La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


jeudi 22 mars 2012

Voix

J'ai décidé aujourd'hui de vous parler des voix de ma p'tite famille. 
Oui, des voix. 
Tous les 6, nous avons tous un caractère...mmmmhhhh, dirons-nous, fort. Oui. Fort. Pas forcément fort dans l'adversité, mais fort, genre pas forcément très malléable. Je pense qu'on penche (dites-le 10x à haute voix sans faute, chiche)  du côté du caractère dur plutôt que ramollo. Voilà. 
Mais pour les voix, là, il y a de toutes sortes ! Si si !
Je pense que là-dedans, on est tous fait différemment, hein.

Il y a la voix du père, grave, sonnante et trébuchante, (parfois trébuchante, oui) et qui arrive vite fait à se faire comprendre de sa descendance, qui se met alors rapidement au pas. Pratique et indispensable. Mais aussi la voix du père quand il fait des gags. Des gags qui ne font pas forcément rire les autres membres de la famille qui sont du genre blasés depuis. A part si c'est un gag sur les femmes du foyer, là, tout à coup, 2 membres supplémentaires se mettent de son côté. Heureusement, nous sommes kifkiffes. 3 filles, 3 gars. 3 contre 3 donc. (Là, j'ai "droit" une p'tite pensée pour celles qui sont en minorité féminine... Courage. Ça peut être dur). La voix du père, qu'on préfère tous entendre parler, crier, hurler que chanter. Ben oui (on peut pas être parfait, hein). La voix du papa aussi qui fait répéter les devoirs aux enfants, particulièrement les maths, la géo et l'allemand. J'aime.
La mienne. Ben. Voilà. Pffff. La mienne, qui donne des ordres, cause de tout et de rien et il arrive.. qu'on ne prenne pas compte de ce que je dis. Les enfants surtout. Cela leur coule par dessus. Surtout si c'est des ordres. Ordres il y a parfois. Parfois ils écoutent. Quand même. Mais mon homme fait des efforts pour être attentif. Lui. Je le sens, je le vois. Même si c'est dur. Même si ça ne le passionne pas mais pas du tout, entre autre parce que c'est répétitif. Mais comme ça je suis presque sûre qu'il s'en souviendra ! Bref, ma voix, quel que soit le ton, n'est pas forcément très écoutée. A moins qu'on soit en pleine guerre des sexes dans la famille et que j'ai de supers arguments contre mes 3 mecs (en général, c'est eux qui commencent la guéguerre, hein). A moins que je réponde à leur question : "Il y a quoi à manger aujourd'hui ?" ou "Qu'est-ce qu'on mangera dans 3 jours au repas du soir ?". En fait, je ne réponds pas à la 2e question, car c'est mon dernier sujet de préoccupation, mais pas pour mes hommes. Les gènes, encore les gènes.
Celle de mon aînée. Qui cause, cause, des aléas de sa vie, de ses pensées, de ses prises de tête,  de ses rêves. Là, je suis reconnaissante. Elle nous parle. C'est un cadeau. Une voix plus haute perchée quand elle se fâche contre le chat qui l'a de nouveau réveillée parce qu'il a encore faim. Ce chat qu'elle a depuis l'âge de 5 ans, mais qui devient sénile. On pense. (il ne se souvient jamais qu'il vient de manger, et réclame sans arrêt.... eehhh, ça me rappelle quelqu'un). Voix utile aussi pour parler des heures au téléphone. Ben tiens.
Celle de Simon. Une nouvelle voix. Qui résonne. Fort. Même s'il chuchote. Grave la voix. Qui nous réveille, qui fait trembler les murs de notre maison. Même s'il chuchote je répète. Fou. Je viens juste de m'habituer à sa présence. Avant, à chaque fois, je me demandais en tremblant qui pouvait être cet inconnu que j'entendais. Mais c'est fiston, là. Celui que je viens d'accoucher, là. Hier. Voix grave qu'on ne peut qu'écouter, vu qu'elle couvre toutes les autres, quand fiston nous partage ces rêves de prochains achats onéreux, ou de ces superbes figures qu'il a faites en trottinette, vélo, unihockey....
Celle d'Ema. Le contraire de son grand frère. Voix douce. Calme. Timide. Impossible de parler fort. On doit tendre l'oreille. Les profs doivent tendre l'oreille. En sa présence, tous tendent l'oreille. A table, elle demande 4x qu'on lui passe quelque chose, on a toujours rien entendu. Pour finir elle lève la main. Ma pauvre chouminette. Une voix douce, mais douce... mais qui peut s'animer lorsqu'elle nous parle de choses qui la passionnent !
Et la voix de Nathan. Mon p'tit der. La voix d'un enfant. Encore. Ouf. Oui, la voix de celui qui sursaute et me repousse au moindre de mes effleurements à moi sur lui devant témoin depuis ce printemps. Des cris, des disputes, des discussions, des demandes. La voix d'un enfant-type. Mais jusqu'à quand ?
Voilà. Ce fut une petite description succincte, 
rapide et fortement condensée si ce n'est brève,
des voix des membres de ma famille...

jeudi 15 mars 2012

Effet bulles de savon

Voilà qu'il y a une semaine, on m'a proposé de prendre un autre poste à l'hôpital. Un travail plus intéressant, plus proche de ma formation professionnelle.
J'ai repris le travail à 30% il y a un an et demi et cela m'a bien convenu du point de vue de la famille. Le top. Parfait. Malheureusement, du côté du boulot, j'ai parfois la désagréable impression d'être juste le "bouche-trou", de ne pas faire totalement partie du truc. Il est vrai qu'avec ce pourcentage, je ne peux être mise au courant de tout, je ne peux non plus avoir un suivi qui rendrait la chose plus intéressante,  je fais donc surtout du dépannage au grès des besoins des secrétariats. 
Mais voilà. Ce fut un choix. Ma famille d'abord. 
Et voilà-t'y pas que la semaine passée on me propose the place. Qui m'a l'air bien alléchante. Si j'accepte, je serai l'assistante médicale d'un médecin. Une place à moi. Plus baladée par ci par là. Mais cette place à un prix : je devrais travailler à 40%. Parfois plus. Cette proposition, que j'attendais depuis fort fort longtemps... me perturba tel un pavé troublant l'eau dans une mare (pas la mienne, puisqu'elle prendrait la place du terrain de foot de mon homme).

Ouais, vous allez me dire que ce n'est qu'un demi-jour de plus. C'est vrai. Vous allez me dire que mes enfants deviennent grands. C'est vrai. Vous allez me dire que ce sera bien plus intéressant, une chance à ne pas manquer. C'est vrai. Que je recevrai un peu plus de sousous pour emménager les alentours de notre maison et que du coup on pourra installer la terrasse en bois peut-être cette année, et les talus comme j'aimerais, et le jacuzzi et le... (ahhhhh, non, pas le jacuzzi ! Et c'est mon fils qui le voulait ! Et mon mari ne veut pas sacrifier son terrain de foot, je le répète). C'est vrai. BON.
Tout ça je suis bien d'accord. Que des avantages.

Je me suis laissée quelques jours de réflexion, d'enquêtes persos à gauche à droite sur mon lieu de travail, pour avoir le max d'infos avant de m'engager. J'ai prié aussi. Et pour une fois, assez rapidement, j'ai eu la conviction que je devais accepter. Comme ça. C'est fort rare que j'ai des convictions pareilles. Autant en profiter ;-).

Mais avant, avant. Je me suis tourmentée. Vraiment. Voilà ce qui tournait dans mon esprit tel le hamster de ma fille dans sa roue grinçante :
- Mes enfants, j'ai des enfants ! Des enfants tous mignons mignons !!! Ils ont besoin de moi ! J'en ai 4, j'ai pulvérisé la moyenne helvétique ! Et je suis une adepte-"mère-au-foyer-indispensable"-c'est-dans-les-gênes-en-plus. J'arrête le boulot. Je reste à la maison. Comme ça, plus besoin de se tracasser. Pas besoin de prendre une décision. Et pis en plus, il y a tellement de choses plus utiles à faire en ce bas monde".
Oui, j'étais presque prête à fuir. A stopper là. Tout. J'ai même pensé qu'on pourrait repartir en Afrique pour aider les enfants des rues (j'ai entendu parler de ça dernièrement et la vie terrible de ces enfants m'a beaucoup touchée).  Bref, je déraillais complètement.  Là mon mari très terre à terre et sur les rails, lui,  m'a rappelé qu'il nous arrivait de dépenser un peu et que mes sousous étaient bien pratiques... Et puis je me suis dit que je pourrais garder l'option Afrique pour plus tard. Dans 15 ans. Si j'ai pas de Tanguy. Et pis même si j'en ai. Tiens. Chiche.
Pour comprendre un peu pourquoi ça se passait ainsi dans mon esprit, voilà ci-après comment il est formaté génétiquement.  Dans l'ordre de mes priorités :
1. Dieu
2. ma famille
3. le ménage (!)
4. l'église
5. mes amies
6. mes loisirs...
7. et une vie professionnelle éventuellement.
(oui, je sais, je ne comprends pas pourquoi mon ménage est en 3e position, ça me choque quelque peu... je crois que je devrais le virer du trio gagnant, et le remplacer par le point 5, tiens. Encore un truc à travailler dans ma vie...).
Bon. Et ce nouveau job risque de perturber cet ordre pré-établi,  genre 1-2-7-4-5-3- si le temps 6.
Ou pire : 7-3 et le reste si encore l'énergie. Donc perdre complètement ses repères Zapper les VVV (Vraies Valeurs de la Vie). L'angoâââââsse !!!!!

Bref, reviens sur terre. Sois sensée (je me parle à moi).
Mes enfants prennent donc de l'âge. Mais ils ont besoin d'avoir encore sur eux un oeil averti de la mère irremplaçable et fabuleuse que je suis pour s'habiller en plein hiver par exemple. Expérience faite, j'en ai la certitude. Pis en même temps, ben, ça change pas grand chose. Puisqu'ils ne s'habillent toujours pas. 
Etant une mère au foyer plus que convaincue depuis toujours, j'ai beaucoup de peine à me défaire de cette identité que je me suis faite. J'ai beaucoup de peine à réaliser que je ne les abandonne pas, mais que je leur laisse peut-être juste un peu plus d'air, tout simplement.
Ces derniers jours j'ai donc découvert que je suis accro. Accro à l'idée que je me fais de leur besoin de moi. Je crois que j'ai loupé un truc, j'ai pas vraiment réalisé qu'ils ont grandi. 


Voyez cette révélation ce matin par exemple, quelque peu bizarroïde :
 J'ai eu un choc en voyant un récipient de "bulles de savon" à la cave !!!?!!!!????!!!!!
Et ben ma réaction m'a ouvert les yeux (normalement le savon fait le contraire... comme quoi la vie peut être parfois surprenante). Parce que les bulles de savon n'ont plus d'intérêt pour mes enfants. C'est fini, tout ça. L'époque des couches est terminée depuis longtemps. Voilà que maintenant l'époque des bulles est quasi terminée. C'est trop dur.
En fait, mon excuse "4 enfants" n'est donc presque plus valable. Si je ne veux pas travailler plus, c'est pour moi. Oui, pour MOI !!!! Je crains de ne plus avoir de temps pour mes lectures, mon jardin, mes amies, mes loisirs et mes engagements dans l'église.... et plus j'analyse, plus je réalise que j'aurai encore le temps. Car quand j'ai du temps, je le perds en n'importe quoi, souvent sur l'ordi, ben oui. Oui, j'ai été tellement gâtée de pouvoir me consacrer essentiellement à mes enfants pendant 15 ans... que ça me perturbe quelque peu de bousculer un peu l'ordre de mes priorités.
Mais je réalise, avec tous les remplacements que j'ai déjà fait, jusqu'à parfois travailler à mi-temps avec des jours de travail qui changent sans arrêt, que je m'adapte, que j'y arrive, que mon ménage n'est pas qu'un tas d'ordures, que mes enfants ne sont pas morts de faim, qu'ils ont encore le sourire (pas plus qu'avant, pas moins).
Je crois donc que c'est le grand moment de commencer à lâcher l'idée que je leur suis indispensable non-stop : quand ils rentrent de l'école, pour les inciter à faire leurs devoirs, pour faire le guet devant mes armoires pour comprendre pourquoi le chocolat et les bonbons disparaissent surnaturellement (personne n'en a pris, mais y en a plus !)...
Mais bon, je vais veiller à ne pas être fatiguée au point de ne plus pouvoir être à leur écoute. Je vais veiller pour cela à me ménager du temps. A prendre du temps pour moi. Quand même.
Et, ooooohhhhhh ! Je travaillerai qu'à 40%, la terre n'arrêtera pas de tourner !!!!
Voilà. C'est sûr. Je suis accro, mais je vais me soigner. J'accepte ce nouveau poste. Je fonce.
Qui ne tente rien n'a rien. On verra bien. 
Merci les bulles de savon. Vous avez des vertus surprenantes.

PS : je n'ai rien contre les terrains de foot
PS 2 : ménage = intendance de la maison (remplir le frigo, faire les repas, putze, lessive... et tutti quanti quoi)

mercredi 14 mars 2012

Pensée... (ou plutôt narcisse...)

"A chaque jour suffit sa peine" a dit Jésus-Christ. Cela me plaît ! Combien de soucis l'être humain se fait-il pour ceci ou cela, pour des choses importantes ou pour des banalités. Eprouver du bonheur signifie se réjouir des petites choses, ramasser un coquillage, admirer les narcisses jaunes qui contrent l'affreux temps du mois de mars, regarder un écureuil sautiller à travers le jardin. 
Oui, ce sont des banalités. Prenons les choses plus importantes, comme savoir, en prenant une douche, que presque toutes les femmes d'Afrique m'envient pour ce luxe. Et quel bonheur de voir grandir un enfant en bonne santé.
Etre heureux signifie peut-être tout simplement être reconnaissant, ne pas considérer les plaisirs comme allant de soi, mais comme un cadeau de Dieu.


(Margot Kässman, dans "Au milieu de la vie, quel avenir après 50 ans", Labor et Fides)

vendredi 9 mars 2012

Printemps. Presque.

Voilà voilà me revoilà. En même temps que quelques petits signes printaniers...
Cela a bien sûr commencé par un p'tit réchauffement planétaire... 
Et la neige a commencé à fondre gentiment. 
Les trajets à pieds jusqu'à l'école, jusqu'au boulot, ont commencé a demander une petite dose supplémentaire de concentration. La glace, c'était rien. Rien, rien de rien. Car pendant cette période de fonte des neiges, il ne faut surtout pas lever ne serait-ce qu'une fraction de seconde les yeux du premier mètre devant ses souliers : et oui... le premier signe du printemps est l'apparition de fruits. De fruits dangereux, glissants, collants, puants, dégueux quoi. Ben oui. Les fruits des intestins des chiens qui jonchent les bords des routes et les trottoirs, les fruits des intestins des chats qui parsèment notre terrain. Chouette. (j'ai beaucoup hésité de mettre une photo d'un des fruits en question ici... mais je crois que vous n'avez pas besoin de ça pour savoir ce que c'est.)
Ce cap est passé, ouf. 
Les routes et trottoirs sont à présent nettoyés (merci ici à ceux qui le font, merci merci ! Ici, je profite aussi de me dire merci à moi-même, seule et unique personne sur 6 qui a le courage et l'honneur d'aller les cueillir dans notre jardin, de préférence tôt le matin, quand c'est encore gelé).
Quasi plus de risque. Ce qui fait la joie des oiseaux qui la siffle (la joie), des petites fleurs qui pointent courageusement leur bout de nez (ahh ?), en espérant y trouver enfin des rayons de soleil bien chauds, sans odeurs suspectes.

Mais ce que vous ne savez (peut-être) pas, c'est que cette année j'attends encore plus impatiemment cette saison. Je piaffe d'impatience. Me réjouissant, sautant de joie et criant d'allégresse. Rien qu'ça.
Oui, les alentours de notre nouvelle acquisition (notre maison donc), sont complètement à refaire. Tout.
Les arbres (ou plutôt la forêt) l'environnant ont tous été coupés en novembre passé pour qu'on ne passe pas l'hiver dans la nuit totale. 
Dans 2 petites semaines,  les machines vont arriver pour enlever leurs multiples racines, faire le terrassement, ajout de terre végétale, remise à neuf et à notre goût. Yehhhh.
Mon homme rêve déjà de son terrain de foot sans aucune crottes (ouiiiii, c'était ça ces fameux "fruits" !!), moi de planter arbres, plantes, framboisiers, muriers, fraisiers et tutti quanti. Mon grand de recevoir quelques piécettes après avoir tondu le gazon (là, j'vous dis, il faut encore beaucoup d'imagination). Voilà.
Je ne vais pas m'étaler sur mes multiples idées aussi géniales et fabuleuses qu'onéreuses, qui donnent des sueurs froides à mon mari... Ben oui. On fera juste le nécessaire et l'urgent cette année. Il parait que ça sert à ça (entre autres) un couple. A tempérer l'autre. A profiter de la sagesse de l'autre. A se compléter quoi. 
Donc, toutes mes supers idées attendront. Merci de compatir tout de même ☺.
Le futur terrain de foot de mon homme...
Mon p'tit der aussi. Il fourmille d'idées géniales. Il veut son jardin potager. Ok. Il aimerait un trampoline (géant le trampoline). Une piscine. Ah ouais. Cela mérite réflexion intensive n'est-ce pas. "Maman, on pourrait faire un étang aussi ?". Mmmmmhhhhh. Et un jacuzzi. Ben oui. Evident. 
Mais mon homme n'y adhère pas non plus. Aux idées de fiston. Pour la simple raison que notre parcelle n'est pas si grande que ça. Et qu'il faudrait sacrifier son terrain de foot. Pour mettre le trampoline à côté de la piscine -pratique pour faire THE plongeon-la piscine à côté du jardin-comme ça, c'est le top pour arroser-le jardin potager à côté de l'étang-comme ça, on peut arroser des deux côtés sans trop se fatiguer-et le jacuzzi, pour se reposer après avoir jardiné, nettoyé la piscine, sauté, fait du foot (ah non, on pourrait plus). Ouais. 

Voilà voilà. C'est le printemps. Et je suis impatiente. 
Dis mon homme, mes idées, elles ne sacrifieraient pas ton terrain d'foot, hein ?
Je veux juste m'assurer que tu le sais ☺!