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Rentrée des classes

Cette semaine c'était la rentrée des classes. Pour mes deux petiots, c'était leur dernière rentrée de l'école obligatoire. Donc nous sommes rodés, non stressés. Pas besoin de courir pour acheter pantoufles, papier pour recouvrir livres et cahiers, étiquettes. Mon petiot prend les ex-pantoufles de son frangin. Ma petiote reprend les mêmes que l'année passée, ses petons ne poussent plus. Le papier, ils prennent ce qu'on a amassé durant de longues années. Bref, cooool rentrée des classes. La seule chose qui leur manquait, c'était la motivation de recommencer, de se lever à 6h. Mais là, maintenant, ils sont contents. Vraiment. 
Et moi aussi (chhhuuuuuut).

Pour moi. C'est pour bientôt. Ma rentrée. Ben ouais. Voilà une année que je retourne en classe pour apprends l'anglais, langue que je n'avais jamais apprise. J'avais choisi l'italien à l'époque, car ça me paraissait plus facile. J'avais déjà tellement de difficulté pour l'allemand, que je ne voulais pas en rajouter une couche. Mais avant 20 ans, l'anglais me faisait déjà de l'oeil. Un séjour prévu de quelques mois en Angleterre a été remplacé au dernier moment par quelques mois en Afrique francophone. Donc, je n'ai jamais appris l'anglais. Et franchement, ça manque. Et en plus j'aime cette langue. 
Donc voilà 25 ans que je désirais savoir (l'apprendre un peu moins) cette langue, et l'année passée j'ai décidé de me lancer au lieu de rester sur mes regrets de ne pas parler cette langue, au lieu de penser que j'étais trop vieille pour commencer, au lieu de me focaliser sur mes soucis de mémoire, au lieu de laisser les années défiler et de ne rien faire pour remédier à ce manque. Le fait que Manana 1ère aille en milieu anglophone et risquait éventuellement de trouver l'âme soeur à cet endroit, motivait la chose. Mais surtout la perspective d'aller bientôt la visiter. Cela a été un vrai coup d'pouce.
Je ne supporte pas la frustration de ne pouvoir communiquer avec mes semblables. C'est pourquoi je n'ai jamais voyagé dans un pays qui n'était pas francophone, allemand, ou italien (je ne peux pas dire que je sais parler ces deux dernières langues, mais j'ai quand même quelques petits mots en mémoire avec lesquels je peux me débrouiller).

L'année passée, j'ai eu ma première rentrée de classe dans une vraie salle de classe, dans une vrai école, depuis plus de 25 ans. J'étais un peu tendue, mais ça a été fabuleux. Un vrai saut 30 ans en arrière. Fou. 
Etrangement, je me suis installée au même endroit dans la classe que dans mes souvenirs d'enfant, 2e rang, du côté de la fenêtre.  Le prof avait le même âge que dans mon souvenir. Mes nouveaux camarades, se comportaient tout pareils, juste leur enveloppe avait changé (plus vieille, plus grise, plus grande, plus ridée, moins de cheveux pour certains, plus de cellulite pour d'autre, pliée inconfortablement sur des chaises et se plaignant de maux de dos et... surtout plus âgés que le prof) : les studieux étaient assis devant, ceux qui parlent à tord et à travers, qui rigolent se sont installés à l'arrière. Il y a ceux qui oublient de faire leurs devoirs, qui les recopient vite avant que la leçon commence. Il y a ceux qui arrivent toujours en retard. Il y a même ceux qui se plaignent d'avoir trop de devoirs (!). Et il y a moi qui me surprends parfois à regarder les oiseaux et la nature par la fenêtre (ce qu'une prof m'avait reproché déjà avant l'âge de mes 8 ans)... et qui m'énerve passablement quand certains camarades sont bruyants et qu'ils perturbent et freinent la classe ou me perturbent dans mes rêveries ! Moi, je suis venue pour apprendre,  j'ai même payé pour ça. Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi pour devenir bilingue.  Quelques années tout au plus, avant qu'un de mes Zados trouve une moitié anglophone !!! Moi, je veux parer à toute éventualité !!! Taisez-vous donc ! Roooonnnnn !

J'aime l'anglais. J'aime cette langue. Ce qui est génial, c'est que, comme il n'y a pas de notes, je suis toujours motivée à l'apprendre. Je rêve d'avoir le First. Mais après calcul, si je suis la filière que j'ai commencée, je l'aurai dans... 8 ans. J'aimerais avoir quelques dizaines d'années de moins, ou quelques années de plus, ou comment le dire de façon qui ne choque pas : j'aimerais parfois être libre et ne pas avoir d'enfants à la maison Mais quelle horreur mais qu'est-ce que je dis j'en serais malade roooooo !!!! C'est vraiment moi qui ai écrit ça ? Pas possiiiiiiible ! Qui en a profité que j'aille à la boite aux lettres pour taper cette terrible phrase, qui ?, pour pouvoir aller quelques semaines dans une école en Angleterre, pour accélérer tout ça. Puis partir, quand les Zenfants sauront ranger leurs chaussettes seuls (c'est pas demain donc), en pays anglophone quelques mois avec mon Nommamoi pour faire de l'humanitaire et du même coup parfaire cette langue... pourquoi pas ? 

Stooooop. Retour dans la réalité. Dans le temps présent. Qui me plaît en plus. 
Arrête tes rêveries ma vieille. (c'est qui qui a repris possession de mon clavier, j'suis pas vieille moi !)
Bon, d'abord, apprendre l'anglais. Les verbes. La prononciation. Arghhhh. 

Mon gros souci c'est ma mémoire. Vraiment. Et c'est pas nouveau. Depuis toujours ce qui est abstrait, je le retiens peu. Ce qui est concret, un peu mieux. Mais au final, c'est pas top. J'vous dis. Parfois un vrai handicap.

Donc, ma mémoire est plus passoire que pot de chambre. J'essaie méticuleusement d'en boucher les trous pour en faire un pot de chambre. Pas simple. 

Oui, je dois faire un pas après l'autre. Ne pas regarder la montagne à gravir devant moi pour arriver au sommet.

J'aime bien ce texte : 

Il ne faut pas penser à l'objectif à atteindre, il faut seulement penser à avancer. C'est ainsi, à force d'avancer, qu'on atteint ou qu'on double ses objectifs sans même s'en apercevoir. 

J'aime bien aussi l'image de la toute neuve aiguille des secondes d'une montre, qui voit les 31 556 926 mouvements qu'elle devra faire en 1 an. Elle en a complètement le tournis et elle s'en plaint à l'horloger (ce que je la comprends !)... Mais il lui répond que si elle en fait un après l'autre, ça avancera tout seul. 

Alors on verra bien. Même si je n'y arrive pas, j'aurai au moins essayé. Pour le moment, je continue, semestre après semestre. Et je me réjouis de reprendre. Moi.

Et vous, avez-vous encore des rêves ? 

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