La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


mercredi 24 août 2011

Le futur de fiston

Suis trop contente. Mon fils sait. Il sait ce qu'il deviendra. Il a trouvé Sa voie. C'est trop top. Quel soulagement pour nous, parents. 
Il, presque 14 ans, vient de commencer sa 8e année scolaire. Année de stages & séances d'information sur les voies professionnelles qui l'intéressent.
Les choses sérieuses commencent. Yehhhh.

Une de mes stars


Bon. Alors. Voilà son ses choix. Par  là-dedans devrait être SA voie. J'espère. Moi. Perso :

1. cuisinier ou.... pourquoi pas ? euhhhh...
2. policier.... tiens et
3. mécanicien sur auto... ce serait pas si mal ?
4. infirmier, ahhh ouais, top ! mais le top du top ce serait...
5. guitariste dans un groupe célèbre. Yehh ! Sinon...
6. dessinateur en génie civil. Pas mal... mais
7. pourquoi pas en bâtiments ?

Voilà !!!! Génialissime. Comme je vous l'ai dit. Il sait. Que du bonheur. Tout est CLAIR. 
Comme une brume matinale bien bien épaisse. Epaisse la brume. Très.
Y a plus qu'à faire quelques séances d'information et quelques stages bien ciblés pour dissiper tout ça. Vaudrait mieux. 
Puis, y a plus qu'à trouver une place d'apprentissage. 
1 an qui reste. Pouêt (ouais, bon, ça sonnait bien de mettre ça là).

  • Ben. Moi, maintenant mère d'une future employée de commerce (=secrétaire... pour les français qui s'd'mandent), je dois me faire à l'idée d'être bientôt peut-être aussi mère d'un.... cuisinier. Qui jugera toute ma cuisine d'un oeil sévère (il a déjà quelques facultés pour ça, c'est déjà ça de pris), qui f'ra mieux que moi "ma" tresse (j'espère pas quand même). Qui deviendra peut-être même obèse tellement il goûtera tout en cuisinant. Puis diabète. Cholestérol. Crise cardiaque. Dangereux comme métier. Sans penser aux couteaux tranchants. 1ère option. Une. Et suis pas très pour. Comme ça. Au premier abord.
  • Je dois peut-être aussi, me faire à l'idée, grâce à une contorsion du cerveau en salto arrière à être mère d'un policier. Peut-être même d'un traqueur de bandits. Wouah. D'un sauveur du monde. D'un James Bond sans permis de tuer (j'espère). Mon fils. A moi. 007. Lui qui rêve (entre autres rêves, j'vous dis pas) de faire des courses de voitures ou de motos, devra traquer peut-être un jour ceux qui dépassent les limites de vitesse. Mais vous, vous avez déjà vu la maman de James ? Hein ? Ben non. A croire qu'il es né comme ça. Seul. Rayée de la carte qu'elle est. Pas un "pet" (oups, excusez-moi) de p'tite gloire pour la maman en question. Niet. Comme si c'est pas elle qui a élevé James (ça devait pas être triste le connaissant). Et accouché. Dans la douleur. 
  • Mère d'un mécano auto. Ça je trouve pas mal. Pas mal du tout. Si je pliais ma voiture, seul lui le saurait. Plus besoin d'aller parler de mes exploits, honteuse, près de mon garagiste qui, j'imagine parfois, en parle, se tordant de rire,  à tous ceux qu'il croise. Ouais. Mon fils ? Critiquer ou rire de sa mère ? JAMAIS. Impossible. C'est mon fiston voyons. En plus, il me ferait ça gratis. Parce qu'il m'adooore. Un bon plan que c'est. OK. Mais juste à une condition, qu'il ne vive plus à la maison. Qu'il fasse sa lessive seul. Qu'il trouve un super produit de douche anti-odeur de graisse. Bon. ça doit bien exister non ?
  • "Mon fils est infirmier" que je dirais. Ça sonne super bien. Essayer donc pour voir ! Hein qu'c'est vrai ? J'aime ♥. Moi qui suis dans le médical... Que je serais fière de raconter comme il est trop fort pour percer les abcès (hein les vôdois ?), pour faire des prises de sang, poser des sondes urinaires. Wouah. Et ça peut toujours être utile pour nous. Sauf pour les sondes urinaires. Quand même.
  • Mère d'une star planétaire. D'un guitariste hors pair. Plus possible de l'approcher. Les groupies en tout genre auront la priorité. Et les journalistes. Et les autres stars. Et maman sera en bas de la liste. Elle ne comprendra rien à rien à cette musique. Bouhhhhhh ! Ne veux pas. NOOOooooonNN !
  • Dessinateur en zénie civil. Comme son père. Qui a commencé comme ça. Avant de faire inzénieur zénie civil. Voilà. Bof... un peu de variation voyons ! D'imazination ! STP !!!  Z'é dézà assez entendu parler de tunnel, radier, palplanche, revêtement. Etc. Bon. Son stage lui avait très bien plut. C'est comme ça. Et bon. Il a les zênes de son zéniteur. Normal. Et z'aime son géniteur. Et c'qui va avec. Voilà. Ronnnnnhhh. Ce z'veu. Il est loin. Bon. Je peux écrire d'nouveau normalement.
  • Dessinateur en bâtiment. Comme tonton. Qui a fini infirmier chef des urgences et des soins intensifs. Voilà. Comme quoi.
 Tous les chemins peuvent mener à Rome. 
    On ne fait plus 1 métier pour la vie. Y paraît. On mute, on vire, on zappe, on évolue, ou pas. 
    "Alors.... hein. Fais ce que tu veux mon fils. Va." 
    Et si ça plaît en plus à maman. C'est top. 
    Et si maman n'a pas besoin d'avoir souci sans arrêt pour fiston. C'est encore mieux.
    "Mon fils. Fais ton choix. A toi. Pour toi. Pas pour moi." 
    Suis pas comme ça. Vous avez pas cru quand même ?
    Mais bon. Reste plus qu'un an. Pour savoir un chouia plus précisément. Ce serait mieux. J'espère qu'on ne devra pas tirer à la courte paille. C'est tout. Reste plus que 12 mois. Et ça, ça stresse. Pouêt (ah, non, là ça va moins bien).

    jeudi 18 août 2011

    C'est ça, la reprise...

    Les vacances qu'on attendait tellement sont ter-mi-nées. Le soleil et la chaleur qu'on attendait tellement sont ar-ri-vés (bon, ça c'est une autre histoire).
    On laisse donc derrière la couverture au coin du feu, et on passe aux couvertures de cahiers, de livres, et pour certaines classes, de classeurs. Ben ouais. 
    Le matin, dès le réveil avec le réveil, c'est la course, les programmes qui s'enchaînent. 
    Vous pensez que c'est lequel le mien ?? ☺
    06:15 mon réveil sonne - ouvrir un oeil - puis l'autre - jeter cet oeil sur le réveil pour contrôler que ouais, c'est déjà l'heure - mettre un pied par terre - puis l'autre - marcher d'un pas mal assuré vers la porte de la chambre de ma p'tite qui a besoin de TEMPS pour émerger du pays des songes - passer aux WC (ben oui, ça m'arrive même à moi) - essayer d'effacer les traces de la courte nuit - préparer le déjeuner - réveiller mes gars en douceur si possible (réaliser à ce moment là, que j'ai à nouveau à leur apprendre à utiliser leur réveil, comme avant les vacances) - déjeuner avec ceux qui ont réussi à sortir des plumes (toujours pas de bruit quelconque du côté d'Ema) - vérifier discrètement la chambre de ma fille et soulagement que ça commence un peu à "bruisser" par là-dedans - retourner à table, boire mon café en discutant et en lisant les dernières news sur mon iphone - être soulagée, quand, silencieuse comme une ombre, ma fille approche d'un pas calme et endormi - se retenir de la brusquer - se rappeler que ça ne sert à rien de rien - pincer mes lèvres - contorsionner mon cerveau pour penser à autre chose - sortir de table (tout l'monde a fini de déjeuner à ce moment-là et Nathan, nourri-lavé-habillé, est à nouveau couché, pâle et cerné)- éviter de la regarder regarder son lait comme hypnotisée (s'est-elle rendormie ?) - s'en assurer en lui disant : 
    - "Ehhhh ohhhh l'heure passe, voilà 30 minutes que je suis venue te réveiller et dans 15 minutes tu dois partir !".
    - "Quoi, déjàààààà ?" qu'elle me répond, la voix vacillante et plutôt pas rayonnante de bonheur.
    - "Et cette fois tu n'oublieras pas tes 10h ni de remettre la cage de ton hamster dans ta chambre, ok ?". 
    - "Hooooonnnnnrrrrrrrrrrhhhoonnn". 
    Puis je la vois avancer gentiment la main vers ses corn-flakes. Ouf. Cela démarre.
    Bon, restons zen. Tenir encore 15 min. Incroyable. A 7h je serai déjà seule à la maison.  Jusqu'à 12h. Jamais arrivé de ma vie de maman.
    Voilà, Simon s'en va. En vélo. Et l'école est tout près. Il aura bien de l'avance. Puis Nathan. A l'heure pile. A pied. En ville. Plus de chemin à faire. Puis Ema. Enfin. Fin prête pour cette fois. Chouette. Pour Nathan et Ema, c'est la première année qu'ils commencent 2 jours par semaine à 7h25 le matin. Dur. 
    07:00 : Seule ! Tadadam ! Que du bonheur ! Ohhhh...je me sens tout d'même un peu coupable en tant que maman en pensant à mes gusses déjà en pleine action quand je retourne sous mes draps pour méditer ma Bible. Je l'ai laissée pas mal tomber ces derniers temps. 
    Quel silence. Wouahhhhh !
    Que c'est appréciable après 6 semaines où c'était difficile de circuler dans l'appartement sans faire d'accident avec un ou plusieurs êtres vivants sur 2 jambes circulant dans le sens inverse ou non (des fois je me pose même la question sur l'utilité des panneaux de signalisation et des limitations de vitesse chez moi. Idée à creuser)
    Le calme règne ! 
    07:30 Je m'habille (quand même !) et je pense à tout ce qu'il y a à penser (ben ouais), à organiser, pour remettre en route la vie nor-ma-le :
    • Prendre rendez-vous chez le coiffeur, chez le dentiste. Pour moi. Surtout le coiffeur. Hein. 
    • Mémoriser les 3 nouveaux horaires de mes gusses (pour Salomé, qui est maintenant en apprentissage, moins nécessaire). Ouais, je crois que je vais plutôt juste me familiariser avec les horaires.
    • En tant que responsable de l'école du dimanche de notre assemblée, faire le programme jusqu'à Noël (oui, Noël !!!! Quand faire les répétitions pour la fête etc.... argghhhhhh), des mails, organiser les différents groupes d'enfants, organiser une date de rencontre avec les monos...
    • Noter toutes les dates qui arrivent toutes en même temps, pour les activités des enfants, les miennes, celles de mon mari. Réaliser que certaines se chevauchent rudement, et que c'est bien fini de faire tout à 6 maintenant.
    • Organiser la première fête d'anniversaire de l'année d'un de mes enfants, en l'occurence Ema qui aura 12 ans. De août à octobre, on croule sous les anniversaires dans notre famille !
    • Et la question optionnelle : regretter que les grillades ne soient pas terminées et se demander ce que je pourrais bien griller à la place de VIANDE ????? 

    Et tout ça dans la reconnaissance, que tout ce soit bien passés en vacances, sur les routes. Malgré les grillades à outrance et le mauvais temps. Que tout l'monde dans mon entourage soit arrivé à la rentrée entier. Pas bronzés, mais entiers. Sans avoir glissé sur du verglas. Prêts à attaquer cette nouvelle année scolaire.
    Voilà. C'est tout. La vie reprend. Le peu de bronzage obtenu s'estompe rapidement. Mes neurones reprennent du service. Un p'tit échauffement, et ça repart ! Yehhhh !

    mercredi 17 août 2011

    Lâcher prise


    Lâcher prise ne signifie pas arrêter de se soucier des autres,
    mais refuser d'agir à leur place.

    Lâcher prise, ce n'est pas me détacher,
    mais c'est me rendre compte que je ne peux diriger quelqu'un d'autre.

    Lâcher prise, ce n'est pas enseigner autrui,
    mais c'est lui permettre d'apprendre les conséquences de ses actes.

    Lâcher prise, c'est admettre son impuissance,
    ce qui signifie que le résultat ne dépend pas de moi.

    Lâcher prise, ce n'est pas essayer de changer ou de blâmer quelqu'un d'autre,
    je peux seulement me changer moi-même.

    Lâcher prise, ce n'est pas s'occuper de quelqu'un,
    mais s'intéresser à quelqu'un.

    Lâcher prise, ce n'est pas décider pour autrui,
    mais être un soutien.

    Lâcher prise, ce n'est pas juger
    mais permettre à un autre d'être un être humain.

    Lâcher prise, ce n'est pas essayer de déterminer tout ce qui va arriver,
    mais c'est permettre aux autres d'influencer sur ce qui va leur arriver.

    Lâcher prise, ce n'est pas être protecteur,
    mais permettre d'affronter la réalité.

    Lâcher prise, ce n'est pas renier, mais accepter.

    Lâcher prise, ce n'est pas harceler, gronder ou argumenter,
    mais chercher mes propres défauts et les corriger.

    Lâcher prise, ce n'est pas adapter toutes choses à mes désirs,
    mais c'est prendre chaque jour comme il vient.

    Lâcher prise, ce n'est pas critiquer et diriger autrui,
    Mais essayer de devenir ce que je rêve d'être.

    Lâcher prise, ce n'est pas regretter le passé,
    mais grandir et vivre pour l'avenir.

    Lâcher prise, c'est craindre moins et aimer davantage !

    Tiré du livre « Eveil à la grâce » de Charles R.SWINDOLL

    vendredi 12 août 2011

    La joie dans les épreuves ? Hein ? Comment ?


    Comme je n'ai pas trop l'temps d'écrire un post ces temps... je vous mets un réchauffé, que vous aurez peut-être déjà lu lorsqu'il a paru dans le journal de la LLB (Ligue pour la Lecture de la Bible) Suisse ce printemps. 
    Voilà voilà ☺

    Y a un verset qui me laisse souvent perplexe (parmi d’autres bien sûr), car je ne sais pas trop comment l’appliquer : « Considérez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés… » Jacques 1v.2 
    Voilà, je m’imagine déjà citer ce verset à cette amie chrétienne qui est en pleine dépression, ou à cette autre qui a des soucis énormes avec ses enfants, ou à celle-ci, qui vient de subir un deuil, ou même à celle qui vient de faire brûler son dîner… Oui, je veux bien croire à ce texte, puisqu’il est dans la Bible, La Parole de Dieu ! Mais alors, comment le vivre, comment vivre cette joie dans la souffrance ? Comment est-ce possible ?
    Il y a deux ans, j’ai vécu des mois et des mois dans les angoisses… et franchement,  difficile d’être joyeuse dans ce cas. J’vous l’assure. En tout cas pour moi. Hum. Non seulement je ne l’étais pas, mais j’en voulais à Dieu ! Pourquoi, mais pourquoi me fait-Il vivre des moments si difficiles ? J’ai une famille, je dois m’en occuper, et tout le monde souffre de mon mal-être ! Si quelqu’un était venu me dire : « Mais  regarde ça comme un sujet de joie, tu es chrétienne voyons… ! »,  je crois que je l’aurais rayé de mes amis Facebook. C’est dire. Et pour longtemps. Et qu’en plus, cela m’aurait enfoncée, direct, plus bas dans ma déprime en me disant que oui, je suis vraiment une mauvaise chrétienne, qu’est-ce que le Seigneur pourrait bien encore faire de moi ?
    Toujours dans la joie, même quand les temps sont sombres ? Dur !
    Ah, oui ! C’est mieux de lire le verset dans son contexte, j’ai appris ça une fois. Je continue donc au verset 3 : «… sachant que la mise à l’épreuve de votre foi produit la persévérance. ». Eh ben, moi, personnellement, à choisir entre les deux, je crois que je citerais plus facilement ce verset-là à quelqu’un qui est dans la souffrance. Vous ne trouvez pas que cela permet de prendre une certaine distance face à notre vécu, de le voir du côté de Dieu ? Je crois que je zapperais le verset 2 pour aller directement au suivant (je ne sais pas si c’est bien… mais, bon. J’veux garder mes amis Facebook moi). Car quand j’étais mal, je savais au fond de moi, que Dieu permettait cela pour un but. Même si franchement, je n’avais pas envie du tout de vivre ces difficultés. Quand même. Je ne suis pas masochiste.
    Maintenant, en y repensant, vous savez quoi ? Oui, je suis (presque) joyeuse en sachant que je suis passée par là ! J’en ai même compris un peu le pourquoi en attendant de le savoir complètement une fois dans l’Eternité. Mais ce n’est pas pour ça que, lors de la prochaine épreuve, je vais sauter de joie !
    Mais si je continue de grandir en Lui je vais m’en rapprocher, à ce qu’il paraît. Y’a du boulot ! Et je vais essayer de Le laisser faire (j’ai appris qu’Il y arrive bien mieux que moi).

    mercredi 3 août 2011

    Chasse or not chasse ? (ou mon homme et la viande)

    Les vacances. C'est fait pour prendre le temps de... réfléchir. Se remettre en question. Prendre du recul. Découvrir de nouvelles choses passionnantes. Ou exaspérante. Parfois.
    La semaine au sud de la France 24h/24h à 6 a été riche en découvertes sur le genre humain. Et celle qui supplante vraiment le tout, est celle-ci : je crois assurément de sûr incontestablement certainement avoir fait LA trouvaille, si ce n'est la plus grande après l'invention de la roue (un peu d'humilité tout d'même). 
    Voilà, ci-dessous le fruit de ma réflexion intensive après observation scrupuleuse de la façon de vivre de mes congénères adorés :
    Le monde humain se divise essentiellement en 2 groupes bien distincts : 
    - ceux qui vivent pour manger 
    - ceux qui mangent pour vivre
    Voici le détail de mes observations, pour que je puisse arriver à cette conclusion. Et tout ça gratuitement. Que vous en avez de la chance.

    J'ai donc examiné intensément mon homologue masculin préféré dans le premier grand supermarché français venu, lorsque nous avions à faire les achats alimentaires pour la semaine :
    - à peine arrivés en famille dans le supermarché, je l'ai très vite perdu aux alentours des frigos pendant que je remplissais, accompagnée de mes enfants, le caddie de jus de fruit, de lait, de yogourt, de fromage, de pâte, de corn flakes... de matières premières. Quoi.
    - ayant terminé et ayant lancé tout de même un avis de recherche à mes 4 schtroumpfs-détectives qui s'en allassent sur ses traces (ça sonne mieux comme ça)... j'aperçois bizarrement un étalage branlant de viande circuler avec un halo lumineux au-dessus. Chez nous, en Suisse, c'est en général fixe ce genre de truc, mais là (où va l'progrès ?), il se déplaçait (ça peut être pratique)
    Jusqu'à ce que je découvre, curieuse, là, en bas, que le moteur ressemblait furieusement aux pieds de mon mari chaussés de ses tongs en plus. Ben ouais. Puis j'obtins confirmation de la chose lorsque l'étalage entier (impressionnant, j'vous dis!) bascula dans le caddie...
    P'tit retour en arrière , Play avec arrêt sur image : mes yeux suivent l'étalage - mes yeux distinguent la viande - mes yeux réalisent que le tout se déplace - mes yeux se baissent sur le "moteur" - mes yeux suivent le tas de viande (ou plutôt le contenu d'une ferme)  qui tombe - mes yeux s'arrondissent sur le caddie débordant . 
    Et pour terminer, mes yeux se fixent sur ce qui apparaît du même coup : la mine réjouie, rayonnante, illuminée à qui appartiennent les pieds (voilà d'où venait le halo lumineux). Je confirme : c'était bien mon mari. Pas mon homme fatigué habituel. Un mari changé. Rajeuni. Au sourire éclatant et aux yeux rieurs. Rayonnant de bonheur. 
    Car ça ne se voyait pas (mais je le connais, mon homme, si si), je ne parlerai pas de ses glandes salivaires en pleine action. Je ne parlerai pas non plus des euros en action pour nous helvètes (et fiers de l'être du coup. Encore plus.). Rien que d'y penser cela ajouta une dimension toute particulière à ce moment intense en... émotion bonheur béatitude parfaite que vécu mon homme à cet instant : "ça vaut la peine avec les euros qui valent plus rien !!" (ce fut la phrase de la semaine).
    Pour clore tout ça, un énorme tas de charbon fini d'achever si ce n'était déjà fait, en s'y écrasant, là dans MON caddie à MOI, tout ce monde animal grognant, caquetant et meuhhhhlant.

    Quelques craintes cependant : 
    - Est-ce que le frigo que nous aurons sera assez grand pour contenir un boeuf entier (sans compter les quelques poules et cochons)
    - Combien de viande (passée de date) devrons-nous ramener en Suisse ?

    Arrivés au camping, soulagement à la vue d'un frigo flambant neuf et surtout GRAND. 
    Je continue d'observer mon martien en action, derrière mon livre, en toute discrétion :

    - Montage du gril avec cri au secours à sa femme, car oublié l'indispensable tournevis ! Après quelques minutes d'intense angoisse (son visage a viré au vert durant ce moment), le couteau suisse caché dans mon sac Freitag (bien sûr) a fait l'affaire. Qu'est-ce qu'on dit à sa femme ?
    - Coachage des enfants pour le tartinage dans les règles de l'art du boeuf et du poulet pour en relever le fumet. Avec un amour sans faille... pour cette future pitance.
    - Déposage tout en douceur des tranches sur le gril brûlant et observage de la cuisson (j'ai l'impression qu'il croit que s'il quitte ses tranches des yeux elles ne cuisent plus... j'sais pas ?! Investigations en cours. J'attends vos remarques et avis divers sur la question. Merci de votre aide).
    - Puis au Moment M et pas avant, ni après, cessage (oui, du verbe cesser) de la cuisson de la viande puis arrivage en grande pompe, sous le "bruit" des trompettes et acclamations (de Simon surtout) avec une assiette contenant une tour branlante de quelques tranches cuites comme il se doit.
    A ce Moment M, précisément, je réalise subitement et avec effarement que mes 2 p'tits gars commencent à avoir quelques ressemblances de comportement avec leur géniteur concernant la viande (entre autres).  Contrairement à moi et à Salomé, qui observâmes le met arriver sans manifestation aucune. C'est à manger. Voilà. Point final.  
    C'est à ce moment précis que je fis une ébauche de ma conclusion ci-dessus.
    - Attente (tout en dévorant bien sûr) des congratulations de ses congénères masculins (qui ne manquèrent pas) et de ses congénères féminines (plus compliqué... nous ne fûment pas en extase...les restes de la viande fini sa course dans l'assiette des congénères masculins, plutôt dans leurs estomacs, qui furent heureux, mais quelque part, blessés de notre manque de bonheur. Désolée, la faute à nos gênes)... 
    - Digestion. Digérage.
    VOILA VOILA.
    Un morceau d'1 kg ramené de là-bas. Pas assez de place sur la photo pour les multiples saucisses du marché.
    Pour résumer, les jours suivants continuèrent ainsi et confirmèrent ces faits. Bien obligés (de notre côté à nous les filles), car impossible de rentrer en Suisse avec tout ça. Steacks, saucisses, hamburger suivirent. Je ne parlerai pas du kilo de jambon sec, d'un prix dérisoire pour nous helvètes, qui fit à peine quelques jours pour être digéré (et la gente féminine en goûtèrent juste une tranche, prudemment).
    Mais il fut un jour, où je n'en puis plus. Où la seule vue de viande me fit des hauts le coeur. L'autre moitié de l'humanité ne comprit pas. Heureusement, nous avions terminé nos réserves.
    Voilà. 
    Je pense que la source de ce comportement provient du temps des hommes des cavernes, la période où les hommes étaient responsables de nourrir leur famille. 
    Par la chasse. D'animaux vivants. Eux. 
    Les temps ont changé. Les gênes restent. ☺

    PS : mon mari découvrira en lisant ce blog, pourquoi j'étais toujours derrière un livre. Voilà.