouir. Car si le malheur me fait mal et me révolte, j'en oublie que la beauté de la vie est cadeau. Qu'on ne la mérite pas. Ou si peu... reste à savoir s'Il y a un Dieu derrière tout ça comme toi, tu le crois... c'est une autre histoire.

J'essaie, par mon écoute, d'écouter les coeurs blessés, pour apaiser leurs craintes, leur tristesse,...
Et voilà, je reparle de moi... en même temps, personne ne m'écoute, moi, en général.

Félicitations gente dame Sarah ! Tu me montreras une fois ce que tu as tricoté à P'titenana (quel drôle de prénom tout de même !).

J'attends ton prochain courrier (presque) avec impatience.

Je te laisse.

A la revoyure ! (oui, oui, ça se dit comme ça à mon époque)

Porte-toi bien !

Ta dévouée servante,

                                                                 Cunégonde



PS : voilà une pelote que j'ai trouvée sous un siège, j'ai pensé à toi, cela pourrait te rendre service à présent, je te l'envoie.

jeudi 14 mars 2019

Un weekend épuisant

Ma chère Cunégonde !

Oh, je n'y croyais plus. Je commençais même à douter de t'avoir réellement croisée un jour. Parfois ma mémoire me joue des tours... mais oui, ta lettre m'a confirmé non seulement que tu existes mais aussi que je n'ai pas complètement perdu la tête ! Quel soulagement !

Oui, je suis grand-mère ! Mon changement de statut s'est fait il y a 10 jours, mais non sans mal ! Ah oui, ça a été bien compliqué, éprouvant pour mes nerfs... Ahhh, je ne sais que te dire, mais parfois je regrette un peu mon époque (ouhhhh là, première symptôme de mon état vieillissant) sans smartphone, sans infos à la seconde. Bref.

Je vais te narrer en grande ligne, pour ne pas te prendre trop de ton temps (j'ai bien compris que tu n'avais pas que moi à penser), ce weekend qui m'a fait changer de statut.

Déjà nous avons eu une chance inouïe : Fiston 1er nous a tenu au courant du déroulement  de l'accouchement durant plus de 24 heures. Depuis le vendredi soir, nous avons su quand les choses avançaient, ou non, quand ils ont pu dormir un petit moment (nous en avons profité aussi), nous avons aussi appris quand il n'en pouvait plus de voir sa femme souffrir et de ne pouvoir l'aider, mais aussi quand il était plein d'admiration de sa façon de gérer durant des heures la souffrance...  (ahhh, les femmes, c'est du solide !). Durant les heures où nous n'avions pas de nouvelles, les futures grands-mères nous appelions pour exprimer nos émotions, entre inquiétude et espoir... par moment nous n'en pouvions plus. Les 4 futurs grands-parents dans l'attente essayions de se changer les idées chacun d'une manière différente : bricolage, abruttissage derrière nos smartphones, shopping, triage, sport à la TV... longue trop longue journée... Oui ! C'était nous qui étions à plaindre !!! (je ne vais quand même pas écrire ça).
Puis le deuxième soir est arrivé... nous n'avions plus de nouvelles depuis un certain temps et nous n'en pouvions plus de fatigue (la première nuit avait déjà été dure)...
Pour finir, je me suis dit que ce serait probablement le premier bébé qui ne sortirait jamais, il grandirait là, dans ce ventre où il se sentait si bien. Ben voilà. Jamais je ne connaitrais ce bébé. Jamais. 
Allons nous coucher.

Chère Cunégonde, j'ai dormi quelques heures l'oreille quasi collée à mon smartphone... Un peu avant minuit, je me réveille : toujours rien, l'angoisse montait quelque peu chez les grands-mères, puis à minuit 14, contre toute attente, une photo du plus merveilleux bébé du monde entier (je t'assure, je t'assure !!!),  né 10 minutes auparavant s'est pointée au même moment sur les 4 smartphones des 4 grands-parents ! Nous découvrîmes son prénom : Ptitenana (joli, non ?). Bouffée d'émotion, difficulté à y croire, larmes, excitation, reconnaissance, montée ultra-rapide des escaliers (tellement que j'aurais presque pu revenir dans le passé), pour annoncer la nouvelle aux tonton-tantes tout neufs et réveillés en sursaut. Quelques photos, un skype de quelques mini minutes pour découvrir Ptitenana et quelques heures plus tard, lorsque l'adrénaline enfin redescendit un peu... nous nous endormirent. Heureux. 
Au taquet et réveillés tôt, nous avons dû patienter 10h (pffff) pour découvrir cette merveille et des parents tout neufs rayonnants de bonheur !

Et j'ai contrôlé : 10 doigts, avec les phalanges-phalangines-phalangettes pour la plupart sauf pour les pouces (normal). 10 orteils, les gros-les petits tous au bon endroit. Le nez au milieu du visage (avec les deux trous bien visibles et bien positionnés), la bouche en dessous, les yeux en-dessus du nez et de chaque côté, les sourcils au bon endroit, un intestin qui fonctionne déjà, des cheveux sur la tête et pas ailleurs, bref,  le plus beau miracle : une nouvelle vie ! Ptitenana est parfaite, rien ne lui manque. Et en te lisant l'autre jour, toi qui mentionnais que tu doutais de l'existence de Dieu, pour ma part, voir un nouveau-né me prouve qu'il y a quelqu'un derrière tout ça : et quelqu'un qui doit aimer l'ordre, la beauté, qui fait les choses avec amour, et qui sait compter. Un artiste aimant ce qu'il fait. Tu sais je pense, que le nouveau-né lorsqu'il tète sa maman... démarre un mécanisme qui remet en place l'utérus de la maman... moi je trouve ça fou. Cet artiste doit aimer aussi la mécanique. 
Le hasard, j'y crois pas. Il faut trop de foi pour ça.
Bref, je te laisse cette réflexion en passant. 

Je voulais faire court, mais je n'y arrive pas. Je me remémore ces moments, l'impatience de Fiston 1er et Belnana 1ère de nous faire découvrir leur trésor. Leur joie, leur tendresse, leur amour envers ce petit être fraîchement né. Tellement si beau. Comme tu le disais, ça fait du bien de voir du beau dans ce monde de brutes. Elle est née. Elle va bien. 

Deux jours après, nous les avons revus, déjà de retour dans leur maison. Ptitenana encore plus belle... et si calme. Mais j'ai surtout revu Belnana 1ère. Fraîche comme une rose, rayonnante. Pas traumatisée de la longue durée de son accouchement. Moi, je n'avais toujours pas récupéré de ce weekend plein d'émotion mais sans sommeil, les valises sous mes yeux étaient lourdes... la fatigue m'a tenu encore deux jours. L'âge je suppose. 
C'était un weekend épuisant, ça je te dis.

Je crois que je m'arrête là pour le moment. Je te raconterai ce qui se passe quand on mute mémé. C'est très rigolo. Surprenant. Je ne m'y attendais pas.
Mais je te laisse. Tu n'as pas que moi, je sais. Peut-être même que je t'ai déjà perdue. Es-tu là ?

Bon... Cunégonde, encore merci pour ton mot. Bizarre. Pas de timbre ni d'adresse, mais il est arrivé chez moi. Tu utilises quoi comme poste ?

A  la revoyure (ça se dit comme ça ?) !

Sarah la nouvelle grand-mère


PS : un p'tit verset de la Bible sur le sujet que j'aime beaucoup  :
'Tu m’as fait ce que je suis, et tu m’as tissé dans le ventre de ma mère. Je te loue  d’avoir fait de moi une créature aussi merveilleuse : tu fais des merveilles, et je le reconnais bien. Mon corps n’était pas caché à tes yeux quand, dans le secret, je fus façonné et tissé comme dans les profondeurs de la terre. Je n’étais encore qu’une masse informe, mais tu me voyais et, dans ton registre, se trouvaient déjà inscrits tous les jours  que tu m’avais destinés alors qu’aucun d’eux n’existait encore. ' Psaumes 139:13-16

mercredi 6 mars 2019

Enfin un courrier de Cunégonde !

Gente dame Sarah,

Je suis désolée de ne pas t'avoir répondu plus tôt. Je suis submergée de courriers, de parcours de vie à écouter. Vu que je passe ma vie en train, je croise énormément de gens qui me racontent leur vie, qui ont besoin de s'épancher. Tu n'es pas la seule ! Ni le centre du monde ! Excuse-moi de paraître ric-rac, mais c'est vrai. Par contre tout ce que tu vis m'intéresse follement, comme la vie de chacun. J'aime écouter, analyser, observer ce que les autres vivent, d'autant plus que mon  existence particulière de voyageuse en célibataire ne me permet point de vivre la même chose. Je vis un peu par procuration. Ainsi, j'ai mille vies. 

Bref, tu peux continuer sans autre à m'écrire, je te lirai, c'est sûr, mais te répondrai lorsque le temps me le permet. Je réponds à mes nombreux courriers en général le soir, quand le train est vide et que personne ne vient s'épancher vers moi... 

C'est intéressant de lire tes émotions de toutes sortes, mais je trouve que tu es particulièrement gâtée tout de même, et pas à plaindre. Si tu savais tous les drames que j'entends jour après jour. A désespérer de la vie, à se demander s'il n'y a pas un Dieu là-haut qui pourrait mettre de l'ordre dans tout ça.

Ahhh, un Dieu ! Justement, en te lisant j'ai réalisé que tu croyais en Lui, en son existence, et que même tu lui parlais. Bon, si ça te fait du bien, tant mieux pour toi. Moi j'ai du mal à y croire, je suis plutôt en rogne contre Lui, s'il existe. Encore l'autre jour, le train a dû s'arrêter d'urgence car une personne désespérée s'y était jeté dessous... ça me révolte. 

Bon, je ne vais point te donner encore de quoi déprimer, tu me parais quelque peu sensible. A l'heure où je t'écris j'espère que tu sois enfin devenue grand-mère et que tout se soit bien passé. Un peu de joli dans ce monde de brutes nous fera que du bien. 

Sans autre, écris-moi. Continue. Je te répondrai en temps voulu comme dit plus haut. Ahh, et quand ton livre sortira début avril, envoie-le moi. Je te paierai en écus la prochaine fois qu'on se croisera. 

Porte-toi bien !

Ta dévouée servante, 
                                                                                  Cunégonde



PS : j'ai trouvé cette chaussette dans le train. Je la joins au présent courrier, j'imagine qu'un de tes jeunes l'a perdue.

vendredi 1 mars 2019

Bientôt mémé

Ma chère Cunégonde,

J’attends de tes nouvelles et toujours rien. Tu n’as pas trouvé un moment pour m’écrire ? Franchement, là, je ne comprends pas trop. Es-tu encore de ce monde ? Bien que j'exerce ma patience depuis la naissance de ma descendance, c'est pas encore top, je suis du genre stressée qui veut que tout soit fait de suite. Mais je me sermonne quelque peu et je me dis qu'il n'y a probablement pas que moi qui compte dans ton monde. Et je sais que tout le monde ne fonctionne pas comme moi, je l'apprends chaque jour. 

Bref, je t'écris car j'avais besoin d'épancher toutes ces émotions qui tressaillent à l'intérieur de moi... qui tressaillent ? Plutôt qui explosent. Tu te souviens de ce jeu de l'époque de notre jeunesse avec lequel on jouait quand on allait boire un pot : un flipper ? Eh ben j'ai l'impression que plein de ces boules virevoltent en moi. Il suffit que je pense au sujet du moment pour que je sois toute tourneboulée et que ça s'entrechoque en moi.

Oui, on approche du terme ! Fiston 1er sera papa ces prochains jours ! Oui oui ! Je dois en plus me rappeler que ce bébé qui vient n'est pas le mien, mais à ce jeune couple qui vient de naître ! Parfois je doute d'y arriver. 

S'ils ne répondent pas rapidement à mes messages WhatsApp, mon imagination s'envole, et je les imagine à la maternité, fébriles, elle le monitoring autour du ventre, les yeux fixés sur l'écran guettant la prochaine contraction. Lui, se réjouissant comme un fou mais, au fil des heures voyant sa dulcinée faire quelques grimaces de douleur, qui réfléchit comme la soulager quelque peu... et tombant bien souvent à côté, se faisant fusiller du regard par celle qui lui a promis amour pour l'éternité. Je les imagine alors, en face de la sage-femme qui déclare haut et fort : bon, 8 cm, c'est le moment d'aller en salle d'accouchement ! Puis je l'imagine, ma belle-fille poussant de toutes ses forces et bébé plein de cheveux qui vient au monde, Fiston 1er pleurant d'émotion essayant de couper le cordon (ohhh, c'est plus dur que je ne pensais)... puis bébé dans leurs bras, tout nu-tout gluant, le plus beau bébé du monde...

Et pendant que mon cerveau s'emballe, je tiens toujours mon Smartphone dans mes mains, voilà déjà deux heures et ils ne m'ont pas répondu... non, franchement, ehhhh, n'oubliez pas de m'avertir, hein, quand bébé sera là ! Je les imagine, n'ayant d'yeux que pour bébé, oubliant totalement que les grands-mémés, les tatas, les tontons, et les grands-pépés (ne les oublions pas) existent et trépignent d'impatience !

Tout à coup, un message : oui oui, on était en montagne, c'était top !

Et voilà que je lâche les manettes du flipper, les boules retombent.. Cling–Clang–Clong... en montagne ? Quand ils étaient sensés être en salle d'accouchement ? Non mais, ils se fichent de moi ?

Mon smartphone est collé à moi. Nuit. Jour. C'est mon meilleur ami. Je bats les records d'activation de mon phone. Je ne connais plus le "mode avion". J'angoisse même d'aller à la douche : ils vont forcément m'appeler à ce moment-là pour m'annoncer la grande nouvelle. Mais j'y arrive, je veux être sous un beau jour pour le premier regard de bébé posé sur moi ! 30 secondes et je suis rutilante de propreté !

Il m'arrive de ne plus y penser quelques minutes (si si) mais c'est à ce moment-là que je croise des collègues ou amies qui s'esclaffent : 
Alors, déjà mémé ? alors, comment ça va la future mémé ? C'est pour quand déjà ?
– Mais pour ces jours ! J'en peux plus... je pensais jamais que je deviendrais pareillement gaga, franchement, un truc de fou ! J'en peux pluuuuuuuuus...

Je deviens mémé et je ne sais pas ce que ça va donner. Ça m'inquiète. Je m'inquiète.

Oh, ma chère Cunégonde, j'ai lâché tout le tréfonds de moi, là. Je ne sais pas ce que tu en penses. J'imagine que tu devras bien réfléchir avant de me répondre sagement pour un peu apaiser mes boules de flipper.

Oh oui, je prie, je prie que le Seigneur dirige tout pour l'accouchement, et qu'Il me donne la patience, mais tu as vu, c'est pas gagné. Je repense toujours à cette phrase lue quelque part il y a bien... 20 ans : Seigneur, donne-moi la patience, mais tout de suite ! Ben il n'a pas exaucé ma prière, mais me donne depuis sans arrêt des raisons de m'y exercer... ou c'est sa façon d'exaucer ma prière... (comme par exemple l'attente impatiente de ta réponse, hein). 

Je ne t'écrirai plus avant que tu me répondes, ok ? Et j'espère avoir muté mémé quand je te lirai. 

A bientôt, j'espère !

Sarah


PS : la carte sur laquelle je t'écris, ben euh, que dire... c'est une photo de chez moi. Il était écrit HIVER sur l'ardoise, et comme ma famille (ou ce qui me reste vivant ici) ne voulait plus entendre parler de cette saison, et qu'on n'est pas encore au printemps, j'ai écrit la première chose qui m'est venue à l'esprit. Oui, je sais, ça aggrave mon cas. 

vendredi 15 février 2019

Première lettre à Cunégonde

Ma chère Cunégonde,

Te souviens-tu de la dernière fois où on s'est vues toutes les deux ? C'était à la gare, j'ai juste eu le temps de de te donner un peu des nouvelles de ma famille... tu as failli te coincer la robe dans la porte du train qui se refermait en t'y enfilant à la dernière seconde !

Honte à moi, et j'espère que tu ne m'en veux pas trop, voilà presque une année et demie que je ne t'ai donné de mes nouvelles !!!

Bon, en même temps, tu aurais pu m'en donner aussi.... en fait, comment vas-tu ? Toujours adepte des robes moyenâgeuses et du train ? J'ai l'impression pour ma part, que ta vie est bien calme à côté de la mienne... en as-tu même une, à part lorsque je te rencontre ? Veux-tu un jour m'en parler un peu plus ?

Bref, en attendant...

Oui ! Fiston 1er s'est marié l'année passée, à la fin de l'été, avec une jolie jeune fille appelée Bellenana 1ère. Ce fut une belle fête, après beaucoup de préparatifs stressants ! A part la météo pas parfaite, mais pas catastrophique non plus, tout le monde (je crois !) a eu beaucoup de plaisir. Moi, perso, nouvelle belle-mère, mes émotions partaient dans tous les sens, des larmes de joie je crois (tellement beaux ces amoureux !), mais aussi venant d'un coeur de maman tout tourneboulé. C'est pas si évident que ça de voir partir pour la vie la chair de sa chair.... de réaliser que tu n'es plus la première et l'unique dans son coeur, et que gentiment tu vas t'effacer...

Manana 1ère est à l'uni à présent, elle étudie psycho ! Je crois que ses premiers clients sont tout trouvés :  NOUS ! Sa famille ! En tout cas, elle peut s'exercer pratiquement dès la rentrée de ses cours, tant mieux pour elle. Son coeur ? Toujours libre, à ce que j'en crois du moins... si tu croises quelqu'un dans le train, quelqu'un avec un coeur pour la mission à l'étranger et de préférence barbu (ou pas) cherchant âme soeur... (un mariage dans les prochains mois ne me gênerait pas plus que ça)

Manana 2e est en plein apprentissage, sa première année de gestionnaire de commerce de détail ! De vendeuse, quoi. Elle est douée là-dedans, elle se débrouille bien. Ses responsables sont contents d'elle, mais poisse, voilà qu'elle s'est déchiré le ligament croisé antérieur du genou, et que du coup, elle est en incapacité de travail depuis la reprise de janvier... et vu qu'elle a déjà (la pauvre !) un début d'arthrose, elle doit absolument se faire réparer tout ça. C'est la semaine prochaine, puis 3 mois d'incapacité de travail. Nous sommes reconnaissants : elle ne manquera pas l'école, ni loupera son année. Ouf, au moins ça.

Fiston 2e... arrive à la fin de sa formation d'informaticien. Puis, sauf changement (je m'attends à tout à présent avec ma descendance !)... il commencera son école d'ingénieur en informatique en septembre. L'armée n'a pas trop l'air de le tenter, et j'en suis fort aise, je te dis, imaginer son Fiston partir combattre me fait horreur.

Mon Nommamoi travaille toujours autant. Il est fatigué. Mais son travail lui plait, heureusement. Voilà longtemps qu'on est pas allé au resto tous les deux, pendant ce temps, j'achète de la déco, hein. Mais bon, un p'tit resto, pour une fois, j'en ferais bien un avec lui. Ça me manque quand même, mine de rien. La déco, ça te regarde pas avec des yeux doux.

Non, tu as cru que je m'occupais en achetant de la déco ? Tu y as vraiment cru ? Non, mais, tu me choques...  si c'est le cas. 
Non, en fait, tu as vraiment de la chance que je t'écrive, car depuis le 1er janvier je bosse. Je bosse comme une folle sur mon nouveau projet, et je n'ai même pas le temps d'écrire sur mon blog, c'est dire !!! Oui, tu sais, l'année passée mon 2e manuscrit a été refusé par deux maisons d'édition... je voulais tout abandonner... plusieurs fois, souvent, même la semaine passée je dois dire... mais bon, plusieurs personnes me demandaient si un deuxième livre sortirait ! J'ai eu des encouragements de part et d'autre de faire tout pour que ce livre sorte, et ce manuscrit avait été tellement mieux préparé que le premier, et puis voilà, fin décembre j'ai décidé de tenter... l'auto-édition !!! En fait, j'ai un plaisir fou de faire cela, ça me branche vraiment. Je m'attelle donc aux contacts avec une imprimerie bordelaise, à la demande de devis (un truc qui n'est pas vraiment mon truc), je me suis attelée à la mise en page, conseillée par Jenay (tu sais, celle qui a illustré mon premier livre, mais cette fois ce sera de mes photos, pas de ses illustrations, je ne peux pas me payer une graphiste, moi)... bref, trop bien de faire cela. En plus, le look de ce livre me ressemblera... mais j'espère qu'il plaira... Ah oui, c'est la suite du premier, mais pas nécessaire de lire le premier, hein ! Il sera carré, plus de 300 pages... et le titre, le titre ??? "Ma tribu, les chaussettes, moi... et Dieu dans tout ça ?". (je te le dis juste à toi, pas besoin de l'ébruiter), et si tout est ok, je le sors tout début avril. Justement, si tout est ok, j'ai envoyé les fichiers hier à l'imprimerie et je stresse en attendant leur OK concernant la mise en page... l'angoisse de devoir tout recommencer....

Ma chère Cunégonde, excuse ma longue lettre. T'écrire me sers également d'exutoire, et ça me fait du bien, mais je ne peux finir mon bla-bla, sans te parler du meilleur : je serai bientôt grand-mère ! Oui, grand-mère !!! Puisque Fiston 1er sera papa dans les semaines qui viennent. En été, bébé sera né (si non ce serait une grossesse de 12 mois)... c'est un truc de fou... Je me réjouis tellement de tenir ce bébé dans mes bras, le problème c'est que je ne sais pas si je serai d'accord de le leur rendre.... et ça, ça m'angoisse.

Voilà, je ne sais pas si tu vas m'écrire, ça me ferait franchement plaisir. Mais bon, tu n'es pas mon seul exutoire non plus. Ma famille entend mes émotions diverses (mais si elle les entend, ça ne veut pas forcément dire qu'elle les écoute), mais j'ai au moins le Seigneur, mon Dieu, Lui, il me comprend, il m'écoute, il a tellement de patience avec moi... j'espère que toi aussi tu as une relation avec Lui ? Ça change la vie...

Allez, je te laisse, ma chère Cunégonde, juste un petit mot de ta part me ferait plaisir. Pas besoin de m'écrire autant que moi, hein. 

En fait, on s'est connue comment ?

Je t'embrasse ! 

                                                                                                                     Sarah 



PS : la photo jointe, c'est un petit bout de bois plein de mousse que j'avais trouvé dans la forêt peu de temps après notre rencontre... je ne sais pas si tu vas comprendre... mais ce truc m'avait fait penser à toi, à ta longue chevelure brun-roux-blond virevoltante comme ta robe moyenâgeuse...