La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


dimanche 12 février 2012

Une fois eux, une fois moi, nanani et nanana

Contre toute attente... j'ai passé une semaine assez reposante. Le fait d'avoir un ado de moins à nourrir-bichonner-écouter (et éventuellement gronder mais c'est teeeeellllllment raaaaaaaare) y est sûrement pour quelque chose. Le fait aussi que tout s'annulasse à cause de la neigeasse aussi. Ben oui. Notre rue étant fort raide, pas trop fréquentée, donc pas trop entretenue par temps hivernal, j'ai du faire une croix dessus certains petits cafés entre amies et la petite ballade shoppingueste chez Ikea.
A la place, album de photos , déblayage de neige, et culpabilisage un peu sur mon dernier post, sur ce départ à l'école quelque peu houleux où, il est vrai, je n'ai pas du tout pu montrer le côté fabuleusement exceptionnel de mes enfants. Alors je me suis dis que je pourrais équilibrer tout ça à leurs yeux, en vous racontant ce qui m'est arrivé...
Mais tout d'abord, j'aimerais juste vous dire les progrès quasi phénoménaux de mes enfants en habillage. Quand même. Oui. Fini d'aller en chaussettes dehors. Ce n'est plus arrivé depuis. Top. 
Donc, la semaine passée, il neigeait. Et celle d'avant aussi, et celle d'avant... Bref. ça n'arrête pas et franchement là, ça commence à m'énerver moi aussi de mettre x couches pour affronter le froid, de devoir méticuleusement m'emballer pour aller jusqu'à la boite aux lettres chercher le courrier.
La neige fut une belle excuse donc, pour ne pas toucher à la voiture, et tout faire à pieds. Parce que j'aime bien. P'tit caf si pas trop loin chez des amies ou au café du coin, aller au boulot et même... aller amener mon fiston pour son rendez-vous de départ pour son camp avec snowboard, boots, gros sac et tout le tintouin. (bon, ça c'était pas vraiment voulu, mais le pare-brise était tellement gelé à l'extérieur ET à l'intérieur que j'ai abandonné le grattage qui se révéla fort inefficace, de même que le dégelage avec le produit anti-gel qui gela direct (???!!)... par moins 18°C, c'est normal il parait). En plus fiston1er devient rudement musclé. Pratique.
Au fil des jours,  mon frigo commença dangereusement à devenir vide (malgré l'absence des deux grands mangeurs de la famille). Je crois que c'est pas une bonne idée d'attendre que l'hiver s'en aille pour le remplir.
Allez, une dose de courage, j'y vais ! Malgré la neige. Malgré que c'est un des pires jours sur les routes !
Voilà. Et ce qui devait arriver arriva. J'ai ROULE-J'ai PLIE !!! Oups. J'ai sauté un bout là. Je reviens en arrière :
Je déblaye, j'enclenche le moteur qui crève plusieurs fois, puis je chauffe ma voiture (c'est une diesel, elle n'aime pas le froid) en polluant l'atmosphère (je déteste ça), démarre, descend très prudemment ma rue. Tout en roulant,  j'ai bien le temps de me répéter mon p'tit programme que, prévoyante et réfléchie comme je suis, j'ai prévu cet après-midi. Un p'tit coucou par ci, un p'tit coucou par là, amener ça à la brocante, aller acheter tout ce qu'il faut pour remplir mon frigo pour le retour de mon aventurier préféré et affamé dans quelques jours et... rechercher mon snowboarder de fils au lieu de rendez-vous... en espérant pouvoir remonter à la maison après. Con-fi-an-ce. 
Voilà, quasi tout bon. Mais avant de récupérer mon fils, encore vite faire quelques achats. 
Quel monde dans ce parking ! Yehh, une place, je me parque là. C'est un peu serré, mais ok, j'y arrive ! The boss of the parking ! Une p'tite tape sur l'épaule à moi-même de félicitations.
Voilà, mes courses sont faites, je remplis ma voiture de nourriture qui ne fera pas long feu. J'ai un peu d'avance pour récupérer fiston 1er. Je fais quoi ? J'hésite quand je reçois un téléphone de fiston2e : 
- "Maman, faut te dépêcher, Simon t'attend, ils sont arrivés !"
  • Je rentre dans la voiture, démarre, braque & fonce pendant 50 cm au plus, je stoppe. Enfin, elle stoppe. Je crois que j'avais oublié que j'étais parquée à l'étroit. 
  • Je ne peux plus ni avancer ni reculer, impossible. 
  • Une seconde je me demande si quelqu'un pourrait m'aider. Mais elle est importable ma voiture ! 
  • Alors pas le choix. Je presse sur les gaz, et ça avance tremblottantement (joli comme mot). Le supermarché vibre, le bruit semble assourdissant à mes oreilles -peut-être pas qu'aux miennes-. 
  • Une dame nous regarde (ma voiture et moi), secoue sa main d'une façon qui me dit que c'est pas du joli joli.
  • Libérée soudainement, nous fiiiiiilons comme des voleuses prisent en flagrant délit dont le fils de l'humaine est en train de mourir de froid non loin... 
  • Pas le temps de regarder si le poteau a un air de tour de Pise, ni si le supermarché est en train de s'effondrer. Pas le temps de regarder si ma voiture est encore entière. Elle roule. Les portes ont l'air d'être encore là j'ai pas froid. Je sue plutôt. Mon fils m'attend. 
MAIS Je suis FACHEE !!!! Contre MOI !!!! J'ai HONTE !!!! Je suis BETE BETE BETE !!!! 
POURQUOI j'ai pas REFLECHI AVANT DE FONCER !!!! TARTE QUE JE SUIS, mon fils pouvait attendre quand même !! BECASSE DE BECASSE ! Moule à gaufre (ah non, ça je ne l'ai pas dit) !
Y a pire, mais Y a mieux !

En arrivant au lieu de rendez-vous puis en voyant les dégâts, je suis encore plus énervée contre moi-même !!! Je jette un oeil du côté du supermarché pour voir s'il n'y a pas un nuage de poussière à la place... 
Moi qui suis contre le mensonge, je ne pourrai même pas imaginer un superbe accident de la route à raconter, genre glissage sur plaque de glace, 3 tonneaux, et voiture que j'ai pu rétablir sans problème d'un mouvement de l'auriculaire droit accompagné d'un frémissement du lobe de l'oreille gauche,  et en plus dans le bon sens de la circulation... 
Et puis si le cabossage était discret, ce serait véritablement un avantage certain,  mais il arbore fièrement toute la couleur orange du poteau sur sa carrosserie noire. 
M'ENERVE !!! Et comment va le poteau en fait ? Je suis FACHEE contre MOI !!! je suis une BECASSE !!! Enfin.... tout le tintouin que vous pouvez imaginer... 
Je n'ai pas su accueillir mon fils comme il se doit, vous le pensez bien. Pourtant je me réjouissais de son retour. Je suis restée énervée toute la fin de la journée, frérot me relatant les chiffres astronomiques de sa facture pour le même genre de cabotage en moins grave il y a quelques mois. (Ici, je veux te remercier fraternellement pour tes encouragements certains. ;-)))))
Heureusement, mon mari est encore au loin, à 60°C de plus qu'ici. Ici -20°C, là-bas 40°C. Pour son voyage annuel de 3 semaines en Afrique noire. Je peux lui envoyer une photo pour qu'il se prépare psychologiquement. Top. Les avantages du progrès.
Alors, voilà. La balance enfants-maman est plus équilibrée n'est-ce pas. Mais j'ai quand même un p'tit truc à rajouter.
Ce matin, par -13°C, fiston1er, qui avait oublié de fermer le garage la veille, garage qu'il faut atteindre en marchant quelques mètres sur la neige et la glace,  est allé le refermer. A pieds nus. 

PS : pour ceux qui seraient en souci pour le poteau. Ben j'en sais RIEN. Je me demande même si je ne vais pas aller à la concurrence. De honte. Ah,  apparemment, le centre commercial est toujours sur pieds. 
PS 2 : bon, franchement, je vais quand même allé voir l'état de ce poteau, et s'il n'est plus debout, me dénoncer, hein, mais il parait que ça tient bien ces trucs là. Même avec moi. Nous plutôt.
PS 3 : remonter la rue ? Un jeu d'enfants ! (en fait, j'étais pas concentrée dessus du tout, c'est monté tout seul, je ne m'en souviens plus)

jeudi 2 février 2012

Petit matin blanc, glacial et... tempétueux.

Imaginez un paysage hivernal. Dans la nuit du petit matin. Moins 8°C. Il neige. Beaucoup. Vous êtes perdu au milieu de cette étendue blanche. Et là apparait devant vous une petit chaumière dont la fumée s'échappe de la cheminée. Dont la lumière chaleureuse luit à travers les fenêtres. Vous vous y précipitez car vous êtes sûrs d'y trouver une ambiance chaleureuse, zen.
Mais, aïe ! Vous n'aviez pas pensé à un détail de taille : c'est l'heure où les enfants partent à l'école ! 
Ben ouais ! De ZEN, l'ambiance est passée à ZENervante.
Donc, dès que quelques indices vous mettent la puce à l'oreille, vous fuyez dans l'autre sens, préférant rester dans ce congélateur naturel. Comme je vous comprends.
Ma chaumière

Car dans cette chaumière, qui est en fait chez moi, voilà ce qui s'est passé. Là. Tout à l'heure :

6.20 : Je me lève. Regarde la température extérieure, - 7,8°C pour être précise. Au moins 30 cm de neige est tombée cette nuit. Trop beau, je suis extasiée devant ce paysage de carte postale. Cela me met de bonne humeur. 
A déjeuner, mes recommandations vont bon train : écharpe, plusieurs couches d'habits, bonnets, gantsveste d'hiver et bottes de neige OBLIGATOIRE pour partir à l'école. Point. Final le point.

7.00 : C'est le moment. Je veille à ce que Nathan, 11 ans, soit bien emballé, couvert, ficelé, protégé. OK. Super. Pas de problème. J'ai réussi mon élevage. Fière que je suis.
Salomé, 16 ans, s'en va. Habillée comme il se doit. Mais elle râle. Son sac est trop lourd, on le pèse, 7kg. Suis d'accord avec elle. Elle en a marre de cette neige. Marre de partir à 900 mètres d'altitude pour l'école : c'est-à-dire 3 degrés en moins qu'ici. Encore. 
De mauvais poil qu'elle est : " Toi, tu sors pas, t'as de la chance, hein !!!"
Oui, bon. Mais c'est qui hier qui stressait comme une malade car le frein à main de la voiture était coincé à cause du froid et qui n'a pas pu partir comme prévu car la voiture n'avançait pas. Et quand enfin elle a avancé, c'est qui qui a embaumé tout l'air de notre petite ville de l'odeur de plastique brûlé  pour remplir le frigo, hein ? C'est qui qui stressait parce qu'elle ne savait pas si elle pourrait remonter sa rue enneigée et pentue en voiture, hein ? C'est QUI qui a déblayé devant le garage (bon, là, Ema et Simon m'aident pas mal aussi)? Elle s'en va.
Oui, elles sont moches... et en plus inutiles.
Simon se prépare. 14 ans. Un homme. Déjà. Presque. Gros morceau. Pour moi. J'insiste qu'il mette ses grosses bottes de neige moches (ça je ne peux le nier), mais chaudes et imperméables. 
"NON, NON, NON." 
J'insiste encore. Ouvre la porte, lui montre les 30 cm de neige qu'il devra fouler de ses petons.
"Non, j'veux pas me payer la honte !!! Non, non, non !!!"
Et ben je ne le lui ai pas dit, mais pour moi, c'est aussi trop la honte d'envoyer mes enfants presque en tong à l'école par ce temps. Y en a marre. 
Alors j'y réponds : "Tu n'as qu'à partir en chaussettes alors, c'est bien du même." 
Simon : "Ah ben ouais" qu'i'm'dit, ayant l'air soulagé d'avoir trouver un accord avec son caporal de mère.
.....ET IL PART EN CHAUSSETTES !!!!!
 CE N'EST PAS UN GAG J'VOUS DIS IL EST PARTI EN CHAUSSETTES  !!!! 
Bon, j'ai pas eu trop souci qu'il revienne assez vite, mon cerveau carburait à haut régime (que dois-je faire après, je lâche je lâche pas.....) je le vois, là, longer la rue, en chaussettes (bon, franchement, ça ne choquait pas vraiment car ces jambes étaient enfoncées jusqu'à mi-tibia dans l'or blanc).
Et oui. YEEEEESSSSS. Il est revenu. (j'ai toujours été forte pour deviner certaines choses...).
Ne dites rien. Aucun commentaire, svp : je suis allé lui chercher des chaussettes de rechange, il les a changées lui-même (quand même), il a repris ces baskets peut-être sèches (parce que l'avant-veille il est allé jouer dans la neige avec, hier elles étaient toujours trempées ce qui ne l'avait pas empêché de les remettre et je les avais mises hier soir sur le radiateur). 
Oui. Je dois vous avouer que j'ai baissé les bras : "Bon, débrouille-toi" (= je-laisse-tomber-j'en-peux-plus-je-sais-j'ai-perdu-c'est-la-honte-c'est comme-ça-t'as-gagné-aie-froid-jeune-homme). 
Il part, en me lâchant : "J'ai perdu 5 minutes par ta faute, je serai en retard maintenant!". Par MA faute ???? Mais oui, cause toujours.
Bon. Ah oui. J'ai 4 enfants. Encore une donc. Ema se prépare. Elle râle. Elle stresse pour son test d'allemand. Et elle ne trouve pas son écharpe. Revient avec un bout de tissu qui ressemble à un mouchoir de poche. Je file chercher la bonne, toute propre et qui sent bon. 
Je lui donne ses gants : "Mais j'veux pas mettre ses gants j'ai encore plus froid avec !" (???????)
Lui tend alors ses moufles bien chauds. Elle part, avec 4 gants qu'elle tient à la main....??????? 
"Mais mais mais !!!! C'est plus efficace si tu les mets !!!!". 
Bon, là, je peux même plus vous dire ce qu'elle en a fait. Car à ce moment-là elle voit le sac d'école de Nathan qui traine par terre. Oubli. Il était sûrement tellement habillé qu'il croyait l'avoir au dos. Bon. Elle le prend et lui donnera à l'école. La bouche à l'envers. J'ai donc perdu le fil de l'histoire des gants.
A ce moment précis, je n'attends qu'une chose. 
Qu'ils soient tous LOIN ! LA PAIX dans ma chaumière ! C'est ça que je veux. Tout de suite. PFFFFF.
Me retrouvant seule, tendue tout de même d'avoir résisté pour ne pas "monter dans les tours" (drôle d'expression tout de même), je rigole jaune en pensant à mon ado d'fils, parti en chaussettes. Je le raconte par SMS à mon homme (long le SMS). Essaie de me calmer intérieurement. Me dit que faire un post sur le sujet est le meilleure remède.
Ahhhhhhh. Etre maman. Que du bonheur. Ce serait tellement plus simple si je n'aimais pas mes enfants, si je m'en fichais d'eux, non ?
Il faut que je m'arrête, là. J'ai à m'habiller chaudement pour aller déblayer. 
Avec mes grosses bottes. Moches les bottes. 
 C'est quand l'printemps déjà ?


PS : et là, en me relisant, je suis morte de rire, ou presque. Et je me dis que mon prochain challenge, c'est de m'en ficher. Gelez, mes enfants, gelez seulement ! 
Rendez-vous avec mon challenge, demain matin, même heure, 5 degrés encore en moins à ce qu'il parait. Mouais.
PS2 : et mon homme, vous savez ce qu'il m'a répondu par SMS : La pomme ne tombe pas loin de l'arbre. Et l'arbre, c'est moi.
PS3 : vous n'êtes pas obligés de lire les PS précédents. Et tant pis si l'écriture est trop petite et que vous n'arrivez pas à lire malgré votre envie.
PS4 : le Proverbe 31:21 dans la Bible me laisse quelque peu perplexe...