La vie est belle...

La vie est belle...
Cela ne veut pas dire qu'elle soit rose...
Toutes les couleurs y interviennent, et le gris et aussi le noir...
Mais qu'importent les tons ?
C'est l'éclairage qui est tout, et l'éclairage nous vient du ciel...


vendredi 11 mars 2016

M. Resto & Mme Déco

C'est nous.

M. Resto aime particulièrement aller au restaurant. 
C'est-à-dire que rien qu'à l'évocation de cette possibilité ses yeux pétillent, sa bouche salive, son visage rit et son cerveau turbine pour trouver où (le meilleur et le + proche), quand (au plus vite), quoi (de la viande,  mais à quelle sauce ?),...
Quand il entre... oups, non, avant qu'il entre dans le restaurant en question, il lit déjà toutes les pancartes, panneaux concernant le menu du jour et le prix. Il est fébrile à peine sorti de la voiture pour s'y atteler. Et marche très vite en direction des bonnes odeurs.
Avant de s'asseoir il me laisse déjà la place avec vue sur la salle, les gens, ce qui s'y passe. Pour lui, la vue du contenu de son assiette (qui n'y restera pas longtemps) et accessoirement de sa femme en train de manger (quand son assiette à lui sera vide), lui suffit.
Il mange tout ce qui lui passe sous les yeux. Pains, petit apéro, se permet de goûter dans mon assiette (si j'ai pris de la viande).
Et se plaindra juste après d'avoir trop mangé.

Mme Déco aime particulièrement aller dans les magasins de... déco et les brocantes.
C'est-à-dire que même avant l'évocation de cette possibilité, même à la pensée du besoin intense d'une décoration pour cet emplacement vide ou pas, mon esprit turbine. Internet, catalogues, Pinterest surtout.
Mon cerveau travaille pour savoir quand trouver le temps d'aller dans tel magasin, ou telle brocante.
Bref, quand je me retrouve devant le magasin ou la brocante en question, je fais un balayage rapide des yeux de la vitrine, repérant ça et là mes besoins vitaux du moment.
Et à ce moment-là, j'ai déjà perdu ma moitié qui était sensée m'accompagner.
Je rentre, émerveillée, mon regard ne sachant où se poser. Je parle toute seule (essayant de ne pas m'exprimer trop fort) imaginant où je pourrais mettre cet objet  indispensable, m'exalte en trouvant une bonne et belle action, pleine de déception quand un truc par-fait est hors de prix...je suis fébrile et fiévreuse (oui ça veut dire la même chose, je sais, mais je suis quand même fébrile et fiévreuse, et j'ai même de la température, comme on dit). Après deux passages (on ne voit jamais tout au premier passage, j'vous l'dis), et après avoir reçu quelques SMS de mon Nommamoi se demandant si je suis encore de ce monde (enfin, ça c'était il y a quelques années, maintenant il sait...), je vais à la caisse, continuant de regarder ça et là si je n'aurais pas manqué The truc of The siècle.
Je ressors toute heureuse, plus encore si j'ai peu dépensé, la culpabilité en moins.
Et je me réjouirai à la maison de tout déballer, et placer mes achats à l'endroit où ils manquaient tellement.
Bien souvent je me dis alors qu'il faut vraiment que j'arrête car j'ai vraiment trop d'trucs. Cette fois, c'est sûr, je tiendrai ! Ou j'achèterai seulement pour les autres... où bien juste uhm... ce truc que j'ai vu sur Pinterest si je tombe dessus, à tout hasard.

Cela me fait le même effet, quand c'est la tournée "ramassages déchets encombrants" dans notre petite ville. Ce jour-là, chacun peut liquider ces petits et gros meubles, qu'il mettra sur la rue en attendant qu'un camion de la commune vienne les ramasser. Et là, c'est le bonheur ! Je vais farfouiller dans ces amas souvent douteux... et j'ai déjà retrouvé des coffres, banc, un bureau, chaises, une merveilleuse chaise à bascule, des seilles en métal, des commodes, des cadres, vieilles fenêtres, des volets, une échelle, des vieilleries du début ou milieu du siècle passé que je retape et que j'utilise chez moi ! Hier encore, j'ai trouvé un beau tabouret, que je me réjouis de retaper, j'ai failli prendre une vieille porte aussi et me suis retenue à temps... et à chaque fois je me dis que NON, c'est la dernière fois ! (mais cette porte, j'aurais vraiment dû la prendre...).
Quelques petites décos sur ma table retapée... et un coffre et une vieille fenêtre si vous regardez bien... (le texte, c'est pas pour moi bien sûr)

Moi je ne suis pas resto car : cela m'énerve de dépenser des sous pour quelque chose qui ne dure pas, et j'aime tellement être chez moi.
MAIS, passer du temps avec son mari et n'avoir pas besoin de cuisiner et avoir en plus un bon repas sont quelques points positifs qui font que je l'accompagne quand même de temps en temps (il m'arrive parfois de rêver à telle déco que j'aurais pu acheter avec le montant du repas ! Chuuuuut, ne pas le lui dire ! Merci !)

Lui n'est pas déco car : il ne voit pas la déco. Il trouve qu'on en a déjà bien assez. S'il m'y accompagne, c'est juste pour m'y conduire (Et ça c'est gentil. Très gentil.) et à ce moment-là il ira dans un café se prendre un p'tit truc (de toute façon, je l'ai déjà oublié) !
MAIS il voit, je suppose, quelle joie cela peut m'apporter de trouver de jolies petites choses pour chez nous ! Je dis bien chez NOUS. Je partage tout de même, tout le monde peut regarder ! (je suis sûre que parfois il imagine le bon repas qu'il pourrait manger avec le montant dépensé).

Alors parfois, franchement, ça m'agace. Notre différence m'agace fortement. Je ne comprends pas pourquoi il est autant obnubilé par les restos. Je ne comprends pas du tout. Cela m'énerve.

Alors je me suis imaginé que ce serait tellement bien d'avoir un mari branché déco comme moi ! Nous serions les deux complètement gagas à farfouiller dans les étalages. Mais il ne m'a pas fallu longtemps pour en voir le résultat dans mon esprit : une maison pleine de bric et de broc, impossible d'y déambuler. Des tas de meubles à retaper. Et aussi des vieilles portes. Bien sûr.
Et j'imagine que lui aussi raffolerait d'avoir sa moitié qui ne penserait que resto ! Mais on irait le plus souvent possible, nous deviendrions obèses, le porte-monnaie deviendrait d'une minceur à faire peur, et le médecin nous verrait plus souvent.

Le p'tit mot de la fin

Alors je me dis qu'encore une fois, dans un couple, il est bien de n'être pas pareil. Il faut apprendre a apprécier ses différences, qui équilibrent le duo que nous sommes. Si on y travaille. Les deux. Si on s'écoute. Si on se respecte.
Ce n'est pas facile tous les jours.
Et si vraiment on n'en peut plus, quoi de mieux que d'aller se faire un p'tit resto pour passer du temps à deux ? Et par la même occasion, l'homme en question pourrait offrir à son épouse si merveilleuse une jolie petite déco (je peux même lui donner quelques idées).

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